samedi 13 août 2022

la nuit rêvée de Michel Surya

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Bernard Noël un solitaire solidaire

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Pensées, maximes et essais Par Joseph Joubert

 "Nous employons aux passions l'étoffe qui nous a été donnée pour le bonheur".


"Le remords est le châtiment du crime; le repentir en est l'expiation. Le premier appartient à une conscience tourmentée; l'autre à une âme changée en mieux".


"Un homme qui ne montre aucun défaut est un sot ou un hypocrite dont il faut se méfier. Il est des défauts tellement liés à de belles qualités, qu'ils les annoncent, et qu'on fait bien de ne pas s'en corriger".


"Toutes les passions cherchent ce qui les nourrit: la peur aime l'idée du danger".


"La peur tient à l'imagination; la lâcheté au caractère".


"Il y a moins d'indifférence à médire qu'à oublier. L'oubli! comment ce mot est-il doux!".


"Une partie de la bonté consiste peut-être à estimer et à aimer les gens plus qu'ils ne le méritent; mais alors une partie de la prudence est de croire que les gens ne valent pas toujours ce qu'on les prise".

jeudi 11 août 2022

Les yeux plus grands que le ventre Par François Cavanna

 "Je n'ai même pas vu grandir les garçons. Ils ont franchi les années de galopinades, celles qui durent si longtemps, si longtemps, qu'elles resteront dans la mémoire inconsciente comme la seule vraie vie, la suite n'étant qu'un rajoutis cahotant, enlevé au grand galop, un brouillis jamais fixé, et moi, moi, qui ai si vivantes ces années en moi, si cuisante leur nostalgie, je n'aurai rien vu des leurs. Moi-même emporté au galop furieux des années d'après, je n'ai plus cet oeil qui voit le temps arrêté. Les enfants ont défilé, comme les poteaux télégraphiques devant la fenêtre du train, ils sont maintenant eux aussi dans le train, la vie aux jours sans crépuscule ils l'ont laissé là-bas, dans la flaque de soleil où tous nous les laissons. Ils n'auront été qu'un épiphénomène de mon voyage, bien moins réel, bien moins mordant que le dévorant boulot quotidien, que Choron, que Gébé, que Wolinski, que Reiser, que Daniel le metteur en pages, que Chenz le phtographe, que tous les typographes, les correcteurs...Les filles ont aimé, pleuré, fugué, pondu, et j'ai traversé ça comme distraitement...Les chiens, la maison, les arbres, tout ce qui, je le sais parce que je le sais, avait tant d'importance, je m'en souviens aujourd'hui comme d'un rêve effiloché et lactescent".


"Si les lecteurs de Charlie-Hebdo savaient! S'ils le voyaient, le fracassant éditorialiste, champion de toutes les libertés, promoteur de toutes les licences, conchieur de familles, vomisseur de convenances, déchiqueteur de hiérarchies, empaleur de petit Jésus, s'ils me voyaient, moi, la grande gueule, moi, le vieux ricanant, le sceptique à tout crin, s'ils me voyaient, jaune de teint et l'oeil hagard, vivant cet amour en épais phallocrate d'un autre âge empêtré dans ses contradictions merdeuses, se rongeant le foie, clamant ses bobos à la lune, oscillant de Dumas fils à Feydeau, du drame pompier à l'amant en caleçon dans l'amroire avec le pan de chemise qui dépasse, triste zinzin ahuri dans ce siècle tonitruant, hibou effaré dans ce luna-park...Oh, qu'ils rigoleraient, les sales cons! Oh, qu'ils rigoleront! Je leur ai donné l'exemple. Rire de tout. Rien n'est sacré. Alors, tu penses, moi et mes affres petites-bourgeoises...Même pas: les petits-bourgeois d'aujourd'hui sont tout à fait à la pointe, à l'extrême bout, tout à fait dans la ligne du jusqu'où on peut aller trop loin sans se brûler les moustaches. Baisent, partouzent, s'enculent sans faire tant d'histoires, s'invitent à se bouffer le cul entre voisins de palier, s'aiment et se désaiment sans mobiliser le SAMU et la grande échelle, ne prônent pas la liberté mais la mettent en pratique, et plonger leur queue dans un vagin, fut-il surmonté d'yeux verts et auréolé d'une âme exquise, ne chamboule pas sens dessus dessous leur zodiaque. Et merde, ils ont bien raison. Et tant mieux pour eux. Entre-temps ils élèvent des gosses, et pas mal que quiconque, ma foi".


"Moi aussi, qu'est ce que tu crois, moi aussi je voudrais bien me passionner pour une caméra super-huit, une chaine hi-fi, le jazz new orleans, le bateau à voile, les vieilles reliures, une cave, les timbres-poste, les bons petits plats, les armes anciennes, la jeune peinture, le football, un chanteur, un boxeur, une actrice, les papillons, les affiches rococo, les gadgets kitch, le cours de l'or, les cartes postales humoristiques, les premiers albums de Tintin, les étiquettes de camembert, les jades, les laques, les coraux, les émaux, les boites d'allumettes, les tire-bouchons pornographiques , les lunettes d'hommes célèbres, les petites culottes de femmes-ministres...Moi aussi, j'aimerais bien, tien! Est-ce ma faute si tout ça me parait chiant à pleurer? Si tous ces joujoux permis à nos sages convoitises m'ennuient, m'ennuient, m'ennuient? Comme m'ennuie le gars des infos qui nous annonce le tiercé...Où sont-ils, les enfants de Mai qui barraient les rues pour gueuler leur horreur de ce monde qu'ils entrevoyaient devant eux, de cette cour de récréation pour bons petits enfants bine cons bien gentils, où sont-ils? Ils sont au salon de l'auto, ils hésitent entre la nouvelle citron et la nouvelle peugeot, ils collectionnent les soixante-dix-huit tours new Orléans, ils savent reconnaitre les crus, yeux fermés, et même l'année, ils savent cuisiner un plat, un seul, mais comme personne, ils font les puces le dimanche, ils carguent un foc par gros temps sans recevoir le machin sur la gueule, de temps en temps ils touchent le tiercé dans le désordre. Ils ne sont peut-être pas heureux - qui l'est? - mais ils s'occupent. Moi, je m'emmerde, dans ce gâteau à la crème. Tant pis pour ta gueule, t'as une mauvaise nature. Crève".


"Un couple établi se met au lit pour dormir. Accessoirement pour faire l'amour, puisque l'homme est le seul animal qui prend sur son temps de sommeil pour se reproduire. Des amants ne se mettent au lit que pour faire l'amour. Ils se retrouvent essentiellement pour ça.

Un mari peut garder sa flanelle pour baiser. Surtout s'il est enrhumé. Un amant baise à poil. C'est d'autant plus vache qu'un amant ne peut pas se permettre d'être enrhumé. Vous l'imaginez éternuant en plein ciel? C'est valable aussi pour l'amante, mais une femme peut toujours passer un pull-over sans être ridicule. Et puis, elles ont une santé de cheval".

Le monde des amants Par Michel Surya

 Johnson se sera mépris, penses-tu. Il ne sera pas le selu à s'être mépris ainsi, à cette époque. Cette époque se reconnait à ce que cette méprise y fut la plus grande, et la mieux partagée. Pauvre méprise. Pensait-on qu'elle pouvait tout? Qu'en elle était tout le possible dont on rêvait? On l'a pensé de la politique révolutionnaire ( on le pense encore, peut-être). Il a suffi d'affirmer que la politique devait être révolutionnaire pour qu'on le pensat vraiment ( pour qu'on le pense encore). La politique révolutionnaire sauverait la politique en tant que telle. Et le reste (même l'amour?). A tort, on le sait depuis. La politique révolutionnaire n'a jamais compris ni admis, elle ne comprendra ni n'admettra jamais qu'elle doit se définir, si tant est qu'on doive la définir ( mais on doit bien la penser), par ce qu'elle ne peut pas, par ce qui lui est impossible, pour être réellement révolutionnaire, à la différence de la simple politique qui se définit, elle, par ce qui lui est possible ( par ce qui ne lui est que possible). L'impossible, c'est, tu le notes pour toi: ne vouloir qu'une partie de ce que doit la politique et plus que ce qu'elle peut (ce qu'elle ne peut pas). Un mot était présent à son esprit qu'il avait utilisé déjà, mais pour parler de la littérature, dont, soudain, il s'avisa qu'il s'adaptait à la politique aussi ( les mots de la littérature ne sont pas nombreux pourtant qui s'adaptent à la politique aussi ou aussi bien). L'impossible, c'est non pas l'accession  à la politique, même révolutionnaire, ce qu'à peu près tout le monde peut, ce dont à peu près tout monde est capable ( à peu près tout le monde sait ce que la politique, même révolutionnaire, peut et doit), mais son excession (plus que ce que la politique, même révolutionnaire, peut et doit), à quoi il n'y a à peu près personne à pouvoir atteindre. Toute politique, a fortiori révolutionnaire, qui se suffit de ce qu'elle peut et doit, si difficile même qu'il soit pour elle d'atteindre ce qu'elle peut et doit, si difficile surtout qu'il soit pour elle de s'y tenir, est condamnée à l'échec ( son échec est inévitable: faire prévaloir ce qu'elle doit sur ce qu'elle peut - c'est sa fatalité morale, c'est à dire sa terreur intrinsèque, sitôt que même le possible lui résiste). L'excession, tu te tiens  à ce mot comme au seul qui puisse dire quelque chose de précis de ce que tu cherches à désigner pour dire - tu le notes: ce par quoi on dépasse , on échappe à la politique, même révolutionnaire, par quoi on l'excède sans cesse. L'amour bien sûr, en premier. L'amour est le premier des mots par lequel on le peut, par lequel tous le peuvent. L'art et la littérature viennent après, qui l'auraient dû même pour Johnson, surtout pour lui, qui, peut-être est-ce l'autre  de ses torts, te dis-tu, les avaient mesurés à la politique. Mais aussi et aussi bien: le rêve, la beauté, le rire, le silence, le vent, le jeu, le don, l'amitié, la mélancolie, la paresse, la joie, l'âme, la dépression, les bêtes, la mer, et cetera. Tout ce qui est laissé pour compte, tout ce qui est incomptable, c'est à dire tout ce qui compte pour l'incomptable de l'opération politique, même révolutionnaire. Tout ce qui passe le reste de l'opération politique, même révolutionnaire, sa soustraction, sa séquelle, son reliquat, sa loque. Tout ce qui est et vit et pense en pure perte. La pure perte de tout en tant que reste de cette opération, même révolutionnaire. Excession: décidément, le mot te convient mieux que "souveraineté" dont tu as usé jusqu'alors, à sa place ( pour la littérature, pour l'art, il est vrai). Parce qu'il désigne un mouvement, et un mouvement incessant, dont le principe est même, dans son incessance, soustractif (qui excepte et n'ajoute pas), quand "souveraineté" désigne un état, et statique et élevé et cumulatif et entier - de puissance, sans conteste. De là, te dis-tu, qu'une si grande désolation ait gagné Johnson, comme elle aurait gagné quiconque se fût fourvoyé à ce point, espérant trop pour jamais désespérer assez. Tu as soupçon soudain: que Johnson n'a peut-être autant aimé les plus grandes idéalisations, qu'il n'a peut-être autant aimé les plus grandes idéalisations, qu'il n'a peut-être autant aimé les plus grandes consolations, que par amour, un amour inavouable, même à lui, qui sait un amour masochique, des plus grandes désillusions, des plus grandes désolations. Appelant de tout son être aux premières, mais pour attirer sournoisement sur lui les secondes. Montrant en réalité un amour immodéré du malheur, qui n'est jamais entier qu'à la condition que le bonheur ait pu lui-même l'être, ou l'ait du. Le malheur ne l'étant authentiquement que de celui qui a tout perdu, c'est ce que tu en déduis, pas de celui qui n'a pas cherché à atteindre tout. De quoi ne sommes-nous jamais à la hauteur? De ce qui est inaccessible, par définition: de la révolution et de l'amour, sans comparaison. N'être pas à la hauteur ( ne pas pouvoir y atteindre ni s'y tenir): tu n'exclus pas que cela ait pu finir par fasciner Johnson. Peut-être ne pourrais-tu être à la hauteur ni de l'un ni de l'autre: mais, Johnson, ce sont des deux ensemble qu'il ne l'aurait pas été? Il fallait à Johnson deux telles hauteurs, difficilement accessibles chacune, inaccessibles ensemble, pour que sa chute passât pour lui pour ce qu'elle ne pouvait qu'être: une grâce aussi, sa grâce, même paradoxale. Il aurait en fait voulu ne se mesurer à rien de possible. Ou à l'impossible comme se faisant le moyen de rien - c'est à dire dans son cas, de sa perte. Et quelle perte: admirable, exemplaire! Combien d'écrivains, te dis-tu, ont-ils jamais été, comme Johnson, aussi entièrement, aussi parfaitement désavoués et trahis, qu'on les désavouat et trahit, eux et leur oeuvre, à la fois et d'une seule fois. Il sera revenu à Johnson d'avoir été cet écrivain là, que cette époque a crée comme aucune autre depuis n'a sans doute été en mesure d'en créer un autre - faute, te dis-tu, d'un écrivain qui soit à sa taille. Car ceci est extraordinaire en effet, ou fascinant, comme tu ne peux décidement pas t'empêcher de le penser, rien peut-être ne l'est-il plus, extraordinaire, ou fascinant: si Johnson et sa femme, qui l'a trompé, qui l'a trahi, se quittèrent, celle-ci ne quitta pourtant pas l'île minuscule de Sheppey où elle était installée avec lui. Elle s'installa, sitôt que la porte se fut refermée sur elle ou se fut refermé entre eux, dans une rue voisine, à quelques centaines de mètres de lui seulement. Ils vivraient encore ensemble, encore qu'ils vivraient séparément. L'un et l'autre attachés à ce qui les avait perdus, faute de pouvoir encore être attachés l'un à l'autre, et l'être à ce qui les avait liés."

dimanche 7 août 2022

Le fils du père Duchêne Numéro 1 1 floréal an 79

 Ma profession de foi.


