mardi 16 juin 2026

Opinions multi-fonctions type couteau suisse

 Tout glisse.


Comme le centre glisse à droite, le ps est devenu la gauche du centre, donc la gauche de la droite. 

Comme je dis souvent le PS est le parti de droite le plus à gauche.


Fabien Roussel est au communisme ce que toniglendil (pour ceux qui ont la réf.comme ils disent les jeunes) est a la protection des dents.


La droite dépasse tellement par la droite l'extreme droite, que les électeurs du RN pensent être de gauche. 


Entre les micro-partis, les mono-partis, les sans-parti, les ceusses qui sont partis qu'on sait pas si ils vont revenir, ceux qui viennent jamais de peur que ca se voit, etc. 

L'assemblée nationale n'a de plus de nationale que le nom tellement chacun est son propre électeur de sa propre cause, qui est la bonne, bien sûr.


Ça tombe bien parce que la destinée du pays est pile poil raccord avec un parcours type parcours sup.


Et puis, on y voit ceux qui dorment, qui digèrent, qui sont sur les réseaux sociaux, ceux qui discutent, qui hurlent, qui sifflent, on se croirait à une récré dans une cour d'école.


J'avais oublié ceux qui sont sans étiquette, ceux qui ne connaissent pas celle du jour puisque c'est pas la même que celle de la veille, ceux dont l'étiquette ne colle plus, et ceux qui ne collent plus avec leur étiquette...


Dans le chaos, il y en a qui bossent réellement, mais on les montre pas, il pourrait faire de l'ombre aux autres.


Et là dedans, on se demande ce que l'on peut devenir, nous, petits français de base, avec nos petits soucis bien mesquins et tout égoïste alors qu'il en va de l'histoire glorieuse de la France ?


M.A. 16/06/2026

lundi 15 juin 2026

Discours de la 4ème marche des fiertés, 13 juin 2026.

Discours de Aurélien Coucke de Rainbow'n'Caux 


"Au commencement, il y a l’injure", a écrit Didier Eribon dans ses Réflexions sur la question gay.

Nous sommes les enfants de l’injure.

Dans toutes les langues, dans toutes les cultures, l’insulte a été le socle constitutif de notre communauté. On nous a dit que nous étions une anomalie, une déviance au bon ordre du monde. On nous a imposé cette injure comme une seconde peau, une peau de honte et de douleur.

Mais aujourd’hui, nous nous réapproprions ces stigmates.

Queer, pédale, gouine, trans… Ces mots, hier des armes, sont devenus nos étendards.

Se réapproprier l’injure, c’est reprendre le pouvoir. C’est riposter.

Face à l’intensité des assauts réactionnaires, le queer est une puissance de dissidence. Il nous rassemble, il nous permet d’imaginer d’autres horizons, d’autres possibles.

Notre histoire est celle du caché, du non-dicible, du clandestin.

Pendant des siècles, nous avons dû nous construire dans l’officieux, dans l’ombre, réduits à des caricatures dangereuses ou à des personnages psychopathologiques.

Et quand l’un·e des nôtres est assassiné·e, l’intérêt du grand public ne se réveille que si le meurtrier est l’un des nôtres.

Le reste du temps ? Les violences contre les personnes LGBTQIA+, commises à 90% par des hommes cisgenres et hétérosexuels, sombrent dans l’indifférence collective.

Sauf quand nous nous mobilisons.

Sauf quand nous exigeons une minute de silence.

Sauf quand nous hurlons que ces crimes sont homophobes, transphobes, biphobes.


Pourquoi marchons-nous ? Parce que la visibilité est un acte de résistance

La Marche des Fiertés n’est pas née d’une fête. Elle est née d’un refus.

Un refus de l’ombre, un refus du silence, un refus de la honte.

En 1969, à Stonewall, des drag queens, des travestis, des travailleur·euse·s du sexe, des Noir·e·s, des Latinos·as, des personnes trans… ont dit : "Assez !"

Elles ont osé être visibles. Elles ont osé exister.

Aujourd’hui, nous commémorons ce passage de l’ombre à la lumière.

Nous célébrons notre visibilité. Nous célébrons la fin de notre silence.

Mais attention : nos droits ne sont jamais acquis. Ils sont des conquêtes, mais jamais des acquis.

Et nous ne pouvons pas tout attendre du droit.

Sans résistance collective, nous qui avons grandi dans le placard, nous y serons remisés·es à jamais.

Nous le voyons actuellement. Plus que jamais. 


La situation en France : une régression alarmante

En 2025, 1 771 cas d’homophobie et de transphobie ont été recensés par SOS Homophobie.

C’est plus qu’en 2024.

Et ce chiffre est largement sous-estimé : la majorité des victimes ne portent pas plainte.

Où a lieu cette violence ?

- 13% dans les lieux publics – là où nous devrions pouvoir circuler librement.

- 11% en ligne – où la modération des réseaux sociaux, souvent soumise à des lois étrangères, se relâche.

- 10% dans la famille – là où nous devrions être en sécurité.

87,7% des agressions physiques sont perpétrées par un ou plusieurs hommes.

Un guet-apens homophobe est signalé tous les 4 jours en France, notamment via des applications comme Grindr.


Et que dire de l’inaction judiciaire et institutionnelle ? Des peines incompréhensibles. 

Du suicide de Caroline Grandjean, harcelée jusqu’à la mort au lynchage meurtrier de Noahm. Des lacunes dans les écoles, sur les lieux de travail, dans l’espace public. 

Ce n’est pas un accident ou un dysfonctionnement.

C’est un signal envoyé aux victimes : "Votre souffrance ne compte pas."


La France stagne à la 15ème place du classement ILGA Europe.

60% de droits respectés. 10 places perdues en 10 ans. Derrière l’Espagne, l’Islande, la Belgique…

0% pour la protection des personnes intersexes, pourtant La France a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme.

Combien de morts faut-il encore ?

Combien de Lucas, de Noahm, de Caroline Grandjean ou de Joella faut-il pour que la France se réveille ?


Alors, certains nous disent : "Oh il y a bien pire ailleurs…"

Oui, par exemple, au Sénégal, qui a durci ses lois depuis quelques mois pour les personnes 

homosexuelles, avec une brutalité sans nom, 221 personnes ont été arrêtées dont 9 femmes, certainement davantage depuis mai. Des lynchages ont lieu. Des agressions. Des  

dénonciations. Des viols dits « correctifs ». Des thérapies de conversion et autre 

désenvoûtement. La violence se déchaîne.

Nous avons une pensée pour nos sœurs et frères sénégalais.e.s .

Et nous demandons à la France d’agir en conséquence et de permettre aux personnes LGBT 

Sénégalaises qui le souhaitent et le peuvent d’être accueillies dignement sur notre territoire. 


Oui, dans le monde, nos sœurs et frères subissent l’enfer :

- Aux États-Unis, où les droits des personnes trans sont remisés en question et l’histoire effacée.

- En Russie, en Iran, en Arabie Saoudite, où l’homosexualité est punie de prison, de torture, de mort.

- En Grande-Bretagne, où les droits des personnes trans reculent terriblement avec l’appui financier de J.K.Rowling. 

- En Chine, en Biélorussie, en Tchétchénie, où les atrocités pleuvent. 65 pays dans le monde condamnent à la prison et/où à la mort les personnes LGBTQIA+ 


Mais peut-on fermer les yeux sur ce qui se passe en France pour autant ?

Peut-on établir une pyramide des souffrances ? Non.

Toute domination, toute souffrance, tout crime doit être regardé en face, dénoncé, combattu.

Ici comme ailleurs.

Pourtant, dans ce magma nauséabond, des bras se lèvent, des drapeaux flottent.

Comme à Amiens ou à Montivilliers et dans beaucoup d’autres villes de France et du monde. 

Partout où la haine veut s’imposer, nous résistons. Notre résistance c’est l’universel contre la tyrannie !

Comme le disait Léopold Sédar Senghor, poète, écrivain et ancien président du Sénégal :

"Les civilisations doivent s’enrichir de leurs différences pour converger vers l’universel."

Notre lutte est universelle. C’est pourquoi nous sommes là. Pour repousser l’ignorance.

Pour défendre les droits fondamentaux.

Avec nous aujourd’hui :

- Amnesty International, Le Refuge, AATLA, avec un magnifique portrait de Caroline Grandjean réalisé par Christine Authouart, ENISPE…


Nous œuvrons chaque jour :

- Dans nos rencontres, nos interventions, nos actions.

- Dans nos théâtres-forums.

- Dans le retour du CeGIDD dès septembre pour du dépistage et de la prévention.

- Dans de nouveaux partenariats avec l’Agglo de Fécamp, le RTPS, l’AHAPS.

Ainsi qu’avec la municipalité, Monsieur le Maire et son équipe ainsi que l’opposition de gauche, que nous remercions pour leur soutien appuyé. 

Et, c’est la dernière marche avant un moment électoral crucial qui est la présidentielle de 2027. Je tenais à dire une chose : Ne nous trompons pas d’ennemis ! 

Et à certain.e.s dans la communauté : Se distancer ne protège pas. S’adapter aux normes dominantes n’a jamais permis d’échapper aux discriminations.


L’éveil des citoyen·ne·s grandit.

Il fera taire les voix réactionnaires et leurs insultes. 

Et n’oublions jamais cette phrase de Wole Soyinka, écrivain Nigérian :

"L’homme meurt en tous ceux qui gardent le silence face à la tyrannie." 


