"Tout abandon de principes aboutit forcément à une défaite" Elisée Reclus "Le dialogue, c'est la Mort" L'injure sociale
mardi 7 novembre 2017
BATELEUR Encyclopedie Anarchiste
Au sens propre, on désigne sous le nom de bateleur la personne qui amuse le public, en plein vent, par des bouffonneries, des tours de force et d'adresse. Au sens figuré, le mot est employé pour désigner les politiciens et charlatans parlementaires qui s'efforcent de surprendre la bonne foi un peu naïve du peuple en lui promettant la lune ou en essayant de l'embrigader dans un parti. Ces bateleurs-là sont dangereux. Ce sont de vils commerçants dont le seul but est de duper leurs clients, en l'occurrence les électeurs. Leur échine souple leur permet toutes les volte-face. Leur manque de scrupules leur permet tous les reniements. Seule leur importe la satisfaction de leur ambition. La foule n'est pour eux qu'un tréteau qu'ils renverseront du pied quand ils se jugeront assez haut arrivés. Ils n'estiment dans le peuple qu'un instrument docile qu'ils arrivent, avec un peu de doigté, à manier au mieux de leurs intérêts. Certains, moins crédules que les autres, sourient en voyant les
bateleurs développer leurs boniments. Il ne faut pas sourire, car l'arrivisme néfaste de ces intrigants est trop souvent la cause des pires catastrophes. Il faut les chasser du forum comme des malfaiteurs sociaux.
BÂTARD Encyclopédie Anarchiste
Se dit de celui qui est né de parents non mariés ensemble. Jusqu'à nos jours ― et même à l'heure actuelle ― le bâtard a dû subir d'innombrables vexations. Il fut toujours mis en état d'infériorité et dépouillé de ses droits en faveur de l'enfant légitime. La société, cette marâtre, qui hait les indépendants, se vengeait sur des innocents du « crime » commis par ceux qui avaient trouvé bon de s'aimer et d'enfanter sans le concours des chinoiseries religieuses ou légales. Ce sont les grands révolutionnaires de 1789 qui mirent les bâtards sur le même pied que les enfants légitimes. Mais, de nouveau, le Code civil favorise les enfants légitimes pour « sauvegarder lès institutions familiales », La IIIe république a quelque peu amélioré la situation en réagissant contre les tendances du Code civil. Toutefois, il n'en reste pas moins que, de nos jours encore, le bâtard est victime d'une sorte de discrédit moral ― et parfois matériel. Il importe de réagir contre cet absurde
discrédit, conséquence des préjugés ancestraux.
BASTILLE Encyclopedie Anarchiste
Autrefois une bastille était un ouvrage détaché de fortification. Puis le mot a servi à désigner un château fort et est enfin devenu célèbre en tant que nom de l'ancienne prison d'État de Paris. La Bastille, construite à Paris, à la porte Saint-Antoine, fut commencée sous Charles V par le prévôt Hugues Aubriot en 1370, et terminée en 1382. Elle devint bientôt une prison d'État qui reçut, entre autres détenus illustres : Jacques d'Armagnac, Bassompière, Foucquet, L'Homme au Masque de Fer, la marquise de Brinvilliers, le duc d'Orléans, Voltaire, Laly-Tollendal, Latude, etc...
Cette forteresse ne tarda pas à devenir le symbole de l'absolutisme royal et du régime du bon plaisir. Aussi fut-elle prise d'assaut et
détruite, le 14 juillet 1789, par le peuple de Paris en révolution. Le 14 juillet 1789 est certainement une des plus belles journées révolutionnaires du monde entier.
détruite, le 14 juillet 1789, par le peuple de Paris en révolution. Le 14 juillet 1789 est certainement une des plus belles journées révolutionnaires du monde entier.
Plus tard, en 1880, le gouvernement français, pour mieux berner le peuple dit « souverain », choisit comme fête nationale le 14 juillet, jour anniversaire de la prise de la Bastille. Ainsi a-t-il fallu que le souvenir de cette journée glorieuse soit sali chaque année par une mascarade politicienne.
Par extension, le mot bastille sert aujourd'hui à désigner une prison quelconque, un moyen d'asservissement.
BASSESSE Encyclopedie Anarchiste
r
Au sens propre, le mot bassesse sert à désigner le manque d'élévation dans le rang, dans la position. C'est ainsi que les aristocrates reprochent aux individualités issues du peuple la bassesse de leur naissance.
