samedi 22 juillet 2017

"Comité Invisible"



L'insurrection qui vient

« La vérité, c’est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu’il résulte de cela, en même temps qu’une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance. Notre histoire est celle des colonisations, des migrations, des guerres, des exils, de la destruction de tous les enracinements. C’est l’histoire de tout ce qui a fait de nous des étrangers dans ce monde, des invités dans notre propre famille. Nous avons été expropriés de notre langue par l’enseignement, de nos chansons par la variété, de nos chairs par la pornographie de masse, de notre ville par la police, de nos amis par le salariat. À cela s’ajoute, en France, le travail féroce et séculaire d’individualisation par un pouvoir d’État qui note, compare, discipline et sépare ses sujets dès le plus jeune âge, qui broie par instinct les solidarités qui lui échappent afin que ne reste que la citoyenneté, la pure appartenance, fantasmatique, à la République. »

«Le Français est plus que tout autre le dépossédé, le misérable. Sa haine de l’étranger se fond avec sa haine de soi comme étranger. »

« Sa jalousie mêlée d’effroi pour les «cités» ne dit que son ressentiment pour tout ce qu’il a perdu. Il ne peut s’empêcher d’envier ces quartiers dits de «relégation» où persistent encore un peu d’une vie commune, quelques liens entre les êtres, quelques solidarités non étatiques, une économie informelle, une organisation qui ne s’est pas encore détachée de ceux qui s’organisent. Nous en sommes arrivés à ce point de privation où la seule façon de se sentir Français est de pester contre les immigrés, contre ceux qui sont plus visiblement des étrangers comme moi. Les immigrés tiennent dans ce pays une curieuse position de souveraineté: s’ils n’étaient pas là, les Français n’existeraient peut-être plus. »

« Quant à nous, lorsque nous voyons des profs issus d’on ne sait quel «comité de vigilance citoyen» venir pleurnicher au 20-Heures qu’on leur a brûlé leur école, nous nous souvenons combien de fois, enfants, nous en avions rêvé. Lorsque nous entendons un intellectuel de gauche éructer sur la barbarie des bandes de jeunes qui hèlent les passants dans la rue, volent à l’étalage, incendient des voitures et jouent au chat et à la souris avec les CRS, nous nous rappelons ce qui se disait des blousons noirs dans les années 1960 ou, mieux, des apaches à la «Belle Époque»: «Sous le nom générique d’apaches–écrit un juge au tribunal de la Seine en 1907 –, il est de mode de désigner depuis quelques années tous les individus dangereux, ramassis de la récidive, ennemis de la société, sans patrie ni famille, déserteurs de tous les devoirs, prêts aux plus audacieux coups de mains, à tous les attentats contre les personnes ou les propriétés.» Ces bandes qui fuient le travail, prennent le nom de leur quartier et affrontent la police sont le cauchemar du bon citoyen individualisé à la française: ils incarnent tout ce à quoi il a renoncé, toute la joie possible et à laquelle il n’accédera jamais. »

« L’incendie de novembre 2005 ne naît pas de l’extrême dépossession, comme on l’a tant glosé, mais au contraire de la pleine possession d’un territoire. On peut brûler des voitures parce qu’on s’emmerde, mais pour propager l’émeute un mois durant et maintenir durablement la police en échec, il faut savoir s’organiser, il faut disposer de complicités, connaître le terrain à la perfection, partager un langage et un ennemi commun. Les kilomètres et les semaines n’ont pas empêché la propagation du feu. Aux premiers brasiers en ont répondu d’autres, là où on les attendait le moins. La rumeur ne se met pas sur écoute. »

« Petits commerçants, petits patrons, petits fonctionnaires, cadres, professeurs, journalistes, intermédiaires de toutes sortes forment en France cette non-classe, cette gélatine sociale composée de la masse de ceux qui voudraient simplement passer leur petite vie privée à l’écart de l’Histoire et de ses tumultes. Ce marais est par prédisposition le champion de la fausse conscience, prêt à tout pour garder, dans son demi-sommeil, les yeux fermés sur la guerre qui fait rage alentour. Chaque éclaircissement du front est ainsi marqué en France par l’invention d’une nouvelle lubie. Durant les dix dernières années, ce fut ATTAC et son invraisemblable taxe Tobin – dont l’instauration aurait réclamé rien moins que la création d’un gouvernement mondial –, son apologie de l’«économie réelle» contre les marchés financiers et sa touchante nostalgie de l’État. »

«  Il faut consommer peu pour pouvoir encore consommer. Produire bio pour pouvoir encore produire. Il faut s’autocontraindre pour pouvoir encore contraindre. »

« S’attacher à ce que l’on éprouve comme vrai. Partir de là. »

« Les milieux militants étendent leur maillage diffus sur la totalité du territoire français, se trouvent sur le chemin de tout devenir révolutionnaire. Ils ne sont porteurs que du nombre de leurs échecs, et de l’amertume qu’ils en conçoivent. Leur usure, comme l’excès de leur impuissance, les ont rendus inaptes à saisir les possibilités du présent. On y parle bien trop, au reste, afin de meubler une passivité malheureuse; et cela les rend peu sûrs policièrement. Comme il est vain d’espérer d’eux quelque chose, il est stupide d’être déçu de leur sclérose. Il suffit de les laisser à leur crevaison. Tous les milieux sont contre-révolutionnaires, parce que leur unique affaire est de préserver leur mauvais confort. »