Et ces mots sont là, de par ces auteurs Africains, pour dire à tou.tes que oui, l’Afrique est entrée dans l’histoire, mais qu’elle a juste un peu oublié la sienne, effacée par des lois et des codes pénaux et moraux et religieux et coloniaux de nos pays.  

Alors aujourd’hui, dans cette marche et partout ailleurs, pour tou.te.s nos sœurs et frères du monde entier et particulièrement à toi, mon cher ami Fadly, qui souffre d’être toi-même en Afrique et qui doit se cacher, elle est aussi pour toi cette marche.

Faites du bruit contre les tyrannies !

Faites du bruit pour la justice !

Faites du bruit pour la dignité !

Parce que nos droits ne sont jamais acquis.

Parce que notre visibilité est une résistance.

Parce que notre fierté est une révolution.

Merci à toutes et à tous. Vive la Pride ! Vive la résistance ! 


Aurélien 

dimanche 14 juin 2026

Rencontre pendant la marche des fiertés

 

Il se peut qu'ayant identifié un interlocuteur, j'ai perdu ce qu'il me disait.
Dans la couleur de ses yeux, celle de ses sourcils, la forme de son nez, dans ce portrait que je pourrais dessiner, j'ai perdu son besoin d'être entendu.
Son récit, qui ne demandait aucun acquiescement, aucun commentaire de soutien ou de critiques, voire de conseils en forme de vérité, de celle que j'ai conscientisé avec mes certitudes, restait sa vérité tant que son visage me restait invisible.

Cela me ramène à Emmanuel Lévinas qui affirme que lorsque nous sommes capable de décrire un visage, c'est que nous n'avons pas considéré son dire au niveau de sa volonté de nous faire entendre son récit.

Lorsque cette personne me parle, elle me confie quelque chose de sa personne, sa nécessité de dire, de faire entendre son être, je suis donc en responsabilité de son partage, je lui suis redevable. Je suis responsable du fait qu'elle ait eu besoin de parler.

L'écoute n'est pas dans le regard, l'écoute n'est réalisable que dans un espace qui ne concerne qu'un seul sens.

On ne peut qu'être maladroit si on interpose nos convictions, même sincères sur un récit. Ce qui fait de l'écoute, une œuvre du vivre ensemble.

Aujourd'hui, que reste-t-il de cette rencontre d'un côté comme de l'autre ?

Sans doute, cette personne se dit une de plus qui n'a rien compris. Qui n'apporte rien à la situation actuelle sans pour autant l'aggraver. Dans l'absolu, ce qui n'évolue pas empire du fait de ce temps long. Qui dit ne pas juger mais qui interprète des faits et propose des solutions à des problèmes avec une grille de lecture d'un point de vue d'hétéro. Et surtout, comme pour des handicapés, le plaint. Alors, qu'elle ne se plaint pas. Par contre, ce qui est indélicat, c'est que, par ce comportement, la replace dans cette position de victime qu'elle rejette.

Elle n'est pas une victime, elle est.

samedi 6 juin 2026

"Les autres" Par L'Oublié

  

                          I


Dans ce parc, il s'assoit, regarde le bassin et murmure :


"Ça ne peut pas se finir ainsi".


Autour de lui, il y a tous les enfants des autres qui jouent. Ils disent :


"Tu n'auras jamais d'enfant."


C'est à peine s'il bouge. C'est à peine si ce ne sont pas les pigeons qui lui jettent des miettes.


Tout à l'heure, à la gare, comme un con, il lui a fait un signe d'au revoir et elle ne s'est pas retournée. Il est resté planté au milieu du quai, des valises, pas les siennes, celles des autres. Ceux qui ont femmes enfants et du soleil dans les veines. 


Elle ne s'est pas retournée.


Un mot tourne en boucle : 


"Adieu"


Que n'avait-t-il pas compris dans ce mot ?"


                         II


Ce matin, ciel nuageux et bas. Le parc est presque vide. Ils sont encore là, elle et la poussette.


En face, un homme est entouré de pigeons. Le spectacle est comique, pour qui l'observe.


Contre son banc, elle a laissé sa poussette. L'enfant joue près de l'eau. Il peut tomber à tout moment. 


Elle semble ne rien voir.


Elle pense au père éphémère. Les larmes coulent depuis. L'enfant grandit. 


Seul.


Elle regarde encore son téléphone. La messagerie est vide. 

Son emploi du temps aussi.

La liste des contacts a fondu.


Les heures passent. Alentour, les couples s'enlacent. 


Au bout de quelques heures, elle se lève, appelle l'enfant. 

Il ne répond pas, il joue. 

Elle crie, il pleure.


Il faut rentrer faire à manger. L'enfant regardera une niaiserie à la télé.


Elle lui dit de se laver les mains, il maugrée. 

Elle crie, il pleure en se les lavant. 

Il n'aime pas. 


" Mange. Sinon tu vas au lit sans manger,"


Il a le choix. 


Seule, elle finit son assiette. 


Demain, on recommence.