Mais le mot est beaucoup plus employé dans son sens figuré où il sert à désigner la petitesse d'esprit, le manque de dignité. Exemple : la bassesse de caractère des politiciens. Il faut mépriser les gens dont on devine la bassesse morale. Car ce sont ceux-là qui entravent toute action désintéressée, toute réalisation généreuse. Malheureusement, il existe beaucoup de ces individus méprisables qui ne savent que courber l'échine ou faire des platitudes, qui subordonnent tout à leur ambition, à leur soif d'argent ou encore, à leur désir de tranquillité. La lâcheté de ces individus est responsable de presque toutes les calamités car elle renforce la puissance des oppresseurs. Il n'est pas de pires ennemis pour les classes laborieuses que ces esclaves qui se font les chiens de garde
des exploiteurs ou qui ne savent qu'approuver la conduite du maître. Les anarchistes doivent combattre sans répit la bassesse morale qui fait de constants ravages dans les rangs des opprimés.
Pour que soit prochaine la libération de l'humanité, il faut inoculer au peuple tout entier le sérum de la générosité et de la dignité humaine.
Au sens propre, le mot bassesse sert à désigner le manque d'élévation dans le rang, dans la position. C'est ainsi que les aristocrates reprochent aux individualités issues du peuple la bassesse de leur naissance.
Mais le mot est beaucoup plus employé dans son sens figuré où il sert à désigner la petitesse d'esprit, le manque de dignité. Exemple : la bassesse de caractère des politiciens. Il faut mépriser les gens dont on devine la bassesse morale. Car ce sont ceux-là qui entravent toute action désintéressée, toute réalisation généreuse. Malheureusement, il existe beaucoup de ces individus méprisables qui ne savent que courber l'échine ou faire des platitudes, qui subordonnent tout à leur ambition, à leur soif d'argent ou encore, à leur désir de tranquillité. La lâcheté de ces individus est responsable de presque toutes les calamités car elle renforce la puissance des oppresseurs. Il n'est pas de pires ennemis pour les classes laborieuses que ces esclaves qui se font les chiens de garde
des exploiteurs ou qui ne savent qu'approuver la conduite du maître. Les anarchistes doivent combattre sans répit la bassesse morale qui fait de constants ravages dans les rangs des opprimés.
Pour que soit prochaine la libération de l'humanité, il faut inoculer au peuple tout entier le sérum de la générosité et de la dignité humaine.
vendredi 3 novembre 2017
Chateaubriand François-René
Essai
sur les révolutions Partie 2
« Outre la barrière
naturelle qui les protèges contre une force invasive, s'ils sont
insulaires , ou placés sur un continent éloigné, la superfluité
de leur population trouve sans cesse un écoulement au dehors, sans
demeurer en un état croupissant de stagnation dans l'intérieur. Le
reste des citoyens, occupés du commerce de la patrie, a peu le temps
de s'embarrasser de rêveries politiques. Là où les bras
travaillent, l'esprit est en repos ».
« Il semble qu'en
s'occupant du bien-être des autres, on s'en approprie quelques
petites parties. Nous vivons bien moins en nous que hors de nous. »
« Dans les contrées où
les hommes s'occupent exclusivement du commerce, les belles-lettres
sont ordinairement négligées ; l'esprit mercantile rétrécit
l'âme ; le commis qui sait tenir un livre de compte , ouvre
rarement celui du philosophe ».
« On ne cherche à sonder
l'avenir, que lorsqu'on souffre du présent ».
« La plus extrême
confusion se répandit alors en Grèce-France. Les uns, partisans de
la royauté, se réjouissoient en secret de l'approche des légions
étrangères ; d'autres, dont les opinions varient avec les
événements, commençoient de s'excuser de leur patriotisme passé ;
enfin, les amants de la liberté, exaltés par le danger des
circonstances , sentoient leur courage s'augmenter en proportion
des malheurs de la patrie, et je ne sais quoi de sublime qui
tourmentoient leurs âmes ».
« Le serf persan devint la
proie du citoyen de la Grèce. Comment les républiques anciennes
subsistoient-elles ? Par des esclaves. Comment nos pères
barbares vivoient-ils si libres ? Par des esclaves. Il est même
impossible de comprendre sur quel principe une démocratie pourroit
s'établir sans esclaves. Ainsi nos systèmes modernes excluent de
fait toute république parmi nous. »
« Je ne dirai rien des
femmes : meilleures que nous , elles n'ont que la faiblesse
d'être ce que nous voulons qu'elles soient, la faute est à nous » .
