Jacques
Duroc, dans l’HR –bimensuel- n°17 -du 27 octobre au 9
novembre 1977-, écrit dans « Lip : le tournant »
-page 20- :
«
Les exactions et la menace permanente des flics, les poursuites
judiciaires, tous les coups des patrons et de leur État, les Lip les
ont connus !
Ils
ont aussi connu la solidarité la plus large des travailleurs que
leur avait attiré leur lutte exemplaire : celle que concrétisaient
les 100 000 de la marche sur Besançon.
Grâce
à cette solidarité, grâce à leur lutte résolue, ils avaient pu
l’imposer malgré l’opposition ouverte ou voilée
qu’avaient suscitée dans les états-majors syndicaux
leurs méthodes de lutte rejetant le carcan de la légalité
bourgeoise et la démocratie qu’ils pratiquaient sans se
soumettre à la volonté des appareils.
Aujourd’hui,
à l’approche d’échéances telles que l’épuisement des stocks
et des droits à l’ASSEDIC, les LIP refusent de baisser les bras.
Ils s’engagent dans un projet de relance partielle de la production
quitte à acquérir une partie des machines, le terrain etc..
C’est
le risque certain d’être récupérés, de s’intégrer au
système.
Mais
dans la période actuelle de crise plus profonde à tous les niveaux,
il leur faudrait comme ils disent ‘‘un rapport de force
extraordinaire’’ pour imposer à nouveau une solution (‘‘un
patron et du capital : la seule concevable en système
capitaliste’’) avec réemploi de tous.
Or
les états-majors syndicaux sabotent la solidarité qui
permettrait d’atteindre et d’organiser un tel rapport de force
: la CGT ne coopère même pas à la vente de montres et la CFDT ne
fait guère mieux ! Quelle différence avec le
‘‘Parisien-Libéré’’, sur quoi il y aurait
bien à redire !
Mais
les Lip ne sont pas seuls ! Ils ont toujours la sympathie de la
grande masse des travailleurs !
Il
faut lutter dans les syndicats pour que s’organise la plus large
solidarité, un puissant soutien aux Lip, jusqu’à leur
victoire. »
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