                          III 


Il s'apprête à ouvrir la porte. Un long soupir. Ce sera sa dernière inspection.


Le ciel est nuageux et bas. Il ne devrait pas pleuvoir.


L'homme part sur la droite du bassin. 


- Il va finir par tomber ce gosse. J'ai beau le dire à la mère, elle n'a aucune réaction. Jusqu'au jour...


Il va pour lui parler. Mais il se ravise. Il appuie sur sa pince pour ramasser les détritus. Il traîne les pieds.  


- il y en a toujours autant. Ça leur coûterait quoi de mettre directement dans la poubelle. Elles sont toutes vides, tout est par terre.


Il ne comprend pas sa tenue orange avec des bandes florescentes. Il ne travaille pas la nuit.


Le mégot va s'éteindre. Il le jette à terre et le ramasse. 

Près d'un bosquet, un lot d'emballages de sandwiches. Des ouvriers ou des étudiants.


Il s'arrête et regarde l'étui du violoniste. 


- Toujours rien. Je lui mettrais bien un billet mais comment je mange ce soir?


Il a bientôt fini sa dernière inspection.

L'homme sur le banc est entouré de pigeons. Il semble ne pas y faire attention.


- Je le soupçonne de les nourrir et dès que je le regarde il fait ce regard triste. Il va voir quand je le surprendrais.


Il était maintenant cinq heures, il repose son uniforme sur le cintre. 


Il est maintenant en civil. Les pigeons s'envolent.

L'homme regarde en souriant la marchande glace.

La femme remet l'enfant dans la poussette. Elle pleure, l'enfant aussi. 


Au bout, la fin de semaine. 


                           IV


A l'entrée du parc, il regarde ce que va être son auditoire.


Une femme sur le banc. Un enfant au bord de l'eau. 


Un homme en tenue orange qui fait un écart vers l'enfant avant de se raviser.


Un homme entouré de pigeons.


Il est temps d'y aller. Il connait d'avance son emplacement. Un peu en retrait, un banc sous un arbre. Au cas où il pleuve.

Le ciel est nuageux et bas. Menaçant.


Il ouvre son étui et prend son violon délicatement. Quelques notes pour accorder.


Ici, les oiseaux lui répondent, mais l'argent est rare.

Dans le métro, c'est l'inverse : pas d'oiseaux mais de l'argent.


Son but : pouvoir changer de chaussures, manger un bol de soupe et trouver un refuge pour la nuit.


L'après-midi est passé.


Il lui reste à trouver un porche pour la nuit.


                          V


Elle a installé son stand un peu à l'écart. 


Les enfants tournent autour. Les commandes s'enchainent vanille/ chocolat, chocolat/pistache.


Innovation du jour : les glaces à l'italienne.


Le son du violon l'emmène loin de la grisaille. Elle entend les oiseaux piailler. 


Elle confie une mission à un des enfants.


Celui-ci arrive près du violoniste, tend la glace fruits de la passion. Le jeune homme cherche du regard le stand. 


Il ne sourit pas. Il a mal. 


A dix-sept heures, elle commence à fermer. Elle passe à côté de lui, tente un regard et accélère.


Il y aura sûrement une autre occasion. 


                          VI


A la fenêtre, Marcel cherche le banc. 


Ce jour là, il faisait le même temps. Elle était assise près de l'eau. Ses cheveux blonds volaient doucement.


Il a fallu qu'il contourne l'étang pour lui parler. De longues minutes. 


Elle souriait en le voyant avancer. Elle attendait. 


Finalement ce jour là, il était passé à côté sans lui parler. Elle lui en a voulu.


Il sourit. Le lendemain, il avait réussi à passer l'épreuve. Ils ne se sont jamais quittés.


Monique.


Aujourd'hui, il est seul. Elle n'est plus nulle part.


Le soir tombe. La grille grince en se refermant. Les pas des uns et des autres résonnent dans la rue.


Le froid est entré dans la pièce, il ferme la fenêtre.

lundi 1 juin 2026

"En creux" Par L'Oublié


                         I


                   "Moyen"


Il pose un miroir sur la table. Il s'assoit.


Il est temps de cesser de chercher celui devant lequel je ne cesse de fuir.


Tout ce qui ne brille pas est obligatoirement au fond de ses yeux. 


Il n'aime pas ses yeux.  


Peut-il regarder l'ensemble d'un coup ? Depuis le temps qu'il fuit toute image. Il devient cet inconnu qui refuse de plus en plus de le rester. 


"Laisse lui au moins une chance de te connaître. Il ne veut pas que l'ultime séparation se fasse à deux inconnus".


Il n'aime pas son nez.


Il pense qu'il faut se réconcilier avec quelqu'un avant. C'est donc soit lui-même, soit sa mère.


Il n'aime pas non plus ses oreilles.