« Et soyons sûrs, quoi
qu'on en publie, qu'il vaut mieux obéir à un de nos compatriotes
riche et éclairé, qu'à une multitude ignorante, qui nous accablera
de tous les maux ».
« Et qui cependant devait
prétendre plus que lui à la gratitude de ces concitoyens ? Il
y comptoit peu, ayant étudié les hommes . La reconnoissance
est nulle chez le trés-nécessiteux, parce que le sentiment du
premier besoin absorbe tous les autres ; elle existe quelquefois
comme vertu chez le mécanique pauvre, mais non indigent ; elle
se change en haine dans l'individu placé immédiatement un rang
au-dessous du bienfaiteur ; elle pèse aux philosophes ;
les courtisans l'oublient. Il suit delà qu'il faut faire du bien au
petit peuple par devoir , obliger l'artiste par satisfaction de cœur,
n'avoir qu'une extrême politesse avec les classes mitoyennes,
prêter seulement aux gens de lettres ce qu'ils peuvent exactement
vous rendre, et ne donner aux grands que ce qu'on compte jeter par la
fenêtre ».
« Je ne puis penser de
même ; cet air secret fait beaucoup de mal. Le peuple est un
enfant ; présentez lui un hochet dont il sorte des sons, si
vous lui en expliquez la cause, il le brisera pour voir ce qui les
produit. »
« Ainsi, hier une
république, aujourd'hui une monarchie, et demain encore une
république. Par le premier droit, dira-t-on , une nation courrait le
risque de tomber dans l'esclavage , comme à Athènes, si elle
n'avait le second pour se sauver. D'accord. Mais cette seconde
faculté ne livre-t-elle pas à la merci des factieux sans nombre,
qui ne vivent que dans les orages ? Des factieux qui,
connaissant trop le penchant inquiet de la multitude, lui
persuaderont incessamment que sa constitution du moment est la pire
de toutes, par cela même qu'elle en jouit ; et un éternel
carnage, et une éternelle révolution régneront sur les hommes »
« Pour moi qui, simple
d'esprit et de cœur, tire tout mon génie de ma conscience, j'avoue
que je crois en théorie au principe de la souveraineté du peuple ;
mais j'ajoute aussi que si on le met rigoureusement en pratique, il
vaut beaucoup mieux pour le genre humain redevenir sauvage, et
s'enfuir tout nu dans les bois. »
il
fait une liste de rois déchus, exilés et pourchassés :
« Dans
ce catalogue de misères, chacun pourra satisfaire le penchant de son
cœur : l'envie y verra des rois, la pitié des malheureux, et
la philosophie des hommes. »
« La vue de la misère
cause différentes sensations chez les hommes. Les grands,
c'est-à-dire les riches, ne la voient qu'avec un dégoût extrême ;
il ne faut attendre d'eux qu'une pitié insolente, que des dons, des
politesses, mille fois pires que des insultes ».
dimanche 29 octobre 2017
Amnesty International 4°partie
Espagne :
Tout
au long de l’année, les droits à la liberté d’expression,
d’information et de réunion ont été restreints de façon indue,
sur la base de modifications de la Loi relative à la sécurité
publique et du Code pénal qui avaient été adoptées en 2015. Le
5 février, Alfonso Lázaro de la Fuente et Raúl García Pérez,
deux marionnettistes professionnels, ont été maintenus en détention
pendant cinq jours après avoir joué un spectacle dans lequel,
notamment, une religieuse était poignardée, un juge était pendu,
et des policiers et des femmes enceintes étaient passés à tabac.
L’une des marionnettes brandissait également une pancarte avec le
slogan « Gora ALKAETA » (« Vive ALKA-ETA »).
Plusieurs personnes s’étant dites offusquées par le spectacle,
les marionnettistes ont été arrêtés et inculpés d’apologie du
terrorisme et d’incitation à la haine. En septembre, l’Audience
nationale a relaxé les deux hommes du chef d’apologie du
terrorisme, mais ils étaient toujours poursuivis pour incitation à
la haine à la fin de l’année.
En
avril, le ministre de l’Intérieur a engagé le Conseil général
du pouvoir judiciaire à prendre des mesures contre José Ricardo de
Prada, qui siège à l’Audience nationale. Lors d’une table ronde
organisée par le conseil municipal de Tolosa (province du
Guipúscoa), ce juge avait dit partager les préoccupations
d’organisations internationales de défense des droits humains, qui
s’inquiétaient des obstacles entravant l’efficacité des
enquêtes sur les affaires de torture en Espagne. En outre, le
ministère public a soutenu une requête introduite par l’Association
des victimes de terrorisme demandant qu’il soit dessaisi de deux
affaires pénales du fait de son manque présumé d’impartialité.
