vendredi 10 avril 2026

"Au bord" Par L'Oublié

                     










             



                                                                                         "Au bord"        Par L'oublié

                                                                                   Recueil de textes


"Deux


I

Il regarde un vieux ponton qui s'avance vers un étang. La nuit est presque là.

Au bout, une jeune fille est assise. Elle semble calme.

Elle parle. Elle chuchote des phrases à une invisible inconnue.commence à avancer le plus discrètement possible. Un bruit sur la gauche attire son attention. Il jette un coup d'œil dans la direction. Il tend l'oreille. Rien.

Il a tourné la tête juste une seconde.

Une seconde.

Au bout du ponton, rien.

Pas de bruit. Plus de chuchotements.

L'eau ne frémit même pas.

La photo se grave.


II

Il est rentré. Assis à sa table, il fixe la nuit par la fenêtre.

La photo est là, quelque part dans l’obscurité.

L’image ne tient pas en place.

Elle se dédouble.

Et entre les deux — quelque chose manque.


III

À partir de 5 ans, quand il descend l'escalier, sur le palier, il se fige. Les photos sont là. 

Sa mère, en passant, accélère.

Il sait déjà.


IV

La maison vide.

La même sensation. Le même vide.

Des tiroirs grincent. Le fauteuil du père. Un vieux journal sur le tapis.

L'escalier. Il faut arriver sur le palier.

Elles lui répondent.

Deux silhouettes. Puis, une.

Sur la table de la cuisine, deux bols de chocolat.

Deux.


V

La même nuit.

Il avance sur le ponton. Sans tourner la tête.

Au bout du ponton, rien.

L'eau ne frémit toujours pas.

Il défait ses chaussures.

Le froid lui revient en mémoire.

Il reste là.


                 @@@@@@@@@


                   "Le seuil" 


I

Le couloir des chambres mortuaires.

Sur l'une des portes, elle lit un prénom. Michel.

Tout est immobile. Le silence y est une matière.

Le froid est devenu constitutif.


- Étrange, se dit-elle, il n'y a pas d'odeur.


Sauf la sienne, obsédante.

Sur la petite table, un portrait.

Michel sourit. Elle reconnaît.

Elle découvre le visage. Il ne sourit plus.


II

Une autre porte, un autre nom, un autre décor.

Un ours en peluche, sur le brancard.

L'odeur. Forte. La maladie ronge.

L'ours en peluche.

Elle se sentira acceptée ici.


III

Une fois chez elle, elle entre dans la chambre de sa mère.

L'odeur, également.

- J'ai trouvé, dit-elle.


                  @@@@@@@@@


         "La nuit n'est pas faite pour vous"


Une tour.

Un dernier carré de lumière troue la nuit. 

Elle est seule. Elle travaille. Elle pleure.


Elle sait. Il est tard. La ville est dans l'obscurité. Les heures s'écoulent. 

C’est la troisième fois cette semaine. Elle ne prévient plus.

Le drame va se jouer dans quelques heures. 

Elle a fini. Elle ferme la porte de son bureau.

Sur l'esplanade, plus rien de vivant. Le béton et la nuit.

Le vent siffle.

Elle veut regarder l'heure. Panne de batterie.

Soudain, au fond, une silhouette.

Elles se fixent. Puis s'observent. La silhouette reprend sa marche, passant le plus loin possible.

L'une et l'autre ont peur.

L'une parce qu'elle sait; l'autre parce qu'elle ne connaît pas.

- Pardon, mademoiselle ?

Surprise par le ton bienveillant, la silhouette s'immobilise.

- Pardon, mademoiselle ? Je travaille ici, mais je ne connais pas le quartier. Surtout la nuit.

La silhouette relève la tête. L'inconnue découvre un visage complètement tuméfié. Elle se ravise.

- Vous voulez que je vous amène à l'hôpital ? Vous avez besoin de soins.

La silhouette la regarde. Puis, après un instant, elle répond :

- C'est gentil… mais ça va aller... c'est moins terrible que la dernière fois, Ils se sont vite arrêtés. Vous alliez me demander quelque chose ?

- S'il y avait un moyen de trouver un téléphone.

La jeune silhouette fouille dans sa veste élimée et en ressort un smartphone dernier cri. L'inconnue est surprise.

- Je suis obligée. Imaginez qu'ils n'arrêtent pas, et qu'ils m'amochent plus que de raison… Le tout, c'est que pendant qu'ils me violent et me tapent qu'ils n'en profitent pas pour me le piquer.

Elle tend l'appareil.

- Allez, appelez chez vous pour rassurer les vôtres.

L'inconnue regarde le téléphone, mais ne le saisit pas.

- J'aimerais vous emmener à l'hôpital vous faire soigner. Ma voiture n'est pas loin.

La silhouette se redresse d'un coup.

- Parce que vous vous sentez investie d'une mission ?… Alors, vous téléphonez ou non ?

L'inconnue ne répond pas.

- Je vais vous accompagner à votre voiture, et vous allez rentrer chez vous.

L'inconnue et la silhouette se dirigent vers la voiture.

- Vous savez, la nuit n'est pas faite pour des gens comme vous.

Les deux femmes marchent sans plus parler. Elles arrivent à la voiture.

L'inconnue se retourne vers la silhouette.

- Venez avec moi ce soir. Vous mangerez, vous prendrez une douche et un bon lit pour cette nuit. Au chaud. Je vous dois bien ça.

- Vous ne me devez rien. Vous endossez le joli rôle de samaritaine. Pratique, non ?

La silhouette fixe l'inconnue.

- Puisque vous fuyez votre nuit, permettez que je vous propose de partager une des miennes.

Elle s'élance sans attendre de réponse. Pendant un moment, l'inconnue ne bouge plus. Il lui faut réfléchir vite.

Elle rattrape la jeune silhouette.

- D'accord… mais prenons ma voiture. 

- Dans mes nuits, le seul moyen de locomotion, c'est la marche. Et puis, il ne faut que quelques minutes pour parvenir chez moi.

Après deux ou trois détours, elle s'arrête devant une grille de chantier. Un coup d'œil rapide aux alentours, puis elle la déplace légèrement afin de pouvoir passer. Elle fait signe à l'inconnue de la rejoindre.

- Tu sais qu'avec tout ça, je suis incapable de retrouver ma voiture… Je vais avoir besoin de toi…

- Je te montrerai lorsqu'on repartira.

Devant elles se dresse un grand bâtiment abandonné, délabré. Elles montent deux étages, jusqu'à arriver devant ce qui fait office de porte.

Elle se déchausse devant l'entrée et sort, d'une petite cavité sur le côté, une belle paire de chaussons. Elle en sort une deuxième pour l'inconnue.

La silhouette ouvre le rideau et laisse apparaître le décor.

- Entre, je vais te faire visiter...ici c'est l'entrée. Là-bas, c'est la cuisine. Au fond, c'est le salon. Et derrière la tenture, c'est la chambre...ne t’inquiète pas, il y a de la place pour nous deux.

À la surprise de l'inconnue, c'est aménagé avec un goût délicat.

- Tu es surprise ?

- Oui...

- Et, dans le coin du salon, près du fauteuil, il y a ma bibliothèque.

L'inconnue s'en approche pour saisir quelques noms. Bataille, Artaud, Beckett...

- Jennifer... c'est mon prénom...

Ça avait été dit avec conviction.

- Comment t'en est arrivée là ?

- Parce que je t'ai dit un prénom tu crois que je vais te raconter ma vie? Mais je ne te demande rien.

Un silence lourd s'installe. L'inconnue n'insiste pas car elle ne veut toujours pas rentrer. Le regard de Jennifer est plus triste qu'en colère.

- Françoise...c'est le mien.

Elle a dit ça comme pour s'excuser. Elle va rajouter quelque chose quand Jennifer la coupe.

- Je ne veux rien entendre d'autre. Nous allons rester des inconnues qui se sont épaulées à un moment donné. Une nuit qu'on a volée à la routine. Dans quelques heures, tu retourneras à ta voiture et à ta vie, et moi, je reprendrais la mienne.

Un nouveau silence s'installe. 

- Je peux aller m'allonger?

- Oui. Tout à l'heure, je te raccompagnerai à ta voiture.

Tout est dit. Françoise s'éclipse. Jennifer attend d'entendre l'inconnue dormir pour aller aussi se coucher.

Finalement, aucune des deux ne dort, chacune surveillant l'autre.

Les heures s'étirent.

- Oui, je m'appelle Françoise… je suis mariée depuis 15 ans… j'ai un enfant de 7 ans…

Rien ne résonne.

- Je subis le devoir conjugal. Je ne peux pas fuir par convenance, habitude, ou peur. Mon travail est un palliatif. Moi non plus, je ne te demande rien. Et pourtant, je t'ai parlé. J'ai reconnu une même souffrance. Tu subis le viol, moi, le devoir conjugal.

Le silence retombe.

Le pacte a failli rompre. Il a tenu. L'espace est de nouveau inoccupé.

La première lueur du jour est le soulagement que chacune attendait.

Elles remettent leurs chaussures. Les chaussons retournent dans leur abri.

Jennifer est devant, une silhouette qui repart occuper sa journée. Derrière, celle qui est restée une inconnue va devoir reprendre le travail jusqu'au soir, rentrer chez elle et justifier une absence de deux jours consécutifs. 

Ou pas.

Il n'y aura rien à comprendre.

Rien.


                @@@@@@@@@


                   "Enterré vivant" 


Une tombe fraîchement refermée. Un homme et une vieille femme se toisent.

Une balle de magnum cloue le fils sur place :

« Je te maudis. »

Une déflagration. Un verdict.

Pas de justice.

C’est lui qu’elle maudit à cet instant précis : survivant d’une histoire qu’elle ne veut plus porter.

Il n’a rien répondu. Ce n’est pas un aveu, ni une faute.

C’est le réflexe de l’âme quand les mots ne suffisent plus.

Ne rien ajouter au chaos.

Ce silence lui a permis d’émettre un avis définitif sur sa mère : elle ne l’aimait pas, ou elle ne l’avait jamais aimé.

Cela le ramène à son enfance, où il se disait, sans jamais l’avoir prononcé à voix haute :

« Je veux être orphelin. »

Une paix. Par absence.

Peut-être est-il devenu orphelin ce jour-là.

Il reste avec ça. Définitivement.

Elle n’a rien fait pour y revenir.

Elle s’en est fait un oubli. Un déni.

Il ne veut pas qu’elle revienne.

Il ne cherche pas qu’elle souffre.

Il ne lui refuse pas seulement une parole —il lui refuse toute autorité morale, toute capacité à produire une vérité. Elle est, selon son regard, hors de la vérité

Elle n’a plus d’existence fonctionnelle. 

En définitive, il tente de la faire mourir assez avant qu’elle ne le soit véritablement dans sa triste réalité charnelle.


                       @@@@@@@@

 

                         A trois


J'ai le droit de dire ce que je ressens.

Aujourd'hui, les souvenirs sont doux, et j'ai le droit de le dire.

Je les laisse m'envelopper, ils m'apaisent. Ils me font sourire.

Je sens ta main qui serre la mienne quand nous marchions vers la messe.

Je revois briller tes yeux, mi-clos, qui me regardent avec tant d'amour.

Je réentends ta voix qui me dit bonjour et bonne nuit. 

Tu me dis : « je t'aime », comme tu ne peux plus le dire à ton fils.

J’ai parcouru ma vie en répétant : « je t'aime, tu me manques », comme je le dis toujours à ton fils.

Je nous revois à genoux dans ton jardin.

Je ne crois en rien. Je n'attends rien.

Aucune angoisse.

Je me dis que vous serez peut-être là, à m’attendre tous les deux, pour me tendre la main, m’aider à franchir le pas.

Ton sourire réchauffe encore mon cœur.

Tous les trois...

Enfin.


Papy, papa et moi.




dimanche 29 mars 2026

Chapoutot : le terreau du nazisme 3/3

 


Chapoutot: Le terreau du nazisme 2/3

 


Chapoutot: le terreau du nazisme 1/3


 

Chapoutot : Macron a une culture d'extreme droite

 


Chapoutot : le néoliberalisme


 

Presentation : Johann Chapoutot, historien

 Pourquoi une présentation de cette personne?

Tout simplement pour court-circuiter les critiques possibles sur le fait qu'il intervient sur les réseaux dits de gauche.

Et pourquoi s'exprime-t-il sur ces réseaux là c'est parce que les autres médias sont la propriété de grands capitalistes qui ne l'invitent jamais.

Alors écoutons le avec attention.

Johann Chapoutot, né le 30 juillet 1978 à Martigues (Bouches-du-Rhône), est un historien français. Professeur d'Histoire contemporaine à Sorbonne Université, il est spécialiste de l'histoire du nazisme, de l'Allemagne et de la modernité occidentale.

Ses travaux explorent les enjeux historiographiques ou épistémologiques de l'écriture de l'histoire contemporaine, singulièrement en histoire culturelle du politique. Auteur d'une dizaine d'ouvrages traduits dans quinze langues, il a remporté plusieurs prix, notamment pour La Loi du sang, penser et agir en nazi et Les Irresponsables : Qui a porté Hitler au pouvoir ? (2025). Son travail s'inscrit dans le courant de l'histoire culturelle.

samedi 7 mars 2026

Le Monde diplomatique Mars 2026

 Voici un article merveilleux à lire et à faire tourner : « Réponse à mes détracteurs », par Francesca Albanese (abonnés ⁕ en kiosques, mars 2026) // https://www.monde-diplomatique.fr/69365

Le Monde diplomatique. Mars 2026

 Voici un article formidable à ne rater sous aucun prétexte : « Maires en campagnes », par Julian Mischi (abonnés ⁕ en kiosques, mars 2026) // https://www.monde-diplomatique.fr/69328

jeudi 26 février 2026

Jeu Debut nouveau roman. Trouvez lui un titre

                     


C est le début d'un nouveau roman, qui est la suite de "Les ruines de ma brume"




Vous pouvez me dire ce que vous en pensez et amusez vous à me proposer des titres.






      I




Jeremy


"Depuis 2 ans, je viens et je m'assois en face de l'emplacement où Véronique m'a dit que c'était fini. Qu'elle ne me verrait plus. Combien de fois ai je entendu, re-entendu ces mots...terribles. 


Savez vous ce que l on peut dire de moi lorsque l on m aperçoit seul? Depuis 2 ans...sans bouger...sans que jamais personne ne me rejoigne...parfois le son de ma voix laisse échapper son prénom...


En fait, il tombe plus qu'il n'est dit...il est victime de notre séparation...


Je n'aime pas pleurer...oh non...jamais je ne m'expose à une telle faiblesse, et pourtant, systématiquement, les larmes coulent...et je deviens une eau vive qui s'échappent de moi...vers elle...vers ce qu'elle est de mon souvenir...


c'est une nouvelle façon de me vivre, et m'accepter à son absence...


Je ne puis le dire mieux...


Je ne sais pas si, aujourd'hui, j'ai envie de la revoir, si je suis encore amoureux d'elle...si la revoir serait l'amour que je reconstruirais...


j'ai la mémoire de ce que je m'en suis faite...j'aime penser que mon fantasme m'espere tel que je suis...tel que j'apparais dans l'oubli de mon physique...


Cette chaise...


où elle n'est plus, m'apparaît comme cette présence apaisante qu'elle est devenue...ai-je encore besoin de quelque chose...? Suis-je devenu cet être passif qui s'est inscrit dans un passé qui lentement meurt...disparaît..."




                         II


Inconnue


"Je vous regarde jour après jour depuis des mois...je n'ose pas vous parler car j'ai peur que vous ne soyez qu'une simple apparition...


j'ai besoin de me nourrir de votre vision...j'attends moi aussi l'ombre que vous faites disparaître...


j'aime vous voir pleurer...j'aime souhaiter vous consoler... c'est avec tout ce que vous êtes, tout ce que vous deconstruisez, que je veux continuer à n'être...rien pour vous...pour l'instant...vous m'ignorez, si fortement, si implacablement, si fatalement que c'est ce silence qui me repond le plus...


