vendredi 29 mai 2026

"Et je creuse" Par L'Oublié


Sa bouche n'était pas forcément un baiser.

Une fesse tailladée.

Un sein lourd et laiteux.


Elle est un puzzle. 


C'était il y a trente quatre ans. C'était une chute. Un hôpital.Un mariage.

Un quinze août et mes larmes.


Des images qui défilent. 

La réalité n'avait, à ce moment, aucune importance. 


M'a-t-elle jamais vu ? Un regard qui ne se perd pas. Un sentiment peut naître d'une confusion. 

Je ne l'ai pas dit et je ne l'ai pas vécu.  


Elle passait du lit à la salle de bain sans ne laisser aucun soupçon d'amour flotter sur son passage.


Vendredi. Sans dormir. Torturés. Ne pas parler. Ne pas dormir. Et ces trains à ne pas louper. A ce moment, plus de frottement, plus de contact. Fin de l'espoir hebdomadaire. Elle m'avait prévenue. Ne m'a pas pris en traître mais je n'en avais rien à faire. J'avais suffisamment d'amour pour n'en avoir rien à faire. 


Reprendre le lundi. 


Chez moi. J'avais dit ne jamais amener personne. Personne. Surtout pas une femme. Cette femme. A vouloir la fuir, je me suis jeté sur elle, comme si il n'y aurait jamais qu'elle. 


Nous ne devrons mourir qu'amis.


Elle est morte. 

Morte. 

Comme elle l'était déjà à l'époque.

Et je n'étais pas plus vivant.


Paraît il. 


Pourtant, je la vois bouger. Je la sens, parfois, faire des gestes que je reconnais. Elle n'est plus une, elle est multitude, gestes après gestes, mais jamais elle ne rit. 


J'ai cru que tout était derrière moi, un passé révolu. 


Et je creuse.


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Elle a été la remplaçante. Belle. Je ne l'ai pas reconnue comme aimable. 

J'ai pu attendre ainsi le retour de l'autre. 


Nue, sans gêne. Petits seins. Odeur. 

On s'est fait des dimanches ragoûts. Des courses. 


J'aimais la voir bouger devant moi nue, sans pudeur. Enfin, cette femme n'avait pas honte. Elle assumait. 

Je l'ai rejetée. 

Aujourd'hui, plus de traces. Évanouie.


Et je creuse.


Encore.


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