"Il faut, écrivait, H Bellenger, que dès son jeune âge, l'enfant passe, alternativement, de l'école à l'atelier afin qu'il puisse, de bonne heure, gagner sa vie, en même temps, qu'il développera son esprit par l'étude et la pensée "
"Le but de cet enseignement est de réaliser l'égalité sociale en formant des ouvriers intellectuels qui se délasseront de leur travail de "producteurs" en cultivant les arts, les lettres et les sciences. Quant à sa base, c'est exclusivement la méthode expérimentale ou scientifique, celle qui part toujours de l'observation des faits, quelle qu'en soit la nature : physiques, moraux intellectuelles." Le Vengeur N°10
Le journal officiel du douze mai publie un texte signé : Amouroux, Arnould, Clémence, Géraldine, Lefrançais : "Les principes de l'école nouvelle et leur application".
"La somme des connaissances humaines est un fonds commun dans lequel chaque génération a le droit de puiser, sous la seule réserve d'accroître le capital scientifique accumulé par les âges précédents au bénéfice des générations à venir. L'instruction est donc le droit absolu pour l'enfant, et sa répartition un devoir impérieux pour la famille ou à défaut, pour la société. Seule l'instruction rend l'enfant, devenu homme, réellement responsable de ses actes envers ses semblables. Comment, en effet, exiger l'observation des lois, si les citoyens n'en peuvent pas même lire le texte ? Mue par ces principes indiscutables, la Commune de Paris organisera l'enseignement public sur les bases les plus larges possibles. Mais elle a dû d'abord veiller à ce que, désormais, la conscience de l'enfant fût respectée, et rejeter de son enseignement tout ce qui pourrait y porter atteinte. L'école est un terrain neutre, sur lequel tous ceux qui aspirent à la science se doivent rencontrer et se donner la main. C'est surtout dans l'école qu'il est urgent d'apprendre à l'enfant que toute nos conception philosophique doit subir l'examen de la raison et de la science. La Commune ne prétend froisser aucune foi religieuse, mais elle a pour devoir strict de veiller à ce que l'enfant ne puisse pas à son tour être violenté par des affirmations que son ignorance ne lui permet de contrôler et d'accepter librement. Apprendre à l'enfant à aimer et à respecter ses semblables, lui inspirer l'amour de la justice, lui enseigner également qu'il doit s'instruire en vue de l'intérêt de tous tels sont les principes de morale sur lesquels reposera désormais l'éducation publique communale."
Erreur : "La 1re erreur de la Commune, celle dont toutes les autres découlèrent, fut de se constituer beaucoup trop en gouvernement, de considérer comme une assemblée souveraine ordinaire, et de vouloir légiférer, agir, en vertu de son exclusive initiative, quand elle n'aurait dû se considérer que comme "le pouvoir exécutif" du peuple de Paris. En se réunissant en séance au secret où le peuple ne penetrait point, en ne publiant pas même au début le compte rendu de ces discussions, elle s'isola, et son isolement permit à quelques personnalités d'exercer une influence prépondérante sur l'assemblée, donna une importance qu'elles n'auraient jamais dû avoir aux opinions privées, aux tempéraments individuels de ses membres. Si nous étions restés sous l'œil du peuple, si nous avions introduit parmi nous le grand courant de l'opinion publique, toutes ces différences se seraient noyées dans ce courant. Nous n'eussions eu qu'à dégager les aspirations, les volontés de la foule, qu'à les traduire en faits, et le désaccord entre nous eût été 100 fois moins marqué, puisque tous nous étions les serviteurs dévoués du peuple, puisque tous nous ne cherchions que son salut, son triomphe."
"Histoire populaire et parlementaire de la commune." Arthur Arnould
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire