Action d'intervenir, de s'ingérer, de se mêler d'une affaire,
de prendre parti dans un conflit, dans une discussion, dans un différend.
Intervention armée : action par laquelle un Gouvernement interpose sa médiation,
défend ses intérêts ou impose sa volonté, par le recours aux armes. La
non-intervention est un système politique par lequel les gouvernements
s'abstiennent dans les affaires intérieures des autres gouvernements.
"Tout abandon de principes aboutit forcément à une défaite" Elisée Reclus "Le dialogue, c'est la Mort" L'injure sociale
jeudi 21 mai 2020
INTERRUPTION n. f. encyclopedie anarchiste de Sébastien Faure
En rhétorique, figure par laquelle on suspend le
développement d'un ordre d'idées, pour aborder un ordre d'idées différent.
Action d'interrompre, d’arrêter l'exécution d'un travail quelconque ; se livrer
à de fréquentes et maladroites interruptions. A chacun de nous l'occasion
s'est, maintes fois, présentée d'assister, au sein de réunion publiques, à l'exposé
d'une thèse qui ne recueillait point l'unanimité des suffrages et pour laquelle
d'ailleurs, bien souvent, l'orateur n'usait pas que d'arguments empreints d'une
parfaite loyauté. D'autres fois, il s'agissait simplement d'un sujet dont le
développement allait absolument à l'opposé du but que nous nous sommes assignés
et dont les conclusions se heurtaient à celles que nous tirons habituellement
de nos propres théories. Avouons-le : il faut, dans ces circonstances, un
certain courage et une grande maîtrise de soi pour que, dès que retentit à nos
oreilles le son de cloche différent de celui dont nous avons peut-être trop
tendance à nous bercer, l'interruption, parfois brutale et rarement réfléchie,
ne jaillisse pas de nos lèvres ! Trop d'individus, hélas, sont dogmatiquement
imbus de leurs idées et, sans doute, par une survivance, même chez les plus
apparemment affranchis, de l'esprit religieux, intolérant par essence, ils ne
sauraient admettre qu'une idée contraire, par conséquent au premier abord
hétérodoxe et condamnable, naisse dans le cerveau d'autrui. Ce travers, -
disons-le : cette tare, - nous la rencontrons tout naturellement et au plus
haut degré de virulence chez les partisans des doctrines autoritaires, chez ces
individus qui, une Bible blanche, tricolore ou rouge en mains, se croient
autant de papes détenant, à eux seuls, la totale Vérité que leur a révélée
l'Eglise dont ils sont les dociles et farouches fidèles !... Malheureusement
nous devons à la vérité de déclarer que cette détestable intolérance, ce
répugnant sectarisme, si nuisible à notre propagande et dont eurent à souffrir
quelques-uns de nos meilleurs militants, n'est pas absolument banni de nos
milieux libertaires et, trop souventes fois, il nous fut pénible de constater,
dans certaines assemblées, l'hostilité irraisonnée et systématique de camarades
à l'égard de conférenciers qui, pour être en désaccord profond avec la grande
Doctrine de Vie qui est nôtre, n'en méritaient pas moins, parce que courtois et
sincères, d'être entendus jusqu'au bout. Nous éviterons donc, en toute occasion
et étant entendu que nous aurons devant nous un contradicteur loyal,
l'interruption intempestive et grossière, toujours impuissante à traduire un
sentiment noble, une idée saine et juste et, même en présence du plus insipide
des rhéteurs, du plus agaçant des verbomanes, sachons faire montre d'indulgence
et de dignité en écoutant, avec calme, la démonstration de l'adversaire. Nous
aborderons ensuite la tribune avec la ferme volonté de nous faire respecter, à
notre tour, et d'autant plus conscients de la noblesse de notre tâche que pour
la vulgarisation de l'Idéal dont nous sommes pénétrés point ne nous est besoin
de recourir à l'obstruction et à la violence.
