vendredi 31 mars 2023

L entretien infini de Maurice Blanchot

 "* Le héros ne meurt pas non plus, mais il ne fait que se survivre, ce qui est la pire ruine pour ce qu’il prétend représenter. Déjà, dans l’œuvre cornélienne, il subit, nous l’avons vu, une mutation – parce qu’il veut s’intérioriser (la recherche héroïque d’un beau Moi qui deviendra la satisfaction souffreteuse de la belle âme) et cependant faire de l’héroïsme le mouvement de l’Histoire : atteindre à la démesure, d’un côté, par l’affirmation d’un « Je » vide qui sera un orgueilleux délire, de l’autre par l’avènement d’une nouvelle forme de domination politique. Dans les deux cas, il s’est déjà perdu. Si le mot héroïsme a un sens, il est tout entier dans une certaine majoration de l’acte considéré en lui-même, lorsque celui-ci, exploit éblouissant, s’affirme dans l’instant et semble être le rayonnement d’une lumière : cet éblouissement est la gloire, elle ne dure pas et elle ne peut s’incarner. De là, nous l’avons vu, que le héros apparaisse toujours plus ou moins comme l’exploiteur de l’acte héroïque : il le substantialise, il y fait carrière. En vérité, l’héroïsme représente à un certain moment et ne représente rien d’autre que l’émerveillement devant le pouvoir d’agir, émerveillement devant ce qui n’est plus la puissance magique accordée par la nature, mais le merveilleux humain donné impersonnellement dans l’action conquérante : comment ! on a pu faire cela ! Et, remarquons-le, le vrai héros, ce n’est pas toujours l’homme qui agit, c’est aussi bien l’instrument d’action, non pas seulement Achille, mais ses armes, non pas Roland, mais Durandal."

mercredi 29 mars 2023

Éloge de la démotivation de Guillaume Paoli

 "Nous imaginons aisément quel dialogue de sourds se tiendrait entre Diel et un contemporain connexioniste et déconstruit. Ce dernier, l'entendant invoquer une "vraie" motivation, monterai sur ses grands chevaux poste moderne, il crierait à la rigidité bourgeoise, au simulacre, et défendrai mordicus son droit à la differance. Le vieux psychologue, pour sa part, diagnostiquerait chez son interlocuteur un cas désespéré d'avilissement banal, de vanité coupable et de mort de l'âme. Nous arrivons ici à un point caractéristique ou le passé et le présent ne peuvent plus communiquer, les garde-fous d'alors étant vue, de ce côté-ci du temps, comme autant d'entraves arbitraires."

dimanche 26 mars 2023

Eloge de la démotivation de Guillaume Paoli






"Prenons un domaine où la dégénérescence est de notoriété publique: celui de la politique. Il est même possible d'en faire une mesure objective; il suffirait de comparer les débats de politiciens d'il y a un siècle, 50 ans, 30 ans avec ,par exemple, celui qui en 2007 opposa la Mère-de-quatre-enfants au Vrai-mec-qui-en-a-et-qui-s'en-sert pour en analyser, non pas le contenu, mais la forme: combien d'adjectifs, combien de verbes sont-ils utilisés, quel temps, quelles figures de style, etc. L'appauvrissement du langage de ces professionnels de la parole issus des meilleures écoles de la République est arithmétiquement démontrable, et il n'est que le signe de la pauvreté concomitante de leur pensée. La raison n'en est pas bien mystérieuse. Non seulement l'avilissement propre à l'exercice de leur fonction s'est trouvé multiplié par la grâce de l'audimat et des conseillers en communication, mais encore leur pouvoir effectif s'est réduit à peau de chagrin. Dès qu'une décision est d'importance, elle est externalisée, déléguée à des technocrates et représentants de lobbies, le pantin élu ayant pour seule charge de la "communiquer" dans le poste. Dans ces conditions, il est clair qu'une personne douée pour la rhétorique, mue par un idéal ou même avide de pouvoir réel évitera soigneusement d'entamer une carrière politique, laissant la place à ceux qui ne savent pas faire autre chose, ou, pire encore, ont une revanche à prendre sur l'existence"