« Une commune se forme chaque fois que quelques-uns, affranchis de la camisole individuelle, se prennent à ne compter que sur eux-mêmes et à mesurer leur force à la réalité. Toute grève sauvage est une commune, toute maison occupée collectivement sur des bases nettes est une commune, les comités d’action de 68 étaient des communes comme l’étaient les villages d’esclaves marrons aux États-Unis, ou bien encore radio Alice, à Bologne, en 1977. Toute commune veut être à elle-même sa propre base. Elle veut dissoudre la question des besoins. Elle veut briser,en même temps que toute dépendance économique, toute sujétion politique, et dégénère en milieu dès qu’elle perd le contact avec les vérités qui la fondent. Il y a toutes sortes de communes, qui n’attendent ni le nombre, ni les moyens, encore moins le «bon moment» qui ne vient jamais, pour s’organiser. »

« Le territoire actuel est le produit de plusieurs siècles d’opérations de police. On a refoulé le peuple hors de ses campagnes, puis hors de ses rues, puis hors de ses quartiers et finalement hors de ses halls d’immeuble, dans l’espoir dément de contenir toute vie entre les quatre murs suintants du privé. La question du territoire ne se pose pas pour nous comme pour l’État. Il ne s’agit pas de le tenir. Ce dont il s’agit, c’est de densifier localement les communes, les circulations et les solidarités à tel point que le territoire devienne illisible, opaque à toute autorité. Il n’est pas question d’occuper, mais d’être le territoire. »

«  En fait, on n’aurait jamais dû délier rage et politique. Sans la première, la seconde se perd en discours; et sans la seconde, la première s’épuise en hurlements. Ce n’est jamais sans coups de semonce que des mots comme «enragés» ou «exaltés» refont surface en politique. »

« Pour la méthode, retenons du sabotage le principe suivant: un minimum de risque dans l’action, un minimum de temps, un maximum de dommages. »

«  La circulation du savoir annule la hiérarchie, elle égalise par le haut. Communication horizontale, proliférante, c’est aussi la meilleure forme de coordination des différentes communes, pour en finir avec l’hégémonie. »

« L’important n’est pas tant d’être le mieux armé que d’avoir l’initiative. Le courage n’est rien, la confiance dans son propre courage est tout. Avoir l’initiative y contribue. »


« La question, pour une insurrection, est de se rendre irréversible. L’irréversibilité est atteinte lorsque l’on a vaincu, en même temps que les autorités le besoin d’autorité, en même temps que la propriété le goût de s’approprier, en même temps que toute hégémonie le désir d’hégémonie. C’est pourquoi le processus insurrectionnel contient en lui-même la forme de sa victoire, ou celle de son échec. En fait d’irréversibilité, la destruction n’a jamais suffi. Tout est dans la manière. Il y a des façons de détruire qui provoquent immanquablement le retour de ce que l’on a anéanti. Qui s’acharne sur le cadavre d’un ordre s’assure de susciter la vocation de le venger.Aussi, partout où l’économie est bloquée, où la police est neutralisée, il importe de mettre le moins de pathos possible dans le renversement des autorités. Elles sont à déposer avec une désinvolture et une dérision scrupuleuses. »

Quelques citations pendant le Front Populaire

Marceau Pivert juin 1936

« Ce qu'appellent, du fond de leur conscience collective, des millions et des millions d'hommes et de femmes, c'est un changement radical à brève échéance. On ne pourra pas impunément remettre à plus tard l'offensive anticapitaliste la plus vigoureuse. »

« Elles (les masses) attendent beaucoup, elles ne se contenteront pas d'une modeste tisane de guimauve portée à pas feutrés au chevet de la mère malade. »

« Il ne s'agit pas de rassurer la bourgeoisie inquiète. Il s'agit de hâter sa démoralisation et sa désagrégation. Pas de changement total ? Mais si : changement total. L'exercice du pouvoir n'a aucun intérêt s'il n'entraîne pas la conquête totale du pouvoir. »

Parti communiste avril 1936

« le poids des dettes augmente et les huissiers s'abattent sur les villages comme des oiseaux de malheur. Voilà la politique des 200 familles qui se solde par la misère du peuple. Voilà ce qu'ils ont fait de notre beau pays ceux dont la richesse insolente est faite des malheurs publics. Ils voudraient instaurer dans notre pays le régime de Mussolini et de Hitler. Le fascisme c'est la guerre. Défendre le pain, défendre la paix. Faire payer les riches, il faut rendre gorge à ceux qui s'enrichissent de la misère des populations. »


Pierre Sémard mai 19365 :

« Que nos camarades ne se laissent pas gagner par l'illusion qu'ils obtiendront sans effort et sans action les revendications qui leur sont chères. Si besoin est, qu'on soit à même d'exercer la pression des masses pour vaincre les difficultés que le capitalisme ne manquera pas de dresser et pour surmonter les hésitations si elles se produisent. »


Marceau Pivert mai 1936 :

« Il faut prévoir de gros mouvements de masse pour la conquête du pouvoir. Le prolétariat doit se préparer minutieusement à employer la violence. »


Léon Blum janvier 1935 :