L’Audience nationale a rejeté les deux demandes de mesures à
l’encontre du magistrat en juin. En 2016, l’Audience nationale a
rendu 22 jugements de culpabilité contre 25 personnes
accusées d’apologie du terrorisme. La plupart de ces décisions
faisaient suite à l’opération « Araignée », axée
notamment sur l’interception de messages publiés sur les réseaux
sociaux. Entre avril 2014 et avril 2016, 69 personnes
ont été arrêtées dans le cadre de cette opération. Certaines ont
été détenues au secret, régime de détention dont l’utilisation
par l’Espagne a été critiquée par des organes des droits humains
de l’ONU, car le pays l’appliquait pendant une durée excessive
et en l’absence des garanties adéquates.
TORTURE
ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS
Des
cas de torture et d’autres mauvais traitements, notamment de
recours excessif à la force de la part d'agents de la force
publique, ont de nouveau été signalés tout au long de l’année.
Les enquêtes ouvertes sur les allégations de torture et d’autres
mauvais traitements n’étaient pas toujours efficaces ni
approfondies.7
En
janvier, le juge d’instruction chargé du dossier de Juan Antonio
Martínez González, mort à Cadix le 4 avril 2015 des suites
des blessures subies alors que des agents des forces de l’ordre le
maîtrisaient, a rendu sa décision. Il a conclu que rien ne venait
étayer les accusations portées contre les agents, soupçonnés
d’avoir eu recours à des moyens de contrainte interdits ou
outrepassé leurs prérogatives durant l’intervention.
A
la fin de l’année, un appel interjeté contre cette décision
devant le tribunal provincial de Cadix avait été déclaré
recevable. En mai, dans l’affaire Beortegui Martinez, la Cour
européenne des droits de l’homme a une nouvelle fois jugé que
l’Espagne avait enfreint l’interdiction de la torture et des
autres mauvais traitements, parce qu’elle n’avait pas enquêté
de façon efficace et exhaustive sur les allégations de tortures
infligées à des personnes détenues au secret. Il s’agissait du
7e arrêt en ce sens rendu contre l’Espagne. En mai, dans
l’affaire concernant Ester Quintana, qui a perdu un œil en
novembre 2012 après avoir été touchée par une balle en
caoutchouc tirée par la police autonome de Catalogne lors d’une
manifestation à Barcelone, deux policiers ont été jugés par le
tribunal provincial de Barcelone. À l’issue du procès, ils ont
tous les deux été acquittés, le tribunal n’ayant pas réussi à
identifier l’auteur du tir. En juillet, la Cour suprême a
partiellement annulé la déclaration de culpabilité prononcée par
l’Audience nationale contre Saioa Sánchez en décembre 2015.
Saioa Sánchez et deux autres accusés avaient été déclarés
coupables d’infractions terroristes par l’Audience nationale.
Dans le recours qu’elle avait présenté devant la Cour suprême,
Saioa Sánchez affirmait que l’Audience nationale avait refusé
d’enquêter pour savoir si les déclarations l’incriminant faites
par l’un des coaccusés, Iñigo Zapirain, avaient été extorquées
sous la contrainte. La Cour suprême a ordonné la tenue d’un
nouveau procès, demandant que soit respecté le Manuel pour enquêter
efficacement sur la torture et autres peines ou traitements cruels,
inhumains ou dégradants (Protocole d’Istanbul) afin d’évaluer
la véracité du témoignage d’Iñigo Zapirain. Cette décision
tenait compte des préoccupations exprimées par des organes
internationaux de protection des droits humains, qui s’inquiétaient
d’une certaine impunité, de l’inefficacité et du manque de
rigueur des enquêtes, ainsi que des problèmes de qualité et de
fiabilité des expertises médicolégales.
Etats-Unis
RECOURS
EXCESSIF À LA FORCE
Les
autorités ne tenaient toujours pas un décompte exact du nombre de
personnes tuées chaque année par des responsables de l’application
des lois, mais les informations recueillies dans la presse plaçaient
ce chiffre à près d’un millier de morts. Le ministère de la
Justice a proposé la mise en place, à partir de 2017, d’un
système de recensement de ces morts dans le cadre de la Loi sur la
déclaration des décès en détention. Toutefois, ce programme
n’aura pas de caractère obligatoire pour les organes chargés du
maintien de l’ordre. Les données recueillies pourraient ainsi ne
pas correspondre aux chiffres réels. D’après les quelques données
disponibles, les hommes noirs sont surreprésentés parmi les
victimes d’homicides imputables à la police. Au moins
21 personnes, dans 17 États, sont mortes après que des
policiers ont fait usage contre elles d’une arme à décharge
électrique, ce qui porte à au moins 700 le nombre de décès
intervenus dans ces circonstances depuis 2001. La plupart des
victimes n’étaient pas armées et ne représentaient manifestement
pas une menace de mort ou de blessure grave lorsque l’arme a été
utilisée.
DROITS
DES FEMMES
Les
Amérindiennes et les femmes autochtones de l’Alaska étaient
toujours 2,5 fois plus exposées que les autres femmes au risque
de subir un viol ou une autre forme d’agression sexuelle. Les
femmes autochtones demeuraient en butte à de fortes inégalités
dans la prise en charge en cas de viol, notamment en ce qui concerne
l’accès à des examens médicaux, à des « kits postviol »
(qui rassemblent des accessoires permettant au personnel médical de
recueillir des éléments de preuve) et à d’autres services de
santé essentiels. Les inégalités en matière d’accès des femmes
aux soins de santé sexuelle et reproductive, y compris la santé
maternelle, perduraient. Le taux de mortalité maternelle a augmenté
ces six dernières années ; le risque de mourir des suites de
complications liées à la grossesse était toujours quatre fois plus
élevé pour les Afro-Américaines que pour les femmes blanches. La
crainte de faire l’objet de sanctions pénales pour usage de
stupéfiants pendant la grossesse continuait de dissuader les femmes
appartenant à des groupes marginalisés de s’adresser aux services
de santé, notamment pour les soins prénatals. Toutefois, des
dispositions qui avaient aggravé celles de la loi du Tennessee sur
l’« agression contre le fœtus » sont venues à terme
en juillet, après une mobilisation réussie qui a permis d’éviter
qu’elles ne soient définitivement inscrites dans la législation
CONDITIONS
DE DÉTENTION
À
quelque période que ce soit, plus de 80 000 prisonniers
étaient détenus dans des conditions de privation physique et
d’exclusion sociale dans les prisons fédérales et les prisons
d’État de tout le pays. Le ministère de la Justice a publié en
janvier des principes directeurs et des recommandations visant à
limiter l’utilisation dans les prisons fédérales de la détention
à l’isolement et des régimes restrictifs – encadrés par
des règles différentes de celles appliquées au reste de la
population carcérale. Ces recommandations préconisent de placer les
détenus dans l’environnement le moins restrictif possible, de ne
pas laisser à l’isolement les personnes atteintes de maladie
mentale, et de restreindre fortement le recours à la détention à
l’isolement pour les mineurs.
Dans
ce numéro d'Amnesty International , même si le travail de
cette association est très impressionnant, je trouve dommage que
l'on ne parle pas de certaines choses.
Par
exemple, pour les Etats-Unis, on ne parle pas du racisme de la police
envers les noirs et tous les assassinats de la police. Cet oubli est
bien étrange
FRANCE
L’état
d’urgence a été prolongé quatre fois au cours de l’année à
la suite de plusieurs attaques violentes. Des mesures d’exception
ont restreint les droits fondamentaux de manière disproportionnée.
En octobre, les autorités ont démantelé un campement non autorisé
à Calais, où vivaient plus de 6 500 migrants et
demandeurs d’asile.
LUTTE
CONTRE LE TERRORISME ET SÉCURITÉ
Plusieurs
attaques violentes ont été commises au cours de l’année. Le
13 juin, un policier et sa compagne ont été tués à leur
domicile en région parisienne. Le 14 juillet, 86 personnes
ont trouvé la mort à Nice lorsqu'un homme a délibérément
précipité un camion dans la foule rassemblée pour célébrer la
fête nationale. Le 26 juillet, un prêtre a été assassiné à
l’intérieur de son église dans une ville de la banlieue de Rouen,
dans le nord-ouest de la France. Une semaine après l’attentat de
Nice, le Parlement a approuvé la prorogation jusqu’au 26 janvier
2017 de l’état d’urgence en vigueur depuis les attentats
terroristes coordonnés perpétrés en novembre 2015 à Paris. Le
15 décembre, le Parlement a une nouvelle fois reconduit l’état
d’urgence, jusqu’au 15 juillet 2017. L’état d’urgence
conférait au ministre de l’Intérieur et à la police des pouvoirs
exceptionnels. Il leur permettait de perquisitionner des logements
sans autorisation judiciaire et d’imposer à des personnes des
mesures de contrôle administratif restreignant leur liberté sur la
base d’éléments formulés de manière vague et qui restaient en
deçà du seuil requis pour l’ouverture d’une procédure pénale1.
En vertu de ces pouvoirs, les autorités ont procédé à plus de
4 000 perquisitions domiciliaires sans autorisation
judiciaire et elles ont pris des arrêtés d’assignation à
résidence contre plus de 400 personnes. À la date du
22 novembre, 95 personnes étaient soumises à une telle
mesure. Les mesures d’urgence ont restreint d’une manière
disproportionnée le droit de circuler librement et le droit au
respect de la vie privée. Le 10 juin, le Comité contre la
torture [ONU] a exprimé sa préoccupation à propos d’informations
faisant état d’un usage excessif de la force par la police au
cours de perquisitions administratives effectuées dans le cadre des
pouvoirs conférés par l’état d’urgence, et il a réclamé
l’ouverture d’enquêtes sur ces allégations. Le Parlement a
également adopté des dispositions législatives renforçant les
pouvoirs administratifs et judiciaires en matière de lutte contre le
terrorisme. Le chef de l'État a promulgué le 3 juin une loi
qui accorde au ministre de l’Intérieur le pouvoir de prendre des
mesures de contrôle administratif à l’encontre de personnes
supposées rentrer de zones de conflit et qui sont considérées
comme constituant une menace à la sécurité publique. Cette loi a
étendu le pouvoir des autorités judiciaires d’autoriser des
perquisitions domiciliaires à tout moment dans le cadre des enquêtes
sur des infractions liées au terrorisme. Par ailleurs ce texte a
érigé en infraction pénale la consultation régulière de sites
Internet considérés comme incitant au terrorisme ou faisant
l’apologie de tels actes, à moins qu’ils ne soient consultés de
bonne foi, à des fins de recherche ou pour d’autres raisons
professionnelles en vue d’informer le public. La définition vague
de l’infraction a accru le risque que des personnes fassent l’objet
de poursuites pour un comportement relevant de l’exercice légitime
de la liberté d’expression et d’information.
DROITS
DES RÉFUGIÉS ET DES MIGRANTS
Le
24 octobre, les autorités ont commencé à évacuer plus de
6 500 migrants et demandeurs d’asile qui vivaient à Calais
dans le camp informel connu sous le nom de « La Jungle » ;
cette opération a pris plusieurs jours. Les migrants et les
demandeurs d’asile ont été transférés dans des centres
d’accueil sur tout le territoire, où ils ont reçu des
informations à propos de la procédure de demande d’asile. Les
autorités n’ont pas mené de consultation en bonne et due forme
auprès des migrants et des demandeurs d’asile avant leur expulsion
du camp, et elles ne leur ont pas fourni non plus d’informations
préalables suffisantes. Des organisations de la société civile ont
exprimé leur préoccupation quant à la procédure suivie pour les
quelque 1 600 mineurs isolés qui vivaient dans le
campement. Les autorités françaises et britanniques devaient
examiner conjointement la situation de ces mineurs, en tenant compte
de leur intérêt supérieur, et envisager leur éventuel transfert
au Royaume-Uni afin qu'ils retrouvent des membres de leur famille.
Elles n’ont pas été en mesure d’enregistrer tous les mineurs
etcertains auraient été rejetés en raison de leur âge présumé,
sans être soumis à une évaluation approfondie. Le 2 novembre,
le Comité des droits de l’enfant [ONU] a exprimé sa préoccupation
à propos des mineurs de Calais laissés sans abri adéquat, sans
nourriture ni accès à des services médicaux lors du démantèlement
du camp. Environ 330 mineurs avaient été transférés au
Royaume-Uni à la mi-novembre. En raison du manque de capacités
d’accueil et de moyens pour enregistrer les demandes d’asile dans
la région parisienne, plus de 3 800 demandeurs d’asile
ont vécu dans des conditions dégradantes et dormi dans la rue dans
le 19e arrondissement de Paris jusqu’à ce que les autorités
les transfèrent, le 3 novembre, dans des centres d’accueil.