"Certes, il est futile de dénigrer encore la cuistrerie politicienne, mais il n'en va pas autrement ailleurs, dans les médias par exemple: un journaliste soucieux d'enquêtes minutieuses, de longs reportages, d'indépendance d'idées et de style n'a aucune place dans le paysage médiatique actuel. refusant d'avilir ce à quoi il croit, il s'abstiendra d'y entrer, laissant aux jocrisses de troisième ordre le soin de nous désinformer. Lui se cherchera une autre source de revenus et fera usage de son talent, par exemple en publiant ses enquêtes sur un réseau électronique indépendant. on pourrait sans peine multiplier les exemples où l'exercice d'une profession est contrarié par une vocation véritable. il est de grands disparus tel Alexandre Grothendieck, le Rimbaud des mathématiques, qui avait radicalement rompu avec le milieu scientifique parce qu'il ne supportait pas la collusion de celui-ci avec l'état et l'industrie, et médite depuis trente ans à l'écart du siècle."

L'inespérée de Christian Bobin

Elle ne vous fait plus peur


Quand elle descend sur l'enfance, la peur s'évapore aussitôt. Quand elle descend sur les adultes, elle reste, elle s'entasse. On dirait de la neige, une neige qui ne tomberait pas sur le monde mais sur l'esprit. La peur qui entre dans un cœur adulte rejoint la peur qui y était déjà. Elle s'effondre en elle-même, elle s'ajoute à elle-même comme de la neige grise. Alors, tu ne bouges plus. Alors tu t'interdis de bouger sous la neige sale, tu ne sors plus de chez toi, de ton mariage, de ton travail, de tes soucis. En resserrant ta vie tu cherches à diminuer le champ de la peur, à ralentir l'avalanche grise."


"J'écris depuis que tu me lis, depuis cette première lettre dont j'ignorais ce qu'elle pouvait dire, qui ne pouvait trouver son sens que dans tes yeux. Je n'ai jamais rien écrit de plus que les trois premières phrases de cette lettre: ne rien croire. Ne rien attendre. Espérer que quelque chose, un jour, arrive. Les mots sont en retard sur nos vies. Tu as toujours été en avance sur ce que j'espérais de toi. Tu as depuis toujours été l'inespérée".

samedi 25 mars 2023

Pour entamer quoi que ce soit de nouveau de M.A. Partie IV

 

Chapitre IV

 

J’ai toujours aimé la solitude comme on aime la séparation aux autres par la peur la volonté acharnée de ne pas souffrir de ne pas vouloir souffrir d’avoir l’illusion que la souffrance ne passe que par les autres ils ne peuvent être nous ils sont ce qui nous entoure mais sans approche sans contact Je fuis la peur dans ce cercle intime dans lequel j’aime m’enfermer mais cette littérature que j’ai découverte elle est paradoxale elle ce lien qui se tisse et qui doit s’exprimer nous ne les entendons jamais alors que ce qu’ils défendent devrait être au premier plan

L’espace, cet espace qui est encombré par les futilités les inepties les égos mégalos ne les tolèrent pas la morale qui n’est plus visible mais qui est là qui impose censure. J’aimerais avoir la force de vous obliger à lire « L’outrage aux mots » de Bernard Noël ce cri de l’homme qui souffre parce que le plaisir d’écrire a été attaqué. Il est l’homme qui a été malmené criminalisé pour être libre pour avoir tenté d’être libre. « Le château de Cènes », ce texte attaqué, pourquoi le défendre ? Sa seule défense était son existence, sa seule existence et le partage le partage amicale d’un sentiment d’un ressenti. Et si je suis bousculé, choqué, étripé, fustigé, maltraité ne devrais-je pas alors me dire qu’il a atteint ce que je n’avais jamais vu en moi ? Il a été le révélateur d’une partie de moi que je taisais un endroit où la meurtrissure se terrait. Cette liberté qui fait peur qui effraie les courts en ailes, ceux qui n’ont la vision en rase motte à la mode des souris qui court apeurées.

