Du
PS au RPR
Ça
y est, c’est reparti ! La fièvre footballistique à l’occasion
de l’Euro 2008 ? Mais non ! Le Tour de France des junkies-à-pédales
? Vous n’y êtes toujours pas ! La ruée des juilletistes suivie
par celle des aoûtiens ? Là, vous frôlez la banquise…
Non,
ce qui est reparti, ce sont les grandes manoeuvres en vue de
désigner… le successeur de Hollande à la tête du PS, qui aura
toutes les chances d’être le candidat ‘socialiste’ à la
présidentielle de 2012. Les premiers à s’être déclarés, ce
sont Ségolène Royale, la Reine des Sleeping Cars (RSC), et Bertrand
Delanoë, le Roi du Vélib (RV). Sans doute, y en aura-t-il d’autres
pour prendre part à un concours dont le déroulement s’annonce
aussi fertile en coups bas et coups de théâtre que le résultat en
est prévisible. Car quel/le que soit l’heureu/se élu/e, ce sera
bonnet rose et rose bonnet. Ou, plutôt, bonnet jaune et jaune
bonnet. Là, on vous sent perplexe. Pourquoi ce changement de
couleur, vous demandez-vous ? Tout simplement parce que, quel que
soit celui/celle qui sera placé/e à la tête du PS, ce sera pour
lui faire franchir le dernier stade de la longue et laborieuse mue
qu’il a entamée depuis le début des années 1980. En effet,
depuis sa renonciation à son programme social-démocrate et, du même
coup, à son identité antérieure, le PS est engagée dans une
douloureuse et tortueuse crise d’identité dont l’issue, retardée
du temps du mitterrandisme et des victoires électorales des années
1980 et 1990, ne saurait plus être différée plus longtemps à la
suite des revers électoraux successifs de ces dernières années.
D’ailleurs, ses deux champions en lice l’ont déclaré l’une et
l’autre : RSC en expliquant sa défaite de l’an dernier par le
fait qu’elle avait menée une campagne trop… à gauche, alors
même que cela a été la campagne ‘socialiste’ la plus à droite
que l’on ait connu jusqu’alors en France; RV en publiant
récemment un ouvrage dans lequel il se déclare à la fois
«socialiste et libéral», selon les proportions bien connues
de la recette qui a fait la réputation du pâté d’alouette ! N’en
doutons pas. Qui que ce soit qui sera demain à la tête du PS, c’est
bien de la liquidation de toute référence, même purement formelle
et rhétorique, au ‘socialisme’ dont il/elle se chargera. Deux
graves
questions se poseront alors à lui/elle. La première portera sur le
nouveau nom à donner à la formation dont il assurera la direction.
Suggérons-lui de l’appeler Rassemblement pour la Réforme, puisque
le sigle RPR est désormais libre de droits dans l’arène politique
et que ‘la réforme’ (en fait la contre-réforme néolibérale)
est devenue le mot fétiche qui sert de bannière à tous les
éléphants du P‘S’ aussi bien qu’aux ânes de l’UMP. Restera
la question de la couleur servant de marque distinctive au nouveau
parti. Le bleu, l’orange et le vert étant pris, le rose n’étant
plus praticable, le rouge autant que le noir étant honnis, on ne
voit guère de choix que celui du jaune. Au moins le peuple de gauche
sera-t-il alors averti de la nature des gens pour qui il sera convié
à voter et du sort qui l’attendra dans ce cas.
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