« Avant même de s'attaquer au chômage, le devoir urgent, immédiat est de secourir les chômeurs. De les secourir tous, sans distinction, sans exception. Il n'est pas tolérable qu'un seul chômeur puisse demeurer sans secours. Les délais, les chicanes, les limites ne sont plus de saison. La dépense sera lourde ? Oui, peut-être, mais il suffirait d'un geste pour la couvrir en socialisant privé des assurances, et puis le gouvernement et les chambres ont-ils l'habitude de l'aider quand il s'agit de crédits militaires ? Il s'agissait de la défense nationale ? Sans doute. Mais il s'agit, aujourd'hui, de la défense des hommes qui composent la nation. Ainsi des caisses partout. »

Bracke août 1936 office du blé :

« Vous criez, messieurs les réactionnaires, à la révolution. Soit ! La grande révolution française avait donné aux paysans la liberté d'avoir la terre. La réalisation de tout ce que comporte l'office du blé lui donnera la liberté de produire sur cette terre et de soustraire son produit à l'exploitation par autrui. Merci de la réclame que vous faites au front populaire par vos intrigues, vos insinuations, vos calomnies et vos cris. Le paysan saura comprendre. »


Léon Blum août 1939 :

« On croyait que le suffrage universel il était le moyen légal de la conquête du pouvoir. Nous savons maintenant clairement que la majorité au parlement ne suffit pas. »

« Tant qu'il y aura le capitalisme, il n'y aura pas de succès pour le socialisme que dans l'action internationale. »


Le front populaire septembre 1936 :

« Jamais il n'est entré dans notre esprit de réquisitionner quoi que ce soit. Le front populaire n'aura jamais tant qu'il existera la pensée de porter atteinte à la propriété, de séquestrer les biens, de renverser le régime social, d'attenter à la liberté. »

Léon Blum septembre 1936 :

« Je crois que je peux, cependant, et que je dois affirmer qu'à mes yeux, c'est une période révolue, que des formes de luttes ouvrière comme l'occupation des usines ne doivent s'installer comme une habitude. Je veux dire qu'elles ne doivent pas durer et qu'elles ne dureront pas. »

Pierre Gaxotte septembre 1936 :

« Les socialistes sont devenus comme les autres, des profiteurs et des cumulards. L'administration haute et basse a été truffée de leurs hommes. »


Les fonctionnaires posent leurs revendications, Blum leur répond en février 1937 :

« Un temps de pose est nécessaire. L'économie privée se trouve dans un état de convalescence encore fragile parce que la coïncidence entre les grandes réformes sociales introduites en peu de mois avec l'alignement monétaire l'a placée dans des conditions toutes nouvelles dont l'équilibre n'est pas encore consolidée. Nous savons que vous voulez que le gouvernement dure et réussisse. Aidez moi. »

Arrachat secrétaire fédéral du bâtiment :

« L'entreprise appartient au patron, la direction et le contrôle de l'entreprise appartiennent au patron. Il ne s'agit pas pour nous de faire, dans le cadre du régime actuel, une sorte de révolution. Des délégués ouvriers dépassent les limites de leurs rôles. »

Ministre des finances en 1936 :

« A tous les honnêtes gens, je demande, de déjouer les manœuvres qui tendent à faire de tout français un joueur contre le franc. Ceux qui déposent à l'étranger des valeurs qu'ils ne déclarent pas sont deux fois traîtres au pays. »

Thorez en janvier 1936 :

« La France, depuis cent trente ans, trois révolutions, elle a changé 5 fois de régime politique. A travers ces vicissitudes diverses, ces naufrages, ces bouleversements, seuls les maîtres du pouvoir financier sont demeurés immuables, incarnant à travers les régimes, la domination du capital. Voilà la puissance qui tient en échec le gouvernement et lui dicte ses volontés. C'est elle qui renverse les ministères, c'est elle qui impose au peuple de France des gouvernements. Un vent de détresse souffle sur notre beau pays de France, dont les richesses, au lieu de servir à embellir et à rendre plus heureux la vie des hommes, sont accaparées par une minorité malfaisante de parasites. C'est seulement dans les classes privilégiées que l'on a constamment renié la patrie française. Nous sommes et resterons des internationalistes. Nous sommes et resterons les frères de Thaelman entre les Hitler et les Mussolini et contre les deux cent familles qui pillent notre pays, le ruinent et le déshonorent. Est-ce une raison pour refouler en nous l'amour de notre magnifique pays ? Pour renoncer à notre attachement raisonné et profond pour tout un passé séculaire de luttes de souffrance et de gloire ? Nous avons repris la marseillaise et le drapeau tricolore de nos aïeux, les soldats de l'an II. Nous avons repris les strophes sur la liberté et appliquée aux fascistes, ennemis du peuple de France, les paroles de Rouget de Lisle : « Ils viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes ». »

Vincent Auriol, décembre 1936 :

« Si certains, si une minorité aveugle, pour défendre des privilèges abusifs, refusent au pays le moyen d'assurer sa sécurité, ne laisseraient-ils pas penser au pays qu'il y a incompatibilité entre les intérêts de possesseurs de capitaux et l'intérêt collectif de la Nation ? C'est tout le problème de la légalité républicaine qui se poserait. »


La gauche révolutionnaire octobre 1936 :

« L'absurdité qui consiste à permettre le pain, la paix et la liberté aux masses populaires sans toucher au régime capitaliste produit aujourd'hui ses effets catastrophiques où le gouvernement de front populaire s'attaquera au grand capitalisme en socialisant les industries clés et en réalisant le contrôle ouvrier ou le gouvernement tombera. »


Daniel Guérin octobre 1936 :