Je ne l’ai pas lu encore mais il sera lu avant la fin de cet ouvrage je le dois je lui dois j’ai cette dette envers cet homme qui a tenté la liberté qui a voulu me l’offrir et que certains ont décidé de tenter de m’empêcher de connaitre. Je lui dois, je le dois à ses amis qui ont la douleur de sa perte et qui savent, eux, la valeur de ce qu’il a écrit offert. M.S. m’a affirmé que Bernard Noël était le plus grand poète français, il me l’a affirmé avec cette douleur de savoir qu’il ne le verra jamais plus qu’il ne l’entendra plus que tout ce qu’il a écrit il l’a lu il l’a aimé compris que plus rien de neuf ne sortira de cet esprit qui court mais qui ne peut plus transmettre. Bernard Noël est comme beaucoup d’autres que je découvre en ce moment, il fait partie de ces cadavres exquis que je découvre à la fin à la fin de leurs vies à l’automne de la mienne. Je suis cette période qui doit être douce aux couleurs or à la senteur des sous-bois, je devrais être la personne qui déambule dans les chemins en pensant en lisant en parlant en aimant et en pleurant car je chemine en paix avec celle qui m’a toujours accompagnée sans relâche sans lâcher sans rompre ce lien si ténu elle est là. J’ai tout pour être heureux je suis heureux je n’ai plus peur de le dire je suis heureux et maintenant à tous les niveaux je n’ai plus qu’à le prouver à celle que j’aime que j’ai toujours aimé. Mal désordonné fougueusement maladroitement si profondément si intensément.

Je l’aime comme j’aime cette littérature libre échevelée passionnée convaincue que rien ne peut ne pas arriver que nous allons franchir tous les obstacles.

Elle est la personne de la littérature qui vit elle est ce que je comprends de ce que je lis elle est ce que je lis et que j’ai envie de lire elle est ce qui ne peut m’être interdit et dont je vais prendre possession pour ne jamais la perdre. Ni elle ni la littérature ni CETTE littérature.

Pour entamer quoi que ce soit de nouveau de M.A. Partie III

 

Chapitre III

 

Ce matin, je suis devant mon café et je ne sais plus si je suis heureux ou malheureux. Plus exactement, pour le dire autrement, autrement ou mieux, je ne sais pas si je veux savoir si je suis heureux ou malheureux. Je ne souffre pas d’être dans ce sentiment indécis. C’est comme un bien-être doucement mélancolique et pour autant apaisant. Je suis en paix. Béatement en paix. Une paix dont je n’ai pas les contours car ceux-ci deviendraient terriblement contraignants si j’en avais la connaissance. Ne pas savoir comme un besoin rafraichissant après ces années de certitudes. Je ne sais plus donc je deviens.

Suis-je malheureux de ne plus rien savoir, n’avoir plus de certitudes à part celle de ne plus vouloir en avoir ? Je sens que j’ai une parfaite compréhension de ce que je veux chercher. Pas de la solution mais de la volupté de la recherche qui ne sera à jamais inachevée.

Heureux parce que, de nouveau, je me retrouve devant une étendue que je sais ne jamais arriver à parcourir. Dont je n’aperçois pas les horizons. Me plait-il de ne pas voir les limites ? Cette joie de parcourir en tous sens sans jamais me cogner à des barrières, à des murs. Pourtant, je ne sais pas où aller en premier, je ne sais par quoi commencer. De par notre éducation, où tu ne colories que dans les limites, tu n’es que plus limité par la peur de te déplacer. D’aller où tu n’as peut-être pas le droit d’aller. Mais peut-on limiter tes déplacements dans un espace qui n’existe pas ou que tu t’inventes ?