L'ensemble est moyen. Il est là le problème. Il n'est ni beau, ni laid. Moyen. Juste moyen. Ou à peine moyen.


                             II


  "Hypothèse d'un vide constitutif"



Il est devenu en creux ce qu'il est. Il est issu du vide alentour et s'y déplace à l'aise. Et surtout, la volonté ferme de le conserver. Il a pris conscience de son importance. Les autres en ont peur. Lui en tire son épaisseur.


L'extériorité est un danger. Une évidence ces derniers jours.


S'il était artiste, il prendrait comme pseudonyme : L'Oublié.


                         III

      

                    "Fissure"


Il a cru longtemps que le vide était stable.


Mais parfois, sans raison identifiable, quelque chose s’y déplace.


Ce n’est pas une présence. Ce n’est pas une voix.

C’est une variation légère de densité.


Comme si l’espace autour de lui n’était plus parfaitement égal à lui-même.


Il ne peut pas dire si cela vient de lui ou de l’extérieur.

C’est précisément ce point qui dérange.


Le vide, jusque-là, ne demandait rien.

Il était constant, disponible, silencieux.


Mais désormais, il semble répondre à des conditions qu’il ne maîtrise pas entièrement.


Alors une question apparaît — non formulée, mais active :


si le vide change, est-ce encore le même vide ?


Et surtout :

si quelque chose varie dans ce qui devait être stable,

est-ce lui qui commence à percevoir autrement… ou le monde qui cesse d’être neutre ?


Il ne rejette pas cette question.

Il la laisse simplement exister.


Pour la première fois, le vide n’est plus uniquement un lieu.

Il devient une hypothèse instable.


                          IV


           "Forteresse intérieure"


Il est devenu son propre vaisseau. Il a rempli les cales d'odeurs, de sensations, de traces.


Des silhouettes impalpables qui tournent, ne s'arrêtent pas. 


Immatérialité. Il y trouve sa paix.


Il est ce corps/forteresse dans lequel est enfoui ce qu'il est véritablement.


Le regard qu'il ne porte pas sur lui-même, qu'il refuse de porter, pour rejeter une apparence, pour dire : ce qui se voit n'est pas ce que je suis.


"Je suis donc je m'impose et je m'expose".


Le rejet qu'il peut subir, ou rechercher, est celui de la douleur. Il n'y a pas de temps à donner aux impressions des autres. 


Lui se concentre sur ce qui compose son être-soi. Son Dasein.


Être absolument, "Autrement qu'être", est sa recherche.  


                             V


              "Ce qui fut choisi"     



L'oubli ne se subit pas, mais se construit.

Les réminiscences ne sont pas des regrets.

C'est le regard sur un parcours.

Des carrefours.

Des embranchements.


Ce sont des choix successifs. Décidés, subis. Ils nous ont amenés là d'où il regarde.


Est-ce de la nostalgie ?


Non.


L'évidence ne se combat pas, mais elle ne s'explique pas plus. 


Elle est là. Douce. 


                         VI


               "Et il creuse" 


Sa bouche n'était pas forcément un baiser.

Une fesse tailladée.

Un sein lourd et laiteux.


Elle était un puzzle. 


C'était il y a trente quatre ans. C'était la chute. Un hôpital. Un mariage.

Un quinze août et des larmes.


Des images qui défilent. 

La réalité n'avait, à ce moment, aucune importance. 


L'a-t-elle jamais regardé, vu ? 


Elle passait du lit à la salle de bain sans laisser aucun soupçon de son passage.


Vendredi. Pas dormir. Torturés. Ne pas parler. Et ces trains à ne surtout pas louper. A ce moment, plus de frottement, plus de contact. Fin de l'espoir hebdomadaire. 

Elle l'avait prévenue. Elle ne l'a pas pris en traître. Il avait suffisamment d'amour pour n'en avoir rien à faire. 


Recommencer tout le lundi suivant. 


Chez lui. Il avait dit ne jamais amener personne. Personne. Surtout pas une femme. Cette femme. A vouloir la fuir, il s'est jeté sur elle, comme s'il n'allait jamais y avoir qu'elle.


Ils ne devront mourir qu'amis.


Elle est morte. 

Morte. 

Comme elle l'était déjà à l'époque.

Mais il n'était pas plus vivant.


Paraît-il. 


Pourtant, il la voit bouger. Il la sent, parfois, faire des gestes qu'il reconnaît. Elle n'est plus une, elle est multitude, geste après geste.

Elle n'a jamais ri. 


Il a cru que tout était derrière lui, un passé révolu. 


Et il creuse.



Elle a été une remplaçante. Belle. Il ne l'a pas reconnue comme aimable. 

Il a pu attendre ainsi le retour de l'autre. 


Elle apparaissait nue, sans aucune gêne. Des petits seins. Une odeur. 

Ils se sont fait des dimanches ragoûts. Des courses. 