« Pourquoi, disait-on aux foules, vous obstiner à vouloir vous sauver vous-mêmes puisque le gouvernement à direction socialiste s'apprête à faire votre bonheur ? Soyez donc bien sages, attendez, patientez, abstenez-vous de gêner, par des réflexes inconsidérés, le grand camarade qui va faire pleuvoir sur vous ses bienfaits. Ainsi la révolution, qui venait de commencer, s'est-elle trouvée freinée, arrêtée, finalement confisquée. Les Blum, les Thorez, les Jouhaux, chacun à sa façon, et tous ensembles, ont désarmés la classe ouvrière. Ils l'ont livrée pieds et poings liés à un adversaire impatient de prendre sa revanche. Un moment désarçonné par ce choc imprévu le capitalisme reprend vite conscience, d'autant qu'il s'aperçoit qu'il a devant lui des adversaires peu disposés au combat. »


Marceau Pivert octobre 1936 :

« Nous trouverons une période de transition. N'en laissons pas profiter le patronat soutenu par le sénat réactionnaire. Préparons la révolution prolétarienne, la réquisition des usines, la remise entre les mains des travailleurs des richesses qu'ils ont crées et qu'ils peuvent gérer collectivement. Blum a fait tout ce qu'il a pu, c'est à vous maintenant camarades, de faire le reste. »

Novembre 1936:( à propos du défilé du 11 novembre 1936 où des fascistes défilent aux côtés des staliniens.)

« Il y voit les premiers symptômes de la déviation du courant populaire vers le nationalisme. Il démissionne de son poste de chargé de mission. »

« Le rassemblement populaire n'a pas été crée pour faire avaler au prolétariat la pilule des crédits militaires et de l'union nationale. Non, je ne serais pas complice silencieux et timoré. Non, je n’accepte pas de capituler devant le militarisme et les banques. »


Daniel Guérin, décembre 1936 :

« Le gouvernement à direction socialiste ne gouvernait qu'en façade. Le vieil appareil, intouchable et intouché, conservait la réalité du pouvoir. »


Maurice Thorez février 1937 :

« Nous avons la certitude qu'un jour les mines, les usines, les banques, la grosse industrie deviendront la propriété des travailleurs. Nous avons la conviction d'avoir bientôt la direction de ce pays. Nous ne voulons pas prendre une France abâtardie mais une France forte sous les plis du drapeau de l'internationale. »


Maurice Thorez mai 1937 :


« la France a trop souvent eu des gouvernements de gauche faisant une politique de droite. »

Jouhaux juin 1937 :

« La C.G.T. A le droit sur le plan économique de gouverner au nom des citoyens qu'elle représente. Si la C.G.T. N'est pas le gouvernement des masses, elle est l'expression de leur volonté. »


Marceau Pivert, juillet 1937 :

« Il faut que les ouvriers développent leurs exigences et d'abord, que les ministres quittent le cabinet. Qu'un gouvernement de combat soit formé avec la participation des communistes et des syndicats. Il faut tenir en alerte le parti, car son ardeur révolutionnaire se noie dans l'action parlementaire. La politique menée jusqu'ici n'ayant été faite que de compromis, a permis à l'adversaire de se renforcer. »

Fédération socialiste de la Seine, mars 1938 : elle dénonce la carence du gouvernement, le « reniement avant la défaite et la mort du parti socialiste », elle invite à se sauver « de l'abdication et de la débâcle ».


Marceau Pivert, juin 1938 :

« Un seul but : la société socialiste. Un seul moyen : la lutte des classes et la révolution. Un seul drapeau : le drapeau rouge. Un seul chant : l'internationale. »


Maurice Thorez, juin 1935 :

« C'est le front populaire, animé par la classe ouvrière qui a contribué récemment a précipiter la chute de deux gouvernements des pleins pouvoirs. C'est le front populaire qui aura raison de Laval, l'homme de la réaction et des ligues. La classe ouvrière, en organisant, en animant, en guidant le front populaire, va organiser la liquidation du danger fasciste et elle se rapproche du moment où elle rétablira son propre gouvernement. »

Paul Faure juillet 1936 :

« Quand un état est en péril au point de vue financier, c'est à la classe riche de faire l'effort le plus important. Si elle s'y refuse, si elle se livre à de coupables manœuvres pour saboter l’œuvre de relèvement entreprise, son action prend alors le caractère d'une haute trahison et doit être traitée comme telle. »

« Regards » juillet 1936 :

« Le peuple au pouvoir n'a pas le droit de pactiser, d'hésiter, de tergiverser avec les factieux, quels qu'ils soient et surtout avec ceux qui figurent parmi les chefs de l'administration et de la police. Un général, un officier factieux n'a pas sa place dans l'armée républicaine. Un gouvernement du peuple qui n'a pas procédé, et vite, aux épurations nécessaires trahit la cause du peuple. »
Léon Blum janvier 1936 :

« Si nous avons intensément voulu la chute de Monsieur Laval, c'est que, depuis 6 mois, nous considérons sa politique complice, du colonel de la Rocque et de Mussolini. Oui, nous avons secoué le premier radical jusqu'à ce que Monsieur Laval en tombe. Maintenant, il est à terre. Nous nous en félicitons sans cruauté mais avec fierté. Et nous ne voulons pas qu'il se relève à temps pour rentrer en scène. »


Zyromski août 1936 :

« L’Espagne populaire est saisie aujourd'hui à la gorge par le parti clérical et militaire. Est ce que le gouvernement de front populaire va se complaire dans la neutralité ? Il ne le peut pas. Il ne le faut pas et nous l'approuvons. L'Espagne populaire doit pouvoir être ravitaillé en armes et en munitions. Cela s'est fait, cela se fait, cela se fera . »

Cardinal Verdier juillet 1937 :

« L'immense scandale d'un prolétariat déchristianisé va-t-il disparaître ? Vous donnez à l'église, à la France, une immense espérance. Enfant du miracle, nous vous bénissons. »

« Le travail est pour tous un devoir sacré. Il est la source de toute prospérité. Le travail est donc une source d'épanouissement, d'ennoblissement pour l'homme. »

Pie XII octobre 1936 :


« Le communisme est intrinsèquement pervers et l'on ne peut admettre sur aucun terrain la collaboration avec lui de la part de quiconque veut assumer la victoire de la civilisation chrétienne. Si quelqu'un , in duit en erreur, coopérait à la victoire du communisme, il tomberait victime de son égarement. »

Antonio Gramsci 1891 – 1937




«Les réformistes et les opportunistes se gardent bien de toute détermination concrète. Eux, qui se prétendent dépositaires de la sagesse politique et de la bouteille avec le diable dedans, ils n'ont jamais étudié les problèmes réels de la classe ouvrière et du devenir socialiste, ils ont perdu tout contact avec les masses prolétariennes et avec la réalité historique, ce sont des rhéteurs verbeux et vides, incapables de toute espèce d'action, incapables de porter un quelconque jugement concret. Puisqu'ils ont perdu tout contact avec la réalité prolétarienne, on comprend parfaitement qu'ils aient fini par se persuader, de bonne foi et sincèrement, que la mission de la classe ouvrière serait accomplie quand le suffrage universel aurait permis la constitution d'un ministère avec Turati promulguant une loi pour donner le droit de vote aux prostituées ou avec Enrico Ferri réformant le régime disciplinaire des asiles psychiatriques et des prisons. »


« l'État devient ainsi l'unique propriétaire de l'instrument de travail, il assume toutes les fonctions traditionnelles de l'entrepreneur, il devient la machine impersonnelle qui achète et distribue les matières premières, qui impose un plan de production, qui achète les produits et les distribue : l'État bourgeois, celui des bureaucrates incompétents et inamovibles; l'État des politiciens, des aventuriers, des coquins. Conséquences : accroissement de la force armée policière, accroissement chaotique de la bureaucratie incompétente, tentative pour absorber tous les mécontents de la petite bourgeoisie avide d'oisiveté, et création à cet effet d'organismes parasitaires à l'infini. »


«Le Parti socialiste est resté, même après le Congrès de Bologne 1 un simple parti parlementaire, qui se maintient dans l'immobilité à l'intérieur des limites étroites de la démocratie bourgeoise, qui ne se préoccupe que des affirmations politiques superficielles de la caste gouvernementale; il n'a pas acquis la forme particulière, autonome, d'un parti caractéristique du prolétariat révolutionnaire, et seulement du prolétariat révolutionnaire. »

« La révolution qui se réalise dans la destruction de l'appareil d'État bourgeois, et dans la construction d'un nouvel appareil d'État, intéresse et englobe toutes les classes opprimées par le capitalisme. »

« Le fascisme, en tant que mouvement de réaction armée ayant pour but la désagrégation et la désorganisation de la classe laborieuse pour la neutraliser, s'inscrit dans la politique traditionnelle des classes dirigeantes italiennes et dans la lutte du capitalisme contre la classe ouvrière. »

« En substance, le fascisme ne modifie le programme conservateur et réactionnaire, qui a toujours dominé la politique italienne, que dans la stricte mesure où il conçoit différemment le processus
d'unification des forces réactionnaires. A la tactique des accords et des compromis, il substitue le projet de réalisation d'une unité organique de toutes les forces de la bourgeoisie dans un seul organisme politique, contrôlé par une centrale unique, qui devrait diriger simultanément le parti, le gouvernement et l'État. »

Page 151 :
«Un commerçant n'entre pas dans un parti politique pour faire du commerce, ni un industriel pour produire davantage et à des prix de revient plus bas, ni un paysan pour apprendre de nouvelles méthodes de culture, même si, sous certains aspects, ces exigences du commerçant, de l'industriel ou du paysan peuvent trouver une satisfaction dans le parti politique. »

Page 170 :
« L'activité « critique » s'est réduite à dévoiler les trucs, à susciter des scandales, à fouiller mesquinement dans la vie personnelle des hommes représentatifs. »

Page 171 :
« Un élément à ajouter à titre d'illustration des théories dites de l'intransigeance : celui de la rigide aversion de principe à ce qu'on nomme les compromis 3, qui a comme manifestation subordonnée ce qu'on peut appeler la « peur des dangers ». »



Noir et Rouge : Collectivités Espagnoles



Pour la médecine, création d'un syndicat unique :
« En Catalogne, comme dans tout le reste de l'Espagne, et dans le monde entier, il y avait un nombre excessifs de médecins. Le sociologue sait bien combien cette pléthore était artificielle et du à l'organisation capitaliste, et individualiste de la médecine. Maintenant, au contraire, dans le nouveau système d'organisation , personne n'est de trop , même les médecins font défaut. Quand les habitants d'un pays en demandent un, le syndicat s'informe d'abord des conditions sanitaires de la localité, fait une statistique des maladies et des accidents qui y sont le plus fréquent, et dans la liste des médecins qui peuvent être transférés il choisit celui qui, par sa spécialité, répond le mieux aux besoins du lieu. Celui qui refuse d'y aller doit fournir des raisons très sérieuses. Dans le cas contraire, il court le risque de ne plus exercer. »

« Maintenant, tous les médecins des hôpitaux reçoivent 500 pesetas par mois pour trois heures de travail par jour. Ils font en plus un travail privé. Sachant qu'un bon ouvrier manuel gagne de 350 à 400 pesetas par mois, pour 7 heures de travail par jour, le lecteur peut faire de lui-même les conclusions.
Ce nivellement permet de disposer d'argent pour payer toutes les dépenses. Il n'y a plus de médecins qui touchent des émoluments énormes , tandis que d'autres meurent de faim. Dans un établissement public, aucun ne peut avoir deux appointements. Plus de la moitié des médecins, leur travail rémunéré accompli, travaillent ensuite gratuitement. Et ils le font avec plaisir. Aucune contrainte n'est nécessaire. »

« L'intelligence populaire : Je signale un fait curieux : le fiasco du sommet : des t êtes dirigeantes des « hommes guides ». Je ne parle pas seulement des politiciens, des chefs socialistes et communistes. Je parle aussi des militants anarchistes notoires, de ceux qui sont nommés en langage courant , des leaders.
L'anarchisme espagnol en avait. Le plus capable, Vincenzo Orobon, mourut peu avant le 19 juillet. Il avait amplifié et approfondi ses problèmes politiques et économiques, et était un sociologue, au sens vrai du terme. D'autres étaient des hommes cultivés , d'excellents agitateurs, des orateurs parfois remarquables, de bons journalistes et écrivains. Fédérica Montseny était une des femmes les plus intelligentes qui aient pris part à l'activité intellectuelle du pays.
Mais ces militants n'ont joué aucun rôle dans l’œuvre que j'ai décrite dans ce livre. Depuis le début, ils furent absorbés par des charges officielles qu'ils acceptèrent malgré leur traditionnelle répugnance pour les fonctions gouvernementales. L'unité antifasciste leur suggérait cette attitude. Il fallait faire taire les principes, faire des concessions transitoires. Cela les empêchait de continuer leur rôle de guides. Ils restaient en marge de cette grande entreprise reconstructive, dans laquelle le prolétariat trouvera pour l'avenir des enseignements précieux.»

« Cependant, tout homme intelligent qui eut conservé son agilité mentale aurait pu aider l’œuvre commune. Mais il n'en fût rien. Même certains intellectuels qui restaient en marge des charges officielles demeurèrent étrangers à l’œuvre de transformation radicale de la société.
Comment fut donc possible , malgré tout, la réussite ? J'ai réfléchi deux mois, pour trouver une réponse claire, satisfaisante. Je sais maintenant que la raison de cet heureux résultat est vraiment l’intelligence positive du peuple. Elle a été notre force secrète.
De toutes ces activités, de la lutte permanente qui exigeait des hommes pleins de volonté d'action, naquit cette capacité du peuple qui a permis de réaliser l’œuvre merveilleuse des Collectivités agraires et des organisations industrielles.
Capacité du peuple, donc. C'est à dire intelligence, plus volonté, voilà le secret.»


« La révolution s'est déroulée dans des circonstances extrêmement compliquées. On a dû se battre contre les attaques de l'extérieur et de l'intérieur. Appliquer les principes anarchistes demandaient des efforts centuplés. Malgré cela ils ont été appliqués dans de nombreux endroits. Les organisateurs ont su s'adapter à tout. Leur technique est parvenue presque toujours au but. Pour chaque problème, il a été trouvé une solution. Je le répète : cela fut possible parce que nous avions avec nous l'intelligence populaire, l'intelligence de base. C'est elle qui travaille, oriente et crée. C'est elle qui trouve la voie et qui répond aux mille nécessités de la vie et de la révolution. Son activité, multiple et multiforme a été merveilleuse. Elle a organisé les milices et vaincu le fascisme dans la première étape de la guerre. Elle a travaillé sana attendre, à la fabrication des chars d'assaut, de fusils et d'obus. »

« L'étude critique des conquêtes des travailleurs révolutionnaires dans le secteur social et économique est une entreprise bien plus profitable que celle de suivre les développements politiques et les intrigues entre les chefs politiques et entre les partis et les organisations. Elle est plus profitable, parce que nous nous trouvons face à face avec l'effort d'une peuple pour transformer ce qui aurait pu facilement devenir une simple lutte politique dans une révolution sociale, dans le renversement de toute la structure économique et sociale d'un pays qui avait été si longtemps dominé par les riches propriétaires et les industriels, par l'église et le capital étranger. Elle est plus intéressante que tout autre sociale du même genre ( y compris la russe ) parce que ce fut un mouvement du peuple, spontané et improvisé dans lequel les politiciens n'eurent aucune part, sauf celle aussitôt de la détruire, le contrôler ou le contenir, puisqu'un tel mouvement menaçait tout le mécanisme de l'état, du gouvernement, du capitalisme, et de l'exploitation de l'homme par l'homme.
Elle a été généralement ignorée par les sociologues , elle a été grossièrement déformée par les communistes dans leur propagande et – pour des raisons évidentes- minimisée par les politiciens espagnols. Mais il est particulièrement regrettable que jusqu'à présent aucune tentative sérieuse n'ait été faite par les mouvements espagnols anarcho-syndicalistes et anarchistes, pour réunir la vaste masse de matériaux qui existe sur le sujet des collectivités agricoles et industrielles espagnoles et pour tirer de ces expériences les leçons qui demain seront de la plus grande expérience, non seulement en Espagne, mais pour les mouvements révolutionnaires du monde entier. »



Philip Kota: " 2 lignes opposées dans les syndicats"

« Les syndicats, enseignait Marx, doivent convaincre le monde entier qu'ils ne luttent pas pour leurs simples intérêts personnels, mais pour la libération des millions d'hommes opprimés (4). »

« Le point de vue des idéologues de la bourgeoisie, selon lequel le mouvement syndical serait né parce qu'il était nécessaire à la classe ouvrière pour collaborer avec le capitalisme, vise à dépouiller le régime capitaliste de son caractère de classe, à le perpétuer et à montrer que la collaboration de classe entre le prolétariat et les capitalistes a été et doit rester la tâche principale du mouvement syndical. »

« L'anarcho-syndicalisme, en tant que courant semi-anarchiste petit-bourgeois, introduisit dans le mouvement ouvrier et syndical l'idéologie, la politique et la tactique de l'anarchisme. Ainsi furent adoptées des formes de travail, comme le sabotage et la destruction des machines, des matières premières, de la production, etc. Les grèves et les sabotages, quel qu'en soit leur caractère, étaient considérés comme une « gymnastique révolutionnaire ». Lénine a qualifié l'anarcho-syndicalisme de «frère jumeau » de l'opportunisme, de « réformisme original » de gauche. »

« En France, la loi sur l'exercice des droits syndicaux dans les entreprises, adoptée en décembre 1968 par l'Assemblée Nationale française, reconnaît aux dirigeants syndicaux le droit de consacrer 15 heures par mois de leur horaire de travail aux activités syndicales, le patron devant payer le salaire correspondant ; ils ne peuvent pas être renvoyés pendant l'exercice de leur mandat syndical, etc.
Tandis que la bourgeoisie, poursuit et persécute, d'une part, tous ceux qui luttent avec dévouement pour les véritables intérêts de la classe ouvrière, elle confère, d'autre part, des droits et accorde des privilèges aux chefs syndicaux qui collaborent avec elle ou en deviennent les instruments. »

«Les UPA ont par ailleurs défendu résolument le point de vue selon lequel la classe ouvrière, dans sa lutte âpre et complexe, a besoin de son état-major dirigeant, de son parti politique prolétarien, qui doit en être la force dirigeante, organisatrice et inspiratrice. Sans un véritable parti marxiste-léniniste, la lutte de la classe ouvrière et du mouvement syndical échouerait, et se laisserait aller au spontanéisme et soumettre par la bourgeoisie, en en devenant l'appendice. »

« Selon eux, le capitalisme monopoliste a évolué, il n'est pas aussi oppresseur et exploiteur que par le passé, à l'heure actuelle serait en train le processus de la déprolétarisation de la société capitaliste, de la disparition graduelle de la classe ouvrière, de son embourgeoisement et de son intégration au capitalisme ; ainsi, la classe ouvrière cesse d'être prolétaire, car les différenciations entre elle et le capitalisme s'atténuent de plus en plus. Cette « nouvelle » société, ils la baptisent sous divers noms tels que « capitalisme populaire », « néocapitalisme », « société de consommation », « société industrielle », etc. »

« La classe ouvrière, l'artisan des grandes transformations sociales, indépendamment du niveau de sa conscience, a été et reste la classe la plus révolutionnaire, directement intéressée à l'abolition du système capitaliste. »

«Les principes de coexistence pacifique sont applicables dans les relations entre Etats aux systèmes sociaux différents, mais le mouvement syndical de classe ne peut approuver la coexistence pacifique comme une ligne générale de conduite ; l'admettre c'est appliquer la collaboration de classes dans toute l'activité syndicale, c'est renoncer à la lutte de classes anti-impérialiste. Historiquement, il est prouvé que les exploiteurs ne peuvent coexister pacifiquement avec les exploités, que la lutte entre eux est permanente et inéluctable. La libération du prolétariat est directement liée à la lutte contre l'exploitation capitaliste et à l'effondrement de l'impérialisme. C'est pourquoi la coexistence ne doit pas sacrifier la lutte révolutionnaire du prolétariat et des peuples opprimés, elle ne doit pas étouffer la lutte politique et idéologique contre l'impérialisme. »

«Le point de vue réformiste et révisionniste considère l'unité comme une question de caractère essentiellement tactique, qui change suivant les circonstances et dépend de la conjoncture générale et de la situation dans le mouvement syndical, ce qui sert la collaboration de classes et paralyse les actions des ouvriers et du mouvement syndical contre la bourgeoisie et son pouvoir. L'unité, pour les réformistes et les révisionnistes, est une transaction passée d'en haut dans le dos des ouvriers et à l'encontre de leurs intérêts ; elle est le résultat de négociations et de collusions qui se font entre les « leaders » syndicaux réformistes et révisionnistes, le patronat et le gouvernement bourgeois. »


«Les idéologues bourgeois cherchent à dénigrer le rôle des grèves, à atténuer leur esprit de classe et révolutionnaire, à les diffamer. Dans leur propagande, ils cherchent à faire croire que la grève « a fait son temps », « qu'elle a changé de nature », etc. Ainsi C. Harmel affirme : « Elle est morte, la grève héroïque, la grève exaltante, la grève où l'on courait des risques, la grève qui était une bataille, une vraie bataille (3). » »

samedi 8 juillet 2017

Quelques perles des gens de l'ombre

Fukuyama (Francis) : 1997 « La confiance et la puissance » :

