Je viens de revenir....d'ailleurs...après avoir lutter avec les absences, les pertes, ce qui n'est plus ou ce qui ne sera plus...
Je reviens de là d'où je ne pensais jamais revenir...parce que je pensais ne plus revenir...jamais...
j'avais tout perdu...
j'ai en parti tout perdu et c'est en vaincu que je vais reprendre la lutte...
Tout ce qui a été écrit dans les deux derniers recueils est ce dont je ne veux plus me souvenir
une fois sorti, une fois éloigné de moi, je ne veux plus y penser...
Je vais reparti vers autre chose, en faisant un détour par là où je n' étais pas sensé passer.
Un café...
il est là devant moi, et ce qui est inscrit sur cet écran vient de celui qui a disparu ces deux dernières années.
Je suis le défunt ressuscité de ce que je vais devenir.
Je regarde vers l'horizon et, à ma gauche, il y aura toujours la place pour celui qui, toute ma vie, m'a manqué.
Je ne suis responsable de rien, de rien, même si je peux être celui qui a causé la précipitation fatale.
A ma gauche, la place vide;
devant, rien.
Ce que cet horizon ne pourra jamais m'offrir. Au delà, je ne pense rien trouver qui soit en mesure de combler l'absence.
Ce que je cherche aujourd'hui, à cet instant, c'est la joie de penser à ce que je suis devenu après cette expérience. A ce silence impossible à tenir malgré la force de ma volonté. Et de la joie ressentie au moment de ne plus avoir à écrire.
Je ne faisais que de me leurrer, et je tentais de m'éloigner...
pour finalement n'être jamais aussi prêt de ce que je pensais ne plus pouvoir écrire, et souffrir dans la jubilation de penser faire autre chose que d'écrire ce que j'ai écrit.
Aujourd'hui, j'ai cessé de penser le silence de ce que je viens d'écrire pour me permettre de chercher un sujet qui ne sera que le prétexte d'explorer la terre des mots retrouvés.
"Tu peux t'assoir...cette place là t'est réservée...je ne peux pas expliquer ce qu'il m'est arrivé mais je suis heureux que tu sois revenu me voir...
j'ai attendu le temps qu'il fallait...
en fait, il ne t'a fallu que peu de temps...
c'est que j'ai compris très vite que le problème pouvait ne pas venir de ce que je pensais mais de moi-même...alors, il a fallu que je prenne le problème à bras le corps...mais, en fait, j'ai accepté cette douleur...je l'ai non seulement acceptée, et en plus, elle était jubilatoire. Tu peux comprendre?
-à chaque absence on peut chercher un substitut...
-j'ecris parce que j'espère que l'on me réponde...qu'il me réponde...que tu me repondes...
en fait, je suis celui que tu peux espérer trouver...je n'ai jamais pu être là...pour toi...
-les mots ont été les absents qui m'ont abandonné pour peut être mieux dialoguer avec toi...
Aujourd'hui, tu n'as jamais été aussi présent comme si tu n'avais jamais été absent. Sans honte, je peux l'affirmer : tes bras m'ont manqués, me manquent et je sais que rien n'existe au delà de la vie, que l'on ne retrouve jamais les disparus, que la vie éternelle est un leurre mais tu prends corps dans la mémoire que je n'ai pas de toi.
Et depuis si longtemps, les mots ont été tes bras autour de moi.
Tu vois, je me disais que de ne pas penser à l'absent, au disparu...
avancer sans se retourner, poser de question...
suivre, finalement, un chemin parallèle à celui que j'aurai du suivre si j'avais interrogé, si je n'avais pas occulté mon histoire...
quel aurait été ma route?
Aujourd'hui je me demande la cause de cette volonté de ne pas interroger, de ne pas questionner sur lui. Que n'était il pas mort si vite qu'il aurait pu être vivant?
Son substitut a-t-il été suffisant présent pour devenir celui que lui n'a jamais pu être ?
Cela était il plus facile à vivre même si depuis ce temps j'attends de ses nouvelles.
J'écris aujourd'hui ce deuil car je suis presque au bout du chemin.
Je clos en douceur un cycle qui fut violent par le silence, les non-dits et les haines sous-jaccentes qui mettent des distances pour mieux vivre, mieux survivre.
J'ai aimé celle qui me hait sans doute,
J'ai aimé dans le silence le disparu qui restera l'inconnu de toute une vie,
Aujourd'hui, je hais par confort pour ne plus entendre son silence qui me poursuit depuis l'enfance.
Je l'ai bannie
D'ailleurs, il est des fois où je me demande si je vais être au courant lorsqu'elle mourra. Sans doute donnera-t-elle des instructions pour que je be sois pas à ses funérailles. Je souhaite quand même être informé pour profiter de ma joie sans honte de savoir au plus vite que je ne la croiserai plus.
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