Il aimait la voir bouger devant lui, nue, sans pudeur. Enfin, cette femme n'avait pas honte. Elle assumait. 

Il l'a rejetée. 

Aujourd'hui, plus de traces. Évanouie.


Et, dans ce qu'il creuse, il reste un goût. 


Encore.


                           VII


"Ils se sont échappés du possible".


Elle n'est plus là. Il regarde l'amie de l'absente. Un verre après le travail. 

Une séquence .


La nuit devient propice. L'alcool peut faire croire. 


Il s'approche d'elle. Il l'embrasse.

Elle sourit, se recule. 


- Elle est mon amie.

- Elle est absente. Etions-nous ensemble ? Elle en était moins sûre que moi. 


Un nouveau baiser. L'espace est comblé. Ils sont heureux. Main dans la main Ils dansent mais ils savent déjà.


Elle se met au lit. Il dormira par terre. Il ne se passera donc rien parce que l'absente a repris possession de tous les espaces.

Ils se regardent.


- Bonne nuit, se disent-ils.


Adieu, entendent-ils. 


                          VIII


         "Une journée un peu moins comme les autres".



Ça a commencé très tôt. Une première bière.

Une deuxième.


Et cette annonce comme un uppercut. 


Elle se mariera le 15 août. Ils resteront amis.


Puis, un chapelet de bières pour faire passer la pilule.

Cela faisait des jours que leurs regards ne se croisaient plus.


La journée passe d'alcool en alcool pour se finir assis à la table de la cuisine. 


Une dispute. Encore. A peine plus forte, à peine.


Elle se lève. Prépare un sac et part en plein Paris, il est trois heures du matin. 

Il décide de la suivre. La porte claque. 

Dans la rue, rien. Disparue. Vite. Trop vite peut-être. Il remonte. Il a oublié ses clefs à l'intérieur. Il regarde la fenêtre du couloir. Se rappelle que celle de la cuisine est ouverte. L'idée lui vient de passer de celle-ci à l'autre. A trois grammes, tout est possible.


Il a plu. Ses mains glissent. Il tombe. Il décide de ne pas crier. On verra en bas ce qui arrivera. Il ne se débat pas. Il atterrit dans un bruit lugubre.


Hôpital. Coma de trois jours. Il est en mauvais état. Mais il vit.

Il pleure, mais il vit. 


                        IX


           "La mère : le vide." 


Sa mère qui n’a jamais été autant sa mère que depuis qu’elle est disparue et qu'il peut lui attribuer le rôle de mère qu’elle n’a jamais eu.


Toute leur vie commune à distance circonstanciée, il l’a maudite de le maudire. 

Dire maman à une mère maudite, c’est comme dire : 

«je t’aime" à un furoncle qui t’arrache les entrailles. 

Il pourrait mentir et dire qu'il l’a aimée. 

Il ne peut plus fuir sa haine. 

Au-dessus de sa tombe, il s’entend lui dire : 


« il était temps ». 


Il aimerait ne plus jamais à avoir souhaiter sa mort.

Une totale indifférence.


Faire le chemin à l’envers et retrouver le jour de sa démission, le jour où elle a dit :


« tu ne dois ta vie qu’à celui qui est parti; il n’est plus, tu ne dois donc plus être »

 

Disparaître au point de n'avoir jamais existé.


Il est celui qui survit à la mort de l’autre.


                            X


        "Le père : absent excusé" 


Qu’allait-il pouvoir lire ? Il tombe sur « lettre au père » de Kafka.  


Pour haïr quelqu’un encore faut-il qu’il ait été présent, 

qu’il existe ou qu’il ait existé.

Suffisamment pour laisser une empreinte indéfectiblement haïssable. 

Son père n’a vécu que le temps de s’incruster, dans ses veines, dans sa perception.

De son père mort, il n’a haï que son absence, le fait qu'il n’a jamais eu ses bras autour de son corps, ses mains sur son visage. 

Le baiser du soir. 

Une nuit, il l’apaise, 

un matin, il le bouscule.


L'absence de sa voix, 

l’absence de son tout.


Le haïr pour l’attente de toute une vie, le rejoindre dans sa mort. L'impatience d'un message qui ne vient pas. 

Qui ne viendra jamais.


Alors ce Kafka qui parle de son père, à son père, même si ce n’est pas de vive voix, si ce n’est que par lettre interposée, il l’a en face de lui, autour de lui de sa présence qui lui nuit. 

De sa disparition souhaitée.


Il aurait aimé que le sien lui impose celle de son insupportable présence. Il ne l’idéalise que parce qu’il n’a jamais existé autour de lui. Il aime les anecdotes qu'on lui raconte. Mais cela ne raconte pas l'homme dans sa complexité.  

Il aurait souhaité échanger une vie de sa mère pour une heure en présence de son père. 

Pour le regretter ensuite. 

Pour vouloir le regretter ensuite. Pour, peut-être, espérer le regretter ensuite.