-A. BLICQ
INTERPOLATION n. f. Encyclopedie anarchiste de Sébastien Faure
Action d'interpoler, c'est-à phrase, d'un passage. Les œuvres
des auteurs anciens ont, pour la plupart, été interpolées ; les manuscrits des
auteurs profanes n'ont pas été plus respectés que ceux des écrivains sacrés. Si
l'on peut appeler interpolations les variantes introduites dans les anciens
poèmes grecs, avant l'invention de l'écriture, l'Iliade et l’Odyssée en
fourmillaient, et la critique moderne est d'avis que des épisodes et des chants
entiers de l'Iliade sont de vastes interpolations. « Chez les premiers
chrétiens, dit M. Alfred Maury, l'habitude d'altérer les écrits des auteurs,
d'en supposer même qui leur étaient étrangers, fut générale ». L'ancien et le
nouveau Testament sont remplis d'interpolations. Dans l'ancien, les prophéties
ne sont guère que des additions faites après l'événement. Dans les Evangiles,
on ne compte plus les interpolations, tant elles sont nombreuses et, parfois,
maladroites. Ces livres n'ont, pour ainsi dire, été composés qu'à l'aide de
retouches et modifications successives. Dans les Antiquités Judaïques,
l'historien Flavius Josephe n'avait pas fait mention de Jésus-Christ. Comme il
était extraordinaire que Josephe, si parfaitement au courant de tout ce qui
concernait la Judée, à l'époque du Christ et presque contemporain de ces
événements n'eut pas parlé de Jésus, de sa mission, ni de sa mort, les
chrétiens du IIème et du IIIème siècle ont intercalé, au Livre XVIII des
Antiquités Judaïques tout un paragraphe d'une dizaine de lignes, destiné à combler
cette lacune. C'est un exemple, entre cent autres, des audacieuses
interpolations qu'ont subies les œuvres sur l'autorité desquelles l'Eglise
catholique s'appuie et fait reposer sa doctrine.
INTERPELLATION n. f. (du latin interpellare) encyclopedie anarchiste de Sébastien Faure
Action d'interpeller. Question que pose un parlementaire à un
ministre. Le droit d'interpellation existe dans tous les pays où fonctionne le
régime représentatif. Dans les pays de Dictature ou de Gouvernement absolu,
dans ceux où, par suite des circonstances, les garanties dites
constitutionnelles sont suspendues, ce droit est aboli ou provisoirement
supprimé. Il arrive fréquemment que, loin d'être gêné par une interpellation,
un Gouvernement provoque lui-même le dépôt d'une demande d'interpellation, soit
pour se débarrasser d'une campagne de presse, soit pour calmer un commencement
d'agitation, soit pour couper court à une information de nature à indisposer
contre lui ses partisans ou ses adversaires. Dans ce cas, le vote est acquis
d'avance, conforme aux désirs et aux intérêts du Pouvoir existant. Par contre,
lorsqu'une interpellation est embarrassante pour le Gouvernement en exercice,
quand elle est susceptible d'aboutir à un vote hostile de nature à mettre en
minorité le Ministère, celui-ci a coutume de recourir, pour éviter sa chute, à
une série d'expédients et de manœuvres bien connues, tels que l'ajournement
sine die de l'interpellation, son inscription à la suite, sa discussion après
enquête administrative ou judiciaire, son renvoi dans l'attente de
renseignements précis. L'interpellation est, pour les parlementaires, qui n'en
ignorent pas l'inutilité, un moyen d'attirer sur leurs personnes et de gagner
au Parti dont ils sont membres la sympathie des électeurs. Comme tout ce qui
fait partie du mécanisme parlementaire, l'interpellation n'est qu'un des
multiples rouages de l'appareil gouvernemental. Ce rouage ne vaut ni plus ni
moins que les autres. Quand elle concerne un événement important, quand elle
est appelée à engager lourdement la responsabilité des Gouvernants et lorsque,
par voie de conséquence, elle risque de compromettre le prestige des Maîtres,
d'ébranler la solidité du régime ou de soulever la conscience populaire contre
les agissements criminels de la classe dirigeante, l'interpellation aboutit,
neuf fois sur dix, à la nomination d'une Commission d'Enquête, chargée de faire
la lumière, d'établir les responsabilités engagées et conclure à des sanctions.
Il arrive, alors, que ladite Commission, après avoir constitué son bureau, fasse
mine de se mettre sérieusement à la besogne. Elle paraît, les premiers jours,
animée des intentions les plus louables et résolue à poursuivre activement le
cours de ses travaux ; puis, de jour en jour, son zèle se ralentit, ses séances
s'espacent, le silence se fait ; on n'en entend plus parler : d'autres
événements font perdre de vue ceux qui ont motivé l'enquête ; c'est ce qu'on
appelle : « un enterrement de première classe ». Au surplus, tous les travaux
parlementaires n'aboutissent-ils pas au même résultat ?...
INTERNEMENT n. m. Encyclopedie anarchiste de Sébastien Faure
Fait d'interner une personne. Se dit spécialement des asiles
d'aliénés. La loi de 1838 a eu pour but de protéger les personnes contre les
internements arbitraires. Elle le fait mieux que la loi de 1790, mais elle
remplit encore très mal son but et il a été souvent question de la réviser.