Le 29 novembre, les autorités ont rejeté la demande d’asile
d’un homme originaire du Kordofan du Sud, une région du Soudan en
proie à la guerre, et elles l’ont renvoyé de force dans son pays,
où il risquait d’être persécuté. Un autre Soudanais, originaire
du Darfour, qui risquait d’être renvoyé dans son pays d'origine
contre son gré, a été libéré le 20 novembre. Le
gouvernement s’est engagé à accepter 6 000 réfugiés
en vertu de l’accord sur le contrôle des migrations conclu entre
l’Union européenne et la Turquie, et à réinstaller
3 000 réfugiés en provenance du Liban. Le 9 décembre,
le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative, a
annulé le décret signé par le Premier ministre en septembre 2015,
qui autorisait l’extradition vers la Russie du ressortissant kazakh
Moukhtar Abliazov pour des infractions financières, au motif que
l’extradition de cet homme avait été demandée dans un but
politique.
LIBERTÉ
DE RÉUNION
Des
manifestations ont eu lieu régulièrement entre mars et septembre
pour protester contre le projet de réforme du Code du travail, qui a
été adopté en juillet. Une minorité de protestataires se sont
livrés à des violences et ont affronté la police.
Depuis
la quatrième prorogation de l’état d’urgence, en juillet 2016,
les autorités étaient expressément autorisées à interdire les
manifestations en arguant qu’elles n'étaient pas en mesure
d’assurer le maintien de l’ordre public. Des dizaines de
manifestations ont été interdites et plusieurs centaines de
personnes ont fait l’objet de mesures administratives restreignant
leur droit de circuler librement et les empêchant de participer à
des manifestations. La police a fait usage à plusieurs reprises
d'une force excessive contre des protestataires, notamment en les
chargeant violemment et en utilisant des grenades lacrymogènes ainsi
que des grenades de désencerclement et des balles en caoutchouc, qui
ont fait des centaines de blessés. DISCRIMINATION Cette année
encore, des Roms ont été expulsés de force de campements
informels, sans véritable consultation ni proposition de relogement.
Selon des organisations de la société civile, 4 615 personnes
ont été expulsées de force au cours des six premiers mois de
l’année. Le 13 juillet, le Comité des droits économiques,
sociaux et culturels [ONU] a appelé les autorités à donner un
délai de préavis suffisant à toutes les personnes concernées par
une décision d’expulsion forcée, et à leur proposer des
solutions de relogement. Le Parlement a adopté, en octobre, une
disposition législative relative à la reconnaissance juridique du
genre pour les personnes transgenres. Elle a mis en place une
procédure permettant aux personnes transgenres de solliciter la
modification de la mention du sexe à l'état civil sans avoir à
remplir aucune condition médicale. Elle imposait toutefois de
répondre à certains critères, par exemple un changement de prénom
ou une apparence physique conforme à leur identité de genre.
Plusieurs maires ont pris des arrêtés réglementant le port de
tenues de plage considérées comme contraires à l’hygiène et au
principe de laïcité et pouvant porter atteinte à l’ordre public.
Les autorités ont notamment pris des mesures pour interdire le port
d'une tenue de plage recouvrant totalement le corps et appelée
« burkini ». Le 26 août, le Conseil d’État a
suspendu l'interdiction du burkini dans la ville de
Villeneuve-Loubet, dans le sud de la France, qu’il n’a pas jugée
nécessaire au maintien de l'ordre public.
RESPONSABILITÉ
DES ENTREPRISES
L'Assemblée
nationale a adopté le 29 novembre une proposition de loi
obligeant certaines grandes entreprises françaises à mettre en
œuvre un « plan de vigilance » en vue de prévenir les
atteintes graves aux droits humains et les dommages environnementaux
résultant de leurs activités et de celles de leurs filiales, ainsi
que d’autres sociétés avec lesquelles elles entretiennent une
relation commerciale établie, et leur imposant des amendes en cas de
manquement à leurs obligations. De plus, toute insuffisance dans le
plan qui entraînerait des atteintes aux droits humains pourrait être
utilisée par les victimes pour réclamer des dommages intérêts à
la société responsable devant un tribunal français. Le texte était
en instance devant le Sénat à la fin de l'année.