                            XI


      "Le beau-père : l'intérimaire"

 

Puis il y eut l’intérimaire, celui que l'on a forcé à ne pas aimer, 

à haïr, 

à maudire, 


Pour le détruire. 


La haine a déconstruit l'individu.

Celui qu'il n'a rencontré que tardivement. 

Celui qu'on a mis hors de chez lui.


Il l’a vu souffrir,

il l’a entendu souffrir.


Cet intérimaire a pris une femme avec un enfant, 

défiant le temps et les convenances, 

les dogmes et les certitudes meurtrières. 

Et elle l’a remercié de sa haine.


Lui, il l’a aimé, et il l’aime.

Ils sont tombés dans les bras l’un de l’autre, 

sans pudeur, 

sans gêne, 

l’amour submergeant, 

l’amour sublimant, 

l’amour emmerdant ceux qui détestent, ceux qui haïssent tout et tous. 

Et il est parti, dans un râle, 

dans un souffle, 

dans la peur, seul, malgré sa présence, sans son fils de sang. 

Et "merde" a-t-il dit; et "merde" est tombé dans son dernier souffle.


Et des yeux qui ne se ferment pas espérant, 

attendant...

Il ne vient pas, 

Il ne vient pas.


                         XII

   

                    "Il n'empêche"


Il posait son miroir et regardait son visage. Il ne s'aimait pas.


Aujourd'hui, le reflet renvoyé est celui qui partage sa vie.


Il n'a plus besoin de miroir, il constitue le vide dont il est issu.






dimanche 24 mai 2026

"Zombies" Par L’Oublié

 A la terrasse des morts

(La gueule dans le sable)

Les zombis gravitent,

(L'enfant OQTF git)

Liqueur en mains;

(De quel droit est il la?).


Dis moi qui nous sommes

Tous zombies

Lorsqu'on bouffe les images.


Nous n'avons plus de nom

(On s'en fout du sien)

On bouffe les massacres

Inonde nous les écrans de Bataclan

Fais nous jouir du pathos,

Enivre nous d'heroisme televisuel 

Quand je n'aime pas, je pleure en commande.


Pleurez pour ne plus aimer

Pleurez comme ils me violent

Je bouffe à toutes les écuelles.

Priez pour nous Dieu

Nous sommes aussi morts que toi.


Inopportun de rien,

Inopportun de trop, 


De pas d'assez...


M.A. 24/05/26





"L'échange symbolique et la mort" par Jean Baudrillard

 "Ainsi de la prise d'otages. Au plan symbolique, qui est celui du sacrifice, et d'où toute considération morale d'innocence des victimes est exclue, l'otage est le subsitut, l'alter ego du "terroriste" - sa mort est là pour celle du terroriste, elles peuvent d'ailleurs se confondre dans le même acte sacrificiel. L'enjeu est celui d'une mort, sans négociation possible, et qui fonctionne renvoie à une surenchère obligée. Bien sûr, tout le système de la négociation tente de se déployer, et les terroristes eux-mêmes entrent souvent dans ce scénario d'échanges, en termes d'équivalence calculée ( la vie des otages contre telle rançon, ou libération, voire pour le prestige seule de l'operation). Sous cet angle, la prise d'otages n'est pas originale du tout, elle crée simplement un rapport de forces imprevu, ponctuel, soluble par la violence traditionnelle ou la négociation. C est une action tactique. Mais autre chose est en jeu, et on a bien vu ce qu'il en était à la Haye, au cours de 10 jours de négociations incroyables : personne ne savait ce qui pouvait se négocier, ni ne s'accordait sur les termes ou sur les équivalences possibles de l'échange. Ou encore si elles se formulent, les exigences des terroristes sont telles qu'elles équivalent à un déni radical de négociations. Et c'est bien là ce qui se joue : l'impossibilité de toute négociation, et donc le passage à l'ordre symbolique, qui ignore totalement ce genre de calcul et d'échange ( le système lui ne vit que de négociation fut ce dans l'équilibre de la violence). A cette irruption du symbolique (qui est la chose la plus grave qui puisse lui arriver et la seule "révolution" au fond), le système ne peut, ne sait répondre que par la mort physique, la mort réelle des terroristes - mais ceci est sa défaite puisque cette mort était justement leur enjeu, et que, ce faisant, le système n'a fait que s'empaler sur sa propre violence, sans véritablement répondre au défi qui lui a été lancé. Car toute mort est facilement computable dans le système, même les boucheries guerrières, mais pas la mort- défi, la mort symbolique, car celle-ci n'a plus d'équivalent comptable - elle ouvre sur une surenchère inexpiable autrement que par une mort en retour".


"C'est pourquoi la prise d'otages et d'autres actes semblables ressuscitent quelque chose de fascinant : ils sont à la fois pour le système un miroir exorbitant de sa propre violence répressive, et le modèle d'une violence symbolique qui lui est interdite, de la seule violence qu'il ne puisse exercer : celle de sa propre mort."