Par contre ce que je sais, mon double, ma vérité, c’est que je suis en phase boulimique incontrôlable. Je ne sais par où me tourner sans que j’aie la tête qui tourne. Cet air si pur m’étourdit. Je pense que j’y arriverais. Ou alors je suis déjà parvenu où je devais aboutir parce que le but n’est pas un point précis mais un long chemin.

Pour entamer quoi que ce soit de nouveau Par M.A. Partie II

 

Chapitre II

 

J’ai subi une autre naissance depuis maintenant deux ans. Elle fut douloureuse pour ceux qui tentèrent de me suivre, pour ceux qui ne comprennent pas que le bonheur d’écrire fait souffrir celui qui lit. Je ne souffre plus de ce que j’écris, je souffre de ce que les autres souffrent en pensant que je souffre. Ne plus être heureux d’écrire ce que les autres lisent dans la souffrance. Elle n’est donc pas la mienne, elle devient la leur. Mais dois-je y mettre un terme ? Suis-je donc libre d’être heureux d’écrire enfin, finalement pourrais-je dire, alors que le mal que je fais est quelque chose qu’ils ne peuvent concevoir ?

Comme pourrait le dire Blanchot, qui le dit mieux que moi, qui le dit définitivement dans les recherches qui furent les siennes, j’aspire à devenir « Le livre à venir ». Celui qui ne doit s’écrire que parce qu’il se doit d’exister comme une affirmation de l’utilité. J’erre dans « L’espace littéraire » depuis ce temps de la découverte de ce que c’est qu’écrire, que lire. En fait, « Le livre à venir » est l’espace qui se place entre ce qui n’existe pas mais se pense et le moment où ce qui ne se pense plus se transforme en un temps qui s’écrit définitivement. Il faut donc que cet espace soit le plus précis possible puisqu’il ne doit pas apporter plus de réponses qu’il ne pose de questions.

Mais, être le livre à venir c’est arriver au bout de l’écriture. C’est souffrir peut-être délicieusement de ne plus avoir à écrire, ce dire que tout fut fait. Mais, Georges Bataille le dit aussi, qui le dit toujours mieux que les autres, et de manière définitive : cette envie, nous ne devrions plus l’avoir en nous ? Il l’a inscrit dans le livre de Roger Laporte : « Lettre à personne ». D’ailleurs, celui-ci ne fut-il pas celui qui osa se sacrifier pour les autres ? Tous les autres ? Ceux qui pensent ce qu’il pense sans avoir le courage de le faire.  Satisfait de ce que l’on a écrit, satisfait d’être parvenu à une fin, une fin de soi véritablement. Comme une mort que l’on a maitrisée, domptée. De celle dont on peut revenir, dont je suis revenu, ou plutôt dont je tente de me dépêtrer.

Je tente de devenir ce que je tente de comprendre de la littérature.

Lorsque nous nous ne savons qu’écrire, nous parlons de la mort. Sujet facile qui ne nécessite aucune connaissance, qui ne nécessite que d’aligner des sensations ou des  sentiments que nous pourrions ressentir à ce moment-là de la vie, de la fin de vie. Ce temps d’avant qui, déjà, ne nous appartient plus en propre mais c’est la part que l’on donne à l’humanité, à la multitude.

Ou alors parler de soi, pareillement ne nécessitant aucune connaissance même pas celle de nous-même. Et là encore, à chacun de parler de soi comme un individu n’est pas non plus se confondre avec la multitude, ceux qui ne cessent de parler d’eux-mêmes ?

 

Lorsque M écrit qu’il veut mettre un terme à certaines activités et que je l’interroge sur ce fait, comme une inquiétude, ne me répond-il pas : « ne prends pas garde aux mots que je dis ». Alors, toi aussi, toi surtout, toi malheureusement, ce que tu écris n’est pas toi, n’est pas la vérité. N’est de cette vérité instantanée qui dès prononcée s’échappe dans le néant. Tu n’écris donc que le néant lorsque tu écris le quotidien, la vie qui te tient. Et moi, alors, je deviens la victime de cette vérité qui déjà est défunte depuis le temps de l’écriture et je subis ce jeu de ton écriture, je suis la victime consentante de ton plaisir. Donc je suis un lecteur lambda et non un confident.

 

Bataille écrit: « J’écris pour qui entrant dans mon livre, y tomberait comme dans un trou, n’en sortirait plus. »

Depuis peu, je sens que je suis dans un trou dans lequel je tourne en rond, retrouvant sans cesse les mêmes noms, les mêmes textes. J’aime les textures, j’aime le chant. J’aime les chants et je passe de l’un à l’autre parce que tellement envie de les lire que je me dois de les oublier. Je les oublie et les relis. Lire n’est pas réciter. Réciter, apprendre à réciter, ce n’est pas lire. Je lis comme un chant qui coule; réciter/apprendre est un travail c’est une souffrance de se forcer à ce texte qui coule de moi vers les autres. Je lis pour moi, je ne veux pas réciter pour les autres. Et je ne peux lire pour les autres. Je ne peux chanter dans ma lecture à haute voix comme je peux danser dans le texte que je lis pour moi en silence, en souriant, en pleurant, en chantant que je pleure parce que je lis. Je lis que je pleure quand je lis. Tout cela est une ronde, une ronde dans laquelle j’aime me laisser porter. Je ne suis plus ce poids. Je suis le poids des mots légers que je lis dans le creux de ma tête. Comme une couette que je me remets sur les épaules, comme ce monde que je ne veux pas fuir. Je lis pour ne pas fuir, je lis pour fuir la fuite.

Lire est une chose, lire est une partie de l’existence mais écrire. Ecrire. Porter au plus haut l’exigence de l’écriture. C’est un plein qui étouffe. Lorsque cette passion te prend, tu ne peux plus rien faire.

Tu sais que tu ne pourras jamais écrire la perfection que tu recherches. Tu as envie de dire « j’arrête d’écrire » et j’écris que je vais arrêter d’écrire. Tu le dis, d’autres l’ont déjà dit et mieux que toi, de manière plus dramatique que tu ne pourras le faire. Et tu ne t’y tiendras pas puisque tu continueras à écrire que tu veux arrêter d’écrire.

Blanchot l’écrit lui dans la postface de « Lettre à personne » de Roger Laporte. Cela donne « Il ne peut plus écrire (il n’a plus rien à dire), mais il s’aperçoit, avec horreur, avec terreur, que le désir d’écrire persiste en lui. Le désir d’écrire, désir personnel, et l’exigence d’écriture, postulation impersonnelle, ne coïncident pas. Réfléchissons sur ce problème. Il est peut-être insoluble, parce qu’il ne devrait pas se poser ».

 

Et c’est à ce moment que ce personnage passera devant moi. Il n’aurait jamais pu exister avant. Je le crée pour qu’il me réponde. Ou qu’il ne soit que le silence que je cherche dans la réponse. Pourquoi pas une femme ? Pourquoi pas un homme ? La question se pose. Ou plutôt elle n’a de réponse évidente que si je la pose. L’homme ne peut écouter sans comparer, hiérarchiser et se mettre en concurrence. Donc à partir du moment où il cherche à intervenir par sa propre expérience, il n’écoute plus. Il se peut aussi que ce soit un être éphémère, immatériel, qui n’aurait de consistance que dans une réponse hypothétique. Je ne peux l’apercevoir que depuis que je parle de littérature, que je pense écrire/lire comme la double face de l’existence. Elle sera celui/celle qui me renverra toutes mes questions. Il/Elle pourra n’avoir aucune réponse. Il/Elle ne portera que les questions. Il/Elle sera ma Nadja, celle qui m’opposera la vie à ma recherche. Il/Elle sera également Nina. Celle qui écoute et qui renvoie de façon muette les questions que je lui envoie. Il y a les questions que l’on pose et celles que l’on tait car elles n’ont que la force du silence.