« L’homme va pouvoir devenir un chien heureux. Un chien est heureux de dormir au soleil toute la journée, pourvu qu’il soit nourri, parce qu’il n’est pas insatisfait de ce qu’il est. Il ne se soucie pas que d’autres chiens fassent mieux que lui, ou que sa carrière de chien soit restee stagnante. Si l’homme atteint une société dans laquelle il aura réussi à abolir l’injustice, sa vie finira par ressembler a celle du chien. »

Kaplan (Lawrence F.) Néoconservateur

Il écrit dans le New Republic du 12 mars 2001 : « La défense antimissile n’est pas faite pour
protéger l’Amérique, c’est un instrument de domination mondiale. »

Nye (Joseph S. – Jr)

« Le soft power est la capacité a obtenir ce que l’on veut en séduisant et en persuadant les autres d’adopter vos buts. Il diffère du hard power, la capacité d’utiliser les carottes et les bâtons de la puissance économique et militaire afin que les autres suivent votre volonté ».
(International Herald Tribune, 10 janvier 2003)

Perkins (John)

« La subtilité des moyens utilises pour créer cet empire moderne ferait rougir de honte les centurions romains, les conquistadors espagnols et les puissances coloniales européennes (…) Aujourd’hui on ne porte plus l’épée. On ne porte ni armure ni costume distinctif (…) c’est ainsi que le système fonctionne. Ils commettent rarement des actes illégaux, car le système lui-même repose sur le subterfuge et est légitime par définition. » (Les confessions d’un assassin financier, Éditions Alterre, p. XXIV).

Reeves (Richard)

« Nous sommes déterminés a sauver les peuples, qu’ils veuillent ou non être sauves », écrivait l’historien Walter Mac Dougall cite par Reeves.

Albright (Madeleine)

12 mai 1996 : Madeleine Albright, lors d’une émission télévisée de CBS, écoute la question du journaliste Wesley Stahl qui l’interrogeait sur la mort d’un demi-million d’enfants irakiens, « plus encore qu’a Hiroshima ». Réponse : « Il s’agit la d’un choix très difficile... mais le prix est a la hauteur du défi » .

Brzezinski (Zbigniew) (1928-2017)

« En même temps, la possibilité d’exercer un contrôle social et politique sur l’individu ne fera qu’augmenter ; il sera bientôt possible d’exercer un contrôle continu sur chaque citoyen par le biais du dossier avec une information sans cesse renouvelée et contenant les détails les plus intimes sur son état de santé et son comportement personnel, en plus des données habituelles. Le pouvoir sera entre les mains de ceux qui détiendront l’information. Nos institutions en place seront remplacées par des institutions de gestion et de prévention des crises. Leur tache sera d’identifier a l’avance les crises sociales et de développer les programmes pour y répondre ».

Becker (Gary) (1930-2014)

1995 : « Augmenter le salaire minimum, c'est augmenter le chômage. »(Business Week)

Rockefeller (David) :

« Certains croient que nous faisons partie d’une cabale secrète travaillant contre les meilleurs intérêts des États-Unis…caractérisant ma famille et moi-même en tant qu’internationalistes et conspirant avec d’autres autour de la Terre… pour construire une politique globale ainsi qu’une structure économique plus intégrées, un seul monde si vous voulez… Si cela est l’accusation, je suis coupable et fier de l’être ».(Mémoires)

« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir prive me semble l’entité adéquate pour le faire ». (Newsweek International, 1er fevrier 1999).

« Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et autres grandes publications, dont les directeurs ont assiste a nos réunions et respecte les promesses de discrétion pendant près de quarante ans. Il nous aurait été bien impossible de développer notre projet pour le monde si nous avions été soumis aux pleins feux de l’actualité pendant ces années. Mais le monde est maintenant plus sophistique et dispose a marcher vers un gouvernement mondial… La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux est sûrement préférable a autodétermination nationale que l’on pratiquait les siècles passés... ».(A Essen – Allemagne –, au terme d’un colloque de l’un de ses ≪ clubs ≫, 8 juin 1991)

« La présente fenêtre d’opportunité, durant laquelle un ordre mondial pacifique et interdépendant peut-être construit, ne sera pas ouverte pour très longtemps. Nous sommes a l’orée d’une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est une crise majeure
appropriée, et les nations accepteront le Nouvel Ordre Mondial. »(23 septembre 1994)

« La presse libre n’existe pas. Aucun de vous n’oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes les pantins qui sautent et qui dansent quand ils tirent sur les fils.
Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent. Nous sommes les laquais des puissances financières derrière nous. Nous ne sommes rien d’autre que des intellectuels prostitues. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de
l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. »(John Swaiton, l’éditeur du New York Times, lors de son discours d’adieu fin de carrière et retraite –, réaction lorsqu’un confrère pendant le drink d’adieu a propose de lever leur verre a la liberté de la presse !).

Commission Trilatérale (TC - Trilateral Commission) (1973-…)

Nous sommes venus a reconnaître qu’il existe potentiellement des limites désirables a la croissance économique. Il y a également des limites potentielles désirables a l’extension indéfinie de la démocratie politique… Un gouvernement qui manque d’autorité… aurait peu
de capacité, a l’arrivée d’une crise cataclysmique, d’imposer a son peuple les sacrifices qui

pourraient être nécessaires. »