Si seulement tu pouvais tourner la tête quelque secondes, m'apercevoir comme une silhouette que l'on veut suivre parce qu'une courbe a envoûtée...


Moi aussi je traque quelque chose, nous sommes tous les deux les deux faces d'une même pièce...nous n'aurons rien à nous dire, il suffirait juste que tu tournes la tête un instant...juste un instant..."




          III


Jeremy




"Je ne puis exiger que tu me racontes encore un espace que je n'habite plus...dans lequel il n'y a plus aucune trace de moi...


Notre divorce a tué ce que nous fumes, Jeremy et Véronique...






           IV




Inconnue


" mais pense qu il peut y avoir près de toi une autre chaise, 


une chaise sur laquelle une personne peut t'apporter ce que tu souhaites...


regarde moi...moi...


Je suis celle dont tu vas prononcer mon nom...comme un souffle...




Interlude: 




"Qui n'a jamais rimé les ruines


Ne peut comprendre ce que chacun a pu ressentir lors de ces nuits."













samedi 7 février 2026

Ciels z'a désenvisagier / Ch(i)ants t'à pe(in)rdre. petit tableau au couteau (in progress) L'Oublié

         "J'ai déposé un poème

comme on dépose une fleur sur une tombe

et la main qui se plaque
sur la croix

J'ai déposé une fleur
dans le poème pour qu'il meure moins vite

il y a la mort que j'ai caché sans un poème
comme une fleur sur un nom que l'on oublie

j'ai oublié la fleur du poème
quand j'ai lu le nom
du mort

j'ai lu la mort de la fleur
dans le poème
dont le nom est celui qui ne meurt jamais."



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"Mon ami,

Mon poète
mon rien

Je ne suis que rien...

Je m'obstine à la vie que de ce qui doit disparaître...

A être la vie s'obstine...

Il n'est qu'inexistence à ne vouloir que laisser des traces...

Qui sommes nous en somme qui ne sommes...qu'une somme...?

TRACES... ne sont que les restes d'une histoire dont nous ne sommes...rien..."



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"Ce soir...

Ce soir,
Je suis ivre de moi,
Libre de moi...

Ces voix
Qui crachent...
Ces voix qui cataractent
Nos particules...

A la haine qui raisonne
Je gueule à tue-tête
Moi elle
Je gueule à tue-tête
Que je/elle/ nous sommes...

Qui êtes vous, juges/bourreaux?"


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C est en comprenant ses sourires que j ai ressenti tout l amour de ses yeux.

C est à ses absences que j ai compris qu il était inutile de la conjurer ( domestiquer ).

C'est à la penser que j'ai pu voir ses veines palpiter à la vie ( la mienne? ).


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Le nez

Le nez
Le groin
Le tarin
Le pif

Appendice nasal
Gros
Petit

Turgescent ou non
Il est là
cible de celui qui me parle
Il me fixe
comme on fixe ce qui dépasse de soi

Sale ?
Moche ?
Attirant ?

Narines
Evasées
Pincées

Petit nez retroussé (joli)
Très retroussé (moche)
Question de limite
De proportion

On le touche
On le gratte
On le fouille

Au volant
Devant la télé
En mangeant
(quelle est donc cette saveur ?)

Il coule
quand on pleure
quand on vomit

On se mouche
On renifle
Même salive
Même mouchoir

Bref,
cible pour cible,
il vise.

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"Anthropomorphologiment infrenquen-fiable


Miroir à-teinte

Reflect-impact — indigeste

À soi


Unique ch-entier


Omnipotent

Ventripotent

Lard et la matière


Je m’assi-mule

Je m’afflic-tionne


ventripotent encore


Je m’aime —

misèr-humblement


À moi

Con tacter

-tribution

-trition


Facilement

-ctuellement


J’imageXplore

Ce que la

vi sion

-ctime

A le

refle t

-flexe


Dans la souffrance

J'exponentielle le moi/je


Je deviens infrequen-friable."