COMMERCE
DES ARMES
En
juin, une famille palestinienne a déposé une plainte contre
l’entreprise française Exxelia Technologies pour complicité
d’homicide involontaire et de crimes de guerre dans la bande de
Gaza. Trois des fils de cette famille ont été tués en 2014 par un
tir de missile israélien visant leur maison à Gaza. Des
investigations ultérieures ont révélé qu’un composant de ce
missile avait été fabriqué par Exxelia Technologies. La France
restait le quatrième exportateur d’armes au monde, à destination
notamment de l’Arabie saoudite et de l’Égypte.
samedi 28 octobre 2017
Guy Debord Partie 4
« Dans son secteur le plus
avancé, le capitalisme concentré s'oriente vers la vente de blocs
de temps «tout équipés», chacun d'eux constituant une seule
marchandise unifiée, qui a intégré un certain nombre de
marchandises diverses. C'est ainsi que peut apparaître, dans
l'économie en expansion des «services» et des loisirs, la formule
du paiement calculé «tout compris», pour l'habitat spectaculaire,
les pseudo-déplacements collectifs des vacances, l'abonnement à la
consommation culturelle, et la vente de la sociabilité elle-même en
«conversations passionnantes» et «rencontres de personnalités».
Cette sorte de marchandise spectaculaire, qui ne peut évidemment
avoir cours qu'en fonction de la pénurie accrue des réalités
correspondantes, figure aussi bien évidemment parmi les
articles-pilotes de la modernisation des ventes, en étant payable à
crédit ».
« Cette époque, qui se
montre à elle-même son temps comme étant essentiellement le retour
précipité de multiples festivités, est également une époque sans
fête. Ce qui était, dans le temps cyclique, le moment de la
participation d'une communauté à la dépense luxueuse de la vie,
est impossible pour la société sans communauté et sans luxe. Quand
ses pseudo-fêtes vulgarisées, parodies du dialogue et du don,
incitent à un surplus de dépense économique, elles ne ramènent
que la déception toujours compensée par la promesse d'une déception
nouvelle. Le temps de la survie moderne doit, dans le spectacle, se
vanter d'autant plus hautement que sa valeur d'usage s'est réduite.
La réalité du temps a été remplacée par la publicité du temps »
« Comme autre côté de la
déficience de la vie historique générale, la vie individuelle n'a
pas encore d'histoire. Les pseudo-événements qui se pressent dans
la dramatisation spectaculaire n'ont pas été vécus par ceux qui en
sont informés ; et de plus ils se perdent dans l'inflation de leur
remplacement précipité, à chaque pulsion de la machinerie
spectaculaire. D'autre part, ce qui a été réellement vécu est
sans relation avec le temps irréversible officiel de la société,
et en opposition directe au rythme pseudo-cyclique du sous-produit
consommable de ce temps. Ce vécu individuel de la vie quotidienne
séparée reste sans langage, sans concept, sans accès critique à
son propre passé qui n'est consigné nulle part. Il ne se communique
pas. Il est incompris et oublié au profit de la fausse mémoire
spectaculaire du non-mémorable ».
« Pour amener les
travailleurs au statut de producteurs et consommateurs «libres» du
temps-marchandise, la condition préalable a été l'expropriation
violente de leur temps. Le retour spectaculaire du temps n'est devenu
possible qu'à partir de cette première dépossession du
producteur ».
« Sous-produit de la
circulation des marchandises, la circulation humaine considérée
comme une consommation, le tourisme, se ramène fondamentalement au
loisir d'aller voir ce qui est devenu banal. L'aménagement
économique de la fréquentation de lieux différents est déjà par
lui-même la garantie de leur équivalence. La même modernisation
qui a retiré du voyage le temps, lui a aussi retiré la réalité de
l'espace ».
« La plus grande idée
révolutionnaire à propos de l'urbanisation n'est pas elle-même
urbanistique, technologique ou esthétique. C'est la décision de
reconstruire intégralement le territoire selon les besoins du
pouvoir des Conseils de travailleurs, de la dictature anti-étatique
du prolétariat, du dialogue exécutoire. Et le pouvoir des Conseils,
qui ne peut être effectif qu'en transformant la totalité des
conditions existantes, ne pourra s'assigner une moindre tâche s'il
veut être reconnu et se reconnaître lui-même dans son monde ».
« La culture devenue
intégralement marchandise doit aussi devenir la marchandise vedette
de la société spectaculaire. Clark Kerr, un des idéologues les
plus avancés de cette tendance, a calculé que le complexe processus
de production, distribution et consommation des connaissances,
accapare déjà annuellement 29% du produit national aux Etats-Unis ;
et il prévoit que la culture doit tenir dans la seconde moitié de
ce siècle le rôle moteur dans le développement de l'économie, qui
fut celui de l'automobile dans sa première moitié, et des chemins
de fer dans la seconde moitié du siècle précédent ».
«
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