Fédération des artistes. Appel de Gustave Courbet.
"La revanche est prise. Paris a sauvé la France du déshonneur et de l'abaissement. Paris a compris dans son génie qu'on ne pouvait combattre un ennemi attardé avec ses propres armes. Paris s'est mis sur son terrain et l'ennemi sera vaincu comme il n'a pu nous vaincre. Aujourd'hui, Paris est libre et s'appartient. Aujourd'hui, j'en appelle aux artistes. J'en appelle à leur intelligence, à leur sentiment, à leur reconnaissance. Paris les a nourri comme une mère et leur a donné leur génie. Les artistes, à cette heure, doivent partout faire leurs efforts, c'est une dette d'honneur, concourir à leur reconstitution de son état moral et au rétablissement des arts qui sont sa fortune. Par conséquent, il est de toute urgence de rouvrir les musées et de songer sérieusement à une exposition prochaine. Que chacun dès à présent se met à l'œuvre et les artistes amis répondront à l'appel. Aujourd'hui je le répète que chacun se met à l'œuvre avec désintéressement. C'est le devoir que nous avons tous vis-à-vis de nos frères soldats. Ces héros qui meurent pour nous, oui, chacun se livrant à son génie sans entrave, Paris doublera son importance et la ville internationale européenne pourra offrir aux arts, à l'industrie, au commerce, aux transactions de toutes sortes, aux visiteurs de tous pays, un ordre impérissable, l'ordre par ses citoyens."
Citation de Victor Hugo dans son ouvrage "Depuis l'exil" à propos des femmes:
"il est douloureux de le dire dans la civilisation actuelle il y a une esclave. La loi a des euphémismes. Ce que j'appelle une esclave, elle l'appelle une mineure. Cette mineure, selon la loi, cette esclave selon la réalité, c'est la femme. L'homme a chargé également les deux plateaux du code dont l'équilibre importe à la conscience humaine; l'homme a fait verser tous les droits de son côté et tous les devoirs du côté de la femme. De là, un trouble profond, de là, la servitude de la femme dans notre législation, telle qu'elle est, la femme ne possède pas, elle n'est pas en justice, elle ne va pas, elle ne compte pas, elle n'est pas. Il y a des citoyens et il n'y a pas de citoyennes, c'est là un état violent, il faut qu'il cesse."
Jules vallès note :
"Des femmes partout. Grand signe. Quand les femmes s'en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elles arrachent le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c'est que le Soleil se lèvera sur une ville en révolte."
Citation de Benoît Malon :
"Un fait important entre tout ce qu'a mis en lumière la révolution de Paris, c'est l'entrée des femmes dans la politique. Sous la pression des circonstances. Par la diffusion des idées socialistes, par la propagande des clubs. Elles ont senti que le concours de la femme est indispensable au triomphe de la révolution sociale, arrivée à sa période de combats. Que la femme et le prolétaire. Ces derniers opprimés de l'or ancien ne peuvent espérer leur affranchissement qu'en s'unissant fortement contre toutes les forces du passé.'
Au procès de Ferry:
"Membre de la commune je suis entre les mains de ces vainqueurs. Ils veulent ma tête qu'ils la prennent. Jamais je ne sauverai ma vie par la lâcheté. Libre, j'ai vécu j'entends mourir de même. Je n'ajoute plus qu'un mot. La fortune est capricieuse. Je confie à l'avenir le soin de ma mémoire et de ma vengeance."
Citation de Henri Lefèbvre :
"Le peuple se complait dans sa propre fête et la change en spectacle, il lui arrive de s'abuser et de se tromper, car le spectacle qu'il se donne à lui-même le détourne de lui-même. Alors comment toutefois véritable s'annonce et s'avance le drame à l'état pur ? La fête populaire change apparemment de caractère en vérité, elle continue, elle s'enfonce dans la douleur. Nous savons que la tragédie et le drame sont des fêtes sanglantes, au cours desquelles s'accomplit l'échec, le sacrifice et la mort du héros surhumain qui a défié le destin. Le malheur s'y change. Ils laissent une leçon de force et d'espoir dans le cœur purifié de ses lâches craintes. Ceux qui ont combattu au cri de la liberté ou la mort préférèrent la mort à la capitulation et à la certitude de l'asservissement. Ils se battent encore désespérément follement avec un courage sans borne puis ils allument de leur propre main le bûcher sur lequel ils veulent se consumer y disparaître. La tragédie se termine dans un embrasement et un désastre digne d'elle. Poursuivant jusqu'au bout et menant à ces dernières conséquences. Le peuple de Paris envisage la phare de Paris et veut mourir avec ce qui est pour lui plus qu'un décor et plus qu'un cadre. Sa ville, son corps ainsi la fête deviendra mes tragédies, tragédies absolues, drames prométhéens, jouer sans traces de jeu frivoles, tragédie ou le protagoniste, le chœur et le public coïncident de façon unique."
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire