samedi 20 juillet 2019

Deuxième gauche Réformisme et lutte de classe de Daniel Poncet


A la page 10 de PLS n°51 –du 14 au 27 octobre 1981- un article est intitulé : « Les 35 heures : à la vitesse de l’escargot ». Les 35h furent repoussées pour…. 1985, puis abandonnées. Entre-temps il y aura l’ordonnance de 1982 instituant la semaine de trente-neuf heures sous Mitterrand (Ordonnance nº 82-41 du 16 janvier 1982 RELATIVE A LA DUREE DU TRAVAIL ET AUX CONGES PAYES). Mais dans son contenu c’est déjà la mise en place de mesures de flexibilité qui seront progressivement mises en place et développées par les gouvernements successifs (Delors, Bérégovoy, Fabius…) de 1982 à 1986.
La durée du travail et l’accord de juillet 1981 où quand la CFDT signe ce qu’elle ne voulait pas en 1980 Le sujet de la durée du travail avait déjà été abordé en 1980 et la négociation sur la base du « rapport Giraudet » se termine par le refus de la CGT, de la CFDT, de FO de signer. Krasucki dans « Syndicats et unité » indique page 94 « Et si la CFDT, bonne dernière , a dû refuser de signer tout en lançant une bouée à la mer vers le CNPF, c’est parce que cette conclusion à la négociation ne passait pas dans l’organisation elle-même. Mais le stylo était prêt. Est-ce là le réalisme ? La négociation efficace pour obtenir des résultats concrets ? La fermeté sur le fond et la revendication transformatrice ? En un mot : est-ce bien là le recentrage ? Car cet accord-là était censé faire la preuve du bien-fondé et de l’utilité du recentrage. ». Le site Les clés du social rappelle que : « Dans les projets économiques et sociaux du gouvernement Mauroy figure la question du temps de travail et de son aménagement. Le gouvernement laisse les partenaires sociaux négocier sur ce sujet ; ils aboutissent au protocole d’accord du 17 juillet 1981 signé par le CNPF et 4 organisations syndicales, sauf la CGT. » et « l’ordonnance du 16 janvier 1982 entérine les 39 heures – payées 40 - et la 5ème semaine de congés payés. Ils ont ouvert également une petite porte à un aménagement plus flexible permettant aux entreprises de gagner sur le temps d’utilisation des équipements et sur l’optimisation de l’organisation de la production de biens et de services. ». Ce que dit « clesdusocial.com », c’est en d’autres termes : les 39 h, la flexibilité c’est ce qui permet aux capitalistes d’être plus forts dans la concurrence, la guerre économique et renforce l’exploitation des travailleurs. C’est aussi le sens des articles publiés dans la presse ML, par exemple : -La Forge n°49 du 15 au 31 juillet 1981, titre : « Pas d’accord sur les 39h, défendons nos acquis ! » -page 1- -La Forge n°50 –du 1 au 31 août 1981-, publie en pages centrales un supplément n°11 d’août 1981 donnant « La position de notre Parti sur le protocole d’accord sur les 39 h » Dans une brochure d’octobre 1982 : « La gauche toujours plus à droite », l’OCML-VP y dénonce très clairement, comme une agression, l’accord du 17 juillet 1981 sur la durée du travail. Le mensuel « Pour le Parti » (ocml-VP) n°47 –avril 1982- consacre ses pages 4 à 13 à un dossier sur le temps de travail. Un article pages 7-8- revient sur « un congrès syndical révélateur » du Syndicat des Travailleurs de la Métallurgie du 93 Nord. Ce syndicat lors de son congrès proteste « contre la signature de la FGM-CFDT de l’accord du 23/02/1982 avec l’UIMM concernant la réduction du temps de travail.» car « Cet accord est contraire aux intérêts fondamentaux des travailleurs. ». L’article dénonce également les mesures arbitraires prises contre la section CFDT d’Usinor Dunkerque par la direction de la CFDT et appelle à « construire l’opposition syndicale révolutionnaire » à la base « dans les sections où nous sommes présents.» Un article pages 9 à 11 intitulé : « Valentine : une grève contre l’ordonnance des 39h. » donne des éléments de réflexion sur le sujet du temps de travail et montre que des travailleurs se mobilisaient déjà dès 1982 contre les mesures anti-ouvrières du gouvernement PS-PC. Les mesures de 81-82 sur le temps de travail contiennent l’entièreté des dispositions concernant la flexibilité dénoncée par le PCF et la CGT… en 1984-85. Entre-temps le 17 juillet 1984, le PCF avait quitté le gouvernement Fabius qui venait de succéder à celui de Pierre Mauroy. Il est intéressant de voir que ce sont exactement les conceptions en matière de RTT de cette période (1981-1982) qui seront reprises par le PS dans les lois Aubry sur les 35 h en 1998 et 2000. »

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