"Clos"
L'incident est clos.
La route longe la rivière, suit les méandres sur plusieurs kilomètres. Il ne s'y passe rien.
L'obscurité commence à tomber.
C'est la même rivière.
1991. Cette année-là, il faisait chaud. Elle se baignait, nue.
Aujourd'hui, il est sur cette même route qui longe la rivière.
Personne. Il s'arrête. Il fixe le courant.
- Vous m'aviez dit de belles choses cette année-là...
Le banc est toujours aussi inconfortable.
- Je ne saurais plus vous les dire... je vous connais désormais...
Plus loin, l'enseigne se rappelle à lui.
Il rentre. Un coup d'œil sur la salle.
- Monsieur ?
- Je veux la table du fond...
Même serveur débonnaire qui dépose une carte de menu.
- Pourquoi m'aviez-vous invitée ce jour-là ?
- Vous étiez une possibilité...
- Je vous dépose où ?
- Je ne vais plus nulle part.
Elle se lève, met son gilet et sort.
Le serveur pose le café.
- Aujourd'hui, je représente quoi ?
- Une chaise vide.
Arrivé chez lui, il pose ses clés sur le meuble.
- Qu'as-tu fait mon chéri ?
Il sourit.
Il se demande s'il est ou non un souvenir pour quelqu'un.
L'incident est clos.
Alors je ferme, moi aussi, la porte des souvenirs
Disparaître "assez".
L'Oublié
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"La lumière rejoint"
- Ne raccroche pas ! pas question.
Reste au bout de mon fil le plus longtemps possible.
Il se déplace... et moi je pense que tu n'as jamais été rien...
Aujourd'hui, je lui parle... vite... comme on court derrière un train qui quitte le quai... tu t'éloignes... tu t'éloignes... et pourtant la lumière te rejoint...
Reviens... ne me quitte plus... regarde-moi encore... et encore... plus...
Toujours se regarder. Ne rien fixer au loin.
61 ans.
Et toujours l'impossible que je combats.
61 ans.
Et tout est encore à faire.
61 ans
Et nous sommes deux à creuser. Deux fissurés.
Nous avons fait le tour. Et l'on se rejoint.
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