L'internement arbitraire dans les asiles publics d'aliénés est rare. Ces
établissements sont gratuits et réservés en principe aux indigents ; personne
n'a donc intérêt à y séquestrer des gens dont l'état de folie est contredit par
les observations. Cependant, de temps en temps, il y a des affaires
d'internement de personnes qui ne sont pas folles ; du moins au sens littéral
du terme, car il n'y a pas de frontière très nette entre la raison et la folie.
De la raison absolue à la folie pure, il y a toute une gamme d'états
intermédiaires. Lorsque le demi ou le quart de fou se tient tranquille et garde
pour lui ses impressions, il reste en liberté, s'il n'a pas d'argent ; il faut
ajouter cette restriction. S'il s'attaque à des gens du commun, il pourra
encore rester libre ; car il est assez difficile de faire intervenir le
commissaire de police quand le présumé fou ne cause pas de scandale public :
cris par la fenêtre, projections d'objets, coups et blessures aux tiers,
tentative de suicide, etc. Mais si le déséquilibré s'attaque aux puissants :
lettres de menace au Président de la République, aux parlementaires, cris
devant l'Elysée, attentats, etc., l'internement est certain. Dans les asiles
privés, l'internement arbitraire est beaucoup plus fréquent. Là, le médecin a
tout intérêt à conserver le vrai ou le faux malade pour lequel on le paie très
cher. Le plus souvent, c'est la famille qui fait interner. Un vieux père, une
vieille mère sont encombrants ; on veut s'en débarrasser par un moyen légal.
Rien de plus facile. Le médecin ami est là et il fera le certificat exigé par
la loi. Les éléments ne lui manqueront pas. Quel est le vieillard qui n'a pas
d'affaiblissement de la mémoire ? S'il n'y a pas de troubles mentaux on en
forge aisément les symptômes : la moindre singularité, un chapeau mis de
travers, une robe qui n'est pas à la mode, une façon particulière d'essuyer son
couvert, tout cela est porté sur le certificat, et le médecin de l'asile privé
gardera le malade : il touche pour cela. Le certificat de folie est la lettre
de cachet moderne. Les familles s'en servent pour se délivrer d'un membre
gênant : jeune fille trop sensuelle, jeune homme prodigue, épouse ou époux dont
on convoite la fortune, vieillard qui tarde à mourir, etc. Toute l'horreur de
la société capitaliste a ses effets à la maison de santé privée. Il y a bien la
visite du Procureur de la République ; que vaut-elle au juste comme garantie?
C'est difficile à savoir. Il faut compter avec l'égoïsme humain, et puis
n'importe qui a l'air d'un fou lorsqu'il est interné dans un asile.
L'internement, d'ailleurs, n'a pas pour effet d'arranger l'esprit. Non que la
folie soit à coup sûr contagieuse, mais le désespoir qui résulte de
l'internement, le fait d'être dans une détention pire que la prison, puisqu'on
n'en connait pas le terme, suffit pour abattre les plus forts. La loi sur les
aliénés est archaïque ; il faut la remanier. Le système anglais dit de l'open
door (la porte ouverte), serait un grand progrès. Tout malade qui n'est pas
absolument dangereux, et c'est le cas de la plupart, aurait la faculté de
sortir de l'asile pour se promener. Il devrait même pouvoir vivre en partie de
la vie normale en exerçant par exemple une profession. L'internement arbitraire
subsisterait néanmoins. Celui qui le veut trouver toujours le moyen de tourner
la loi. On dira, de la personne dont on veut se débarrasser, qu'elle est
dangereuse. L'internement arbitraire ne disparaîtra que lorsque personne n'y
aura plus intérêt, c'est-à-dire après la disparition de l'argent et de la
société capitaliste.
- Doctoresse PELLETIER.
dimanche 10 mai 2020
Genèse d’une mythologie les prémisses philosophiques de la révolution Par Rémi Fontaine
de l’action familiale et scolaire association catholique proche du front
national à l’époque.
Albert de Mun :
« La révolution est une
doctrine qui prétend fonder la société sur la volonté de l’homme, au lieu de la
fonder sur la volonté de Dieu ».
Gustave Thibon :
« Nous avions appris que les
essences sont déterminées et que les actes, les évènements sont contingents. On
nous enseigne le contraire, à savoir que la nature humaine (s’il est permis d’employer
encore ce mot) est foncièrement contingente. Indéterminée, malléable tandis que
les évènements sont nécessaires et qu’ils nous « informent », nous re-créent
sans cesse. Pour ces pseudos-métaphysiciens, tout est obscur dans l’homme (son
être, qu’on ne définit jamais, se dissout dans l’économique et le social) mais
tout est clair dans l’histoire. Nous ne savons pas qui nous sommes mais nous
savons où le temps nous mène. C’est le chemin qui crée, non seulement le but,
mais le voyageur lui-même.
Dans cette conception, ce n’est
plus l’homme qui fait l’histoire, c’est l’histoire qui fait l’homme. Le temps n’est
plus un canevas à remplir, un instrument offert à l’homme pour déployer sa
liberté, c’est-à-dire pour réaliser son destin temporel et préparer son destin
éternel ; non, c’est l’homme qui est l’instrument du temps, la matière
informe et chaotique qui reçoit sa forme et sa fin de ce démiurge. L’histoire,
ainsi érigée en acte pur et en puissance créatrice, ressuscite à son profit les
plus sombres idolâtries des âges barbares ; dans cette perspective, tous
les sacrifices humains sont permis et exigés ; pourvu que le char divin
poursuive sa course lumineuse, qu’importe les êtres obscurs broyés par ees
roues ! Si, en effet, tout le vrai et tout le bien résident dans l’avenir,
les pires horreurs du présent se trouvent justifiées : est bon tout ce qui
conduit à cet avenir, tout ce qui est conforme « au sens de l’histoire »
(Sens et non-sens de l’historicisme, itinéraires n°5, juillet-août 1956)
Max Stirner :
« Ce n’est pas de l’état que
nous tenon des droits, nous les tenons de la propre puissance de notre moi. Et
mon droit va jusqu’où va ma puissance. Tout ce que je puis acquérir par ma
puissance, j’y ai droit ».
Spinoza :
« Le but de l’instauration d’un
régime politique n’est pas dans la domination ni la répression des hommes, :ni
leur soumission au joug d’un autre. Ce à quoi l’on a visé par un tel système, c’est
à libérer l’individu de la crainte, de sorte que chacun vive, autant que
possible, en sécurité ; en d’autres termes, qu’il conserve au plus haut
point son droit naturel de vivre et accomplir une action ( sans nuire à
soi-même ni à autrui). Non, je le répète, le but poursuivi ne saurait être de
transformer des hommes raisonnables en bêtes ou en automates ! Ce qu’on a
voulu leur donner, c’est bien plutôt la pleine latitude de s’acquitter dans une
sécurité parfaite des fonctions de leur corps et de leurs esprits. Après quoi,
ils seront en mesure de raisonner librement, ils ne s’affronteront plus avec
les armes de la haine, de la colère, de la ruse, et ils se traiteront
mutuellement sans injustice. Bref, le but de l’organisation politique, c’est la
liberté ! (Spinoza, traité théologico-politique, XX) ».
Maritain :
« Dieu social immanent, moi
commun qui est plus moi que moi-même, en qui je me perds pour me retrouver et
que je sers pour être libre, voilà un curieux exemple de mysticisme frauduleux.
Remarquez comment Jean-Jacques explique que le citoyen soumis à une loi contre
laquelle il a voté demeure libre, et continue à n’obéir qu’à lui-même : on
ne vote pas, dit-il, pour donner son avis, on vote pour que soit obtenue, par
le calcul des voix, une manifestation de la volonté générale, que chacun veut
avant tout, puisque c’est par elle qu’il est citoyen et libre : « quand
donc l’avis contraire au mien l’emporte, cela ne prouve pas autre chose sinon
que je m’étais trompé et que ce que j’estimais être la volonté générale ne l’était
pas. Si mon avis particulier l’eût emporté, j’aurais fait autre chose que ce
que j’aurais voulu ; c’est alors que je n’aurais pas été libre. » Que
nous offre-t-il ici, sinon une transposition absurde du croyant qui, en
demandant dans la prière ce qu’il estime convenable, demande et veut cependant
avant tout que la volonté de Dieu soit faite ? Le vote est conçu par lui
comme une espèce de rite déprécatoire et évocatoire adressé à la volonté
générale ».
Jean Cau :
« Le nouveau Dieu s’appelle
socialisme. Il est de ce monde. Il meurt à chaque fois qi’il installe son
règne. L’incarnation le tue. Il n’existe-divinisé-que là où il continue d’être
espérance ».
Marcel de Corte :
« Le principe égalitaire sur
quoi se fonde la démocratie moderne s’évanouit dès qu’elle se met à
fonctionner. Immédiatement avant et immédiatement après l’accomplissement du
rite du suffrage universel égal pour tous, il n’y a plus de démocratie :
pareille au naturel, la hiérarchie, expulsée par la porte, revient par la
fenêtre. Il n’y a pas égalité entre ceux qui possèdent les moyens financiers et
matériels de la propagande et les citoyens qui la subissent bénévolement ou
non. Il n’y a pas d’égalité entre le peuple et ses représentants et ses
ministres. Il n’y a pas égalité entre la majorité et la minorité. La démocratie
est en réalité une « aristocratie » camouflée. Dès qu’elle s’organise,
elle disparait et se mue en son contraire ».
vendredi 8 mai 2020
La trinité du mal de Vladimir Volkoff
En 1921, Lénine écrit au
commissaire du peuple à la justice :
« Camarade Koursky, d’après
moi il faut étendre l’application de la fusillade…Pour compléter notre conversation, je vous envoie une esquisse
d’un paragraphe complémentaire du code pénal…la pensée de base, j’espère, est
claire, malgré tous les défauts du brouillon : il faut exposer ouvertement
une position véridique du point de vue des principes et de la politique (et non
pas étroitement juridique), de façon à motiver l’essence et la justification de
la terreur, sa nécessité, ses limites. La justice ne doit pas supprimer la
terreur (promettre cela serait tromper ou se tromper) mais la fonder et la
légitimer en principe, clairement, sans faux-fuyants ni ornements. La
formulation doit être le plus large possible. »
« Nous devons répartir les
privations de manière à sauvegarder le gouvernement prolétarien. Cela est notre
seul principe. »
« Le monopole du pain, les
tickets de pain, la corvée généralisée, voilà ce qui, dans les mains des
soviets tout-puissants, est le meilleur moyen de compter et de contrôler…Ce
moyen de contrôler et de forcer à travailler est bien plus fort que les lois de
la convention et sa guillotine…La guillotine ne faisait qu’effrayer, que briser
les résistances actives. Nous voulons plus. Nous voulons plus. Nous ne devons
pas seulement effrayer les capitalistes de manière qu’ils sentent la
toute-puissance du gouvernement prolétarien et ne songent même plus à lui
opposer une résistance active. Nous devons briser aussi la résistance passive,
qui est indéniablement encore plus redoutable et nuisible…
Et nous en avons le moyen…Ce moyen, c’est le monopole du pain, les tickets de pain, la corvée généralisée. »
Et nous en avons le moyen…Ce moyen, c’est le monopole du pain, les tickets de pain, la corvée généralisée. »
« Serait-ce justement parce
qu’il n’est pas cabotin, pas mégalomane, pas infatué de lui-même, pas sadique,
pas véritablement ambitieux, et que cependant il mentait , il
s’infiltrait, il tyrannisait, parce
qu’il torturait sans être un tortionnaire, qu’il fusillait sans être un
fusilleur, qu’il n’aimait rien, ne croyait en rien, n’espérait rien qui le
dépassât , que les innombrables volumes de son œuvre ne sont que poussière
attendant qu’on souffle dessus pour s’évanouir, que ses pensées se volatilisent
dès qu’on y touche, qu’il n’eut pas d’enfants, peut-être pas de femme, que son
petit pied n’a presque pas pesé sur cette terre qu’il a consumée de son
souffle, qu’il ne fut à tout prendre qu’une stratégie et peut-être même qu’une
tactique, un génie, c’est entendu, mais le génie de quoi ? Serait-ce du
Néant ? Comment tue-t-on le Néant ? »
Trotski à propos de Lénine :
« L’organisation du parti
prend la place du parti lui-même ; le comité central prend la place de
l’organisation ; et finalement le dictateur prend la place du comité
central. »
« Lénine lui-même était
parfaitement conscient du fait que les bolchéviks « n’étaient pas
l’expression du peuple mais se cherchaient des clients parmi le peuple ».
Ce n’est pas pour rien qu’Akimov, le fameux Akimov, avait remarqué que dans les
écrits de Lénine, le prolétariat était toujours au génitif, jamais au
nominatif, donc toujours traité comme complément, jamais comme sujet. La
révolution aurait-elle été conçue et faite au nom d’un socialisme
abstrait ?
Sommé par Boukharine de définir
ce qu’il entendait par socialisme, Lénine répondit
évasivement : « les matériaux permettant de caractériser le
socialisme n’existent pas encore. Les briques avec lesquelles le socialisme
sera construit ne sont p s
encore cuites. » C’était dire que socialisme n’était pour lui qu’un
mot creux, qu’on remplirait, le moment venu
de ce qui tomberait sous la main. Lénine, à la veille d’octobre,
déclarait : « le but de l’insurrection est de s’emparer du
pouvoir ; après nous verrons ce que nous pourrons en faire. »
Inscription à :
Articles (Atom)