samedi 7 juillet 2018

Deuxième gauche, réformisme et luttes de classe de Daniel Poncet


Jacques Duroc, dans l’HR –bimensuel- n°17 -du 27 octobre au 9 novembre 1977-, écrit dans « Lip : le tournant » -page 20- :
« Les exactions et la menace permanente des flics, les poursuites judiciaires, tous les coups des patrons et de leur État, les Lip les ont connus !
Ils ont aussi connu la solidarité la plus large des travailleurs que leur avait attiré leur lutte exemplaire : celle que concrétisaient les 100 000 de la marche sur Besançon.
Grâce à cette solidarité, grâce à leur lutte résolue, ils avaient pu l’imposer malgré l’opposition ouverte ou voilée qu’avaient suscitée dans les états-majors syndicaux leurs méthodes de lutte rejetant le carcan de la légalité bourgeoise et la démocratie qu’ils pratiquaient sans se soumettre à la volonté des appareils.
Aujourd’hui, à l’approche d’échéances telles que l’épuisement des stocks et des droits à l’ASSEDIC, les LIP refusent de baisser les bras. Ils s’engagent dans un projet de relance partielle de la production quitte à acquérir une partie des machines, le terrain etc..
C’est le risque certain d’être récupérés, de s’intégrer au système.
Mais dans la période actuelle de crise plus profonde à tous les niveaux, il leur faudrait comme ils disent ‘‘un rapport de force extraordinaire’’ pour imposer à nouveau une solution (‘‘un patron et du capital : la seule concevable en système capitaliste’’) avec réemploi de tous.
Or les états-majors syndicaux sabotent la solidarité qui permettrait d’atteindre et d’organiser un tel rapport de force : la CGT ne coopère même pas à la vente de montres et la CFDT ne fait guère mieux ! Quelle différence avec le ‘‘Parisien-Libéré’’, sur quoi il y aurait bien à redire !
Mais les Lip ne sont pas seuls ! Ils ont toujours la sympathie de la grande masse des travailleurs !
Il faut lutter dans les syndicats pour que s’organise la plus large solidarité, un puissant soutien aux Lip, jusqu’à leur victoire. »

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