"Le travail est une mort lente. On l'entend généralement dans le sens de l'exténuation physique. Mais il faut l'entendre autrement. Le travail ne s'oppose pas comme une sorte de mort à l'accomplissement de la vie, ça, c'est la vision idéaliste. Le travail s'oppose comme une mort lente à la mort violente. Ça, c'est la réalité symbolique. Le travail s'oppose comme mort différée à la mort immédiate du sacrifice. Contre toute vision pieuse et "révolutionnaire", du type, le travail ou la culture, c'est l'inverse de la vie. Il faut maintenir que la seule alternative au travail n'est pas le "temps libre" ou le "non travail", c'est le sacrifice. Tout ceci s'éclaire dans la généalogie de l'esclave. D'abord, le prisonnier de guerre est purement et simplement mis à mort. C'est un honore que l'on lui fait. Puis il est épargné et conservé (=servus) à titre de butin et de bien de prestige. Il devient esclave et passe dans la domesticité somptuaire. C'est bien après seulement qu'il passe au labeur servile. Ce n'est pourtant pas encore un travailleur car le travail n'apparaît que dans la phase du cerf et de l'esclave émancipé, enfin libéré de l'hypothèque de la mise à mort et libérer précisément pour le travail. Le travail s'inspire donc partout de la mort différée. Il est de la mort différée, lente ou violente immédiate ou différée, la scansion de la mort est décisive, c'est elle qui distingue radicalement deux types d'organisations, celles de l'économie, celle du sacrifice. Nous vivons irréversiblement dans la 1re, qui n'a cessé de s'enraciner dans la différence de la mort. Le scénario n'a jamais changé. Celui qui travaille reste celui qu'on n'a pas mis à mort, à qui est refusé cet honneur, et le travail est d'abord le signe de cette abjection de n'être jugé digne que de la vie. Le capital exploité le travailleur à mort. Paradoxalement, le pire qui leur inflige est de leur refuser la mort. C'est de différer leur mort qu'il est fait esclave et les veut à l'abjection indéfinie de la vie dans le travail. Dans cette relation symbolique, la substance du travail et de l'exploitation est indifférente. Le pouvoir du maître, lui, veut d'abord toujours de se suspendre de mort. Le pouvoir n'est donc jamais à l'inverse de ce qu'on imagine celui de mettre à mort mais juste à l'inverse, celui de laisser la vie. Une vie que l'esclave n'a pas le droit de rendre. Le maître confisque la mort de l'autre et garde le droit de risquer la sienne propre. Cela est refusé à l'esclave qui est voué à la vie sans retour et donc sans expiation possible. En l'otant à la mort, le maître hôte l'esclave à la circulation des biens symboliques. C'est la violence qui lui fait et qui voue l'autre à la force de travail. C'est là le secret du pouvoir. Égale dans la dialectique du maître et de l'esclave, fait dériver aussi la domination du maître de la menace de mort diférée sur l'esclave. Travail production, exploitation ne seront que l'un des avatars possibles de cette structure de pouvoir, qui est une structure de mort."


"Je fais l'hypothèse qu'il n'y a jamais eu de véritable lutte de classe que sur la base de cette discrimination. La lutte des sous-hommes contre leur statut de bête, contre l'objection de cette coupure de caste qui les voue à la sous-humanité du travail. C'est derrière chaque grève, chaque révolte, aujourd'hui encore derrière les actions les plus salariales, leur virolence vient de là. Ceci dit le prolétaire est aujourd'hui un être normal, le travailleur a été promu à la dignité d'être humain à part entière. À ce travailleur, il reprend toutes les discriminations dominantes à son compte. Il est raciste, sexiste, répressif. Par rapport au déviant actuel, aux discriminés de tous ordres, il est du même côté que la bourgeoisie du côté de l'humain, du côté du normal. Tant il est vrai que la loi fondamentale de cette société n'est pas la loi de l'exploitation, mais le code de la normalité."


"C'est parce que toute la sphère de l'économie, et désamorcer que tout peut se dire en termes d'économie politique et de production. L'économie devient le discours explicit de toute une société. La vulgate de toute analyse est de préférence dans sa variante marxiste. Aujourd'hui tous les idéologues ont trouvé leur langue maternelle dans l'économie politique. Tous les sociologues, humans scientits, etc, virent au marxisme comme discours de référence, même les chrétiens, surtout les chrétiens, bien sûr. C'est toute la nouvelle gauche divine qui se lève tout est devenu politique et idéologique aussi par la même opération d'intégration sans rivage. Le fait divers est politique, le sport est politique, l'art n'en parlons pas. La raison est partout du côté de la lutte de classe, tout le discours latent du capital est devenu manifeste et on note partout une jubilation certaine dans cette assomption de la "vérité".