Citoyens lecteurs, 

Ma profession de foi sera courte,

Nom de Dieu!

Car, il n'est rien au monde qui me tanne et qui me scie le dos comme ces intarissables tartines que signaient ces jean-foutres de Trochu et de Ducrot...

Et qui ne signifiaient rien,

Foutre de foutre !

Et qui n'étaient que mensonges et foutaises,

Mille tonnerres!! 

A que le premier vous a dit :

Le gouverneur ne capitulera pas 

Et qu'il a capitulé comme un sacré calotin qu'il était;

Au grand désespoir et à la grande colère du Père Duchêne et de moi, qui sommes de bons bougres de patriotes,

Nom d'un nom !!

Et ce traitre de Ducrot...

Qu'est ce qu'il vous a dit? souvenez-vous en un peu.

Il vous a dit qu'il ne reviendrait que Mort ou victorieux ...

Et il n'a pas vaincu,...

Et il n'a pas cassé sa pipe...
Sacré nom de Dieu!!

samedi 6 août 2022

L'ami du peuple Par A. Vermorel Journal d'un membre de la Commune

 Dimanche 23 avril 1871


"Ceci n'est pas un journal,

C'est un compte-rendu, à mes concitoyens, , du grave et redoutable mandat qu'ils m'ont confié, en me nommant membre de la Commune de Paris.

Partisan déclaré du mandat impératif de la responsabilité , j'ai le devoir de me tenir en rapports constants avec le peuple dont je relève, de lui rendre compte, en quelque sorte, jour par jour, de mes principes, de ma conduite, et de la situation des affaires publiques.


Jamais l'heure n'a été si solennelle pour les mandataires du peuple, jamais la responsabilité n'a été plus terrible.

Le canon gronde, le sang coule. Du résultat de la bataille qui se livre, dépendent les destinées de la République et de la France.

Dans une pareille situation, toute faute, toute défaillance, toutes erreur est un crime; - et tout crime est un attentat contre la patrie, contre la République, contre l'humanité entière.

Et, nous ne serions pas seulement responsables chacun individuellement de nos propres fautes, de nos propres défaillances, de nos propres erreurs. Nous sommes tous solidaires.

Nous avons donc le devoir de nous éclairer les uns les autres, de nous tenir tous dans une communion intime de sentiments et d'idées. 

Telles sont les considérations qui me déterminent à entreprendre cette publication. Elle me parait être le complément indispensable du mandat que j'ai reçu et accepté.


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Ce qui fait la grandeur, ce qui fait la force, ce qui fait la légitimité de la révolution du 18 mars, c'est qu'elle a été toute spontanée, elle est sortie toute entière de la conscience populaire soulevée par un sentiment unanime de légitime défense.

Quoi qu'en puissent dire nos adversaires, il n'y a eu, du côté du peuple, ni conspiration, ni préméditation.

Il n y a eu de conspiration et de préméditation que de la part de M Thiers et de ses complices: Favre, Picard et les autres.

Ce sont eux qui ont été les agresseurs, et c'est sur eux, et sur eux seuls, que doit retomber toute la responsabilité de la guerre civile.

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La révolution du 18 mars est restée pure de toute compétition gouvernementale, et elle n'a pas été confisqué par quelques ambitieux, comme l'avaient été les révolutions antérieures du 29 juillet, du 24 février et du 4 septembre.

Le comité centrale de la fédération de la garde nationale ne représentait un groupe d'hommes politiques, ayant préparé la révolution par leurs agissements, afin de s'élever au pouvoir.

ils ont été portés au gouvernement par la force des choses, et non par leur propre volonté, et, avec un désintéressement à peu près inouï dans l'histoire, ils n'ont pas songé un seul instant à conserver ce pouvoir, objet de tant de convoitises.

Ils ne l'ont gardé que juste le temps de convoquer les électeurs.

Pour la première fois, le suffrage universel fonctionne librement et sans pression d'aucune sorte.

Les membres du comité central ne se sont même pas présentés au suffrage des électeurs, comme ils avaient le droit de le faire.

Ils ont laissé les électeurs venir chercher quelques-uns d'entre eux, les autres se sont retirés purement et simplement.

Ce sont là des faits incontestables, éclatants comme la lumière du jour, qu'il n'est pas permis de méconnaitre sans être aveuglés par une insigne mauvaise foi.

Que l'on compare cette conduite à celle des hommes du 4 septembre, qui font aujourd'hui poursuivre de leurs outrages et de leurs calomnies les hommes du 18 mars, et que l'on juge !!


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