jeudi 7 septembre 2017

Commune de Paris du 28 mars 1871


LOISEAU-PINSON. - Proposition à soumettre immédiatement «La peine de mort est abolie en toutes matières.»
Président : BESLAY, président d’âge.
Secrétaire : Th. FERRÉ, RAOUL RIGAULT, les deux plus jeunes délégués.
Assesseurs : EMILE BRELAY ; LOISEAU-PlNSON.

Ouverture de la séance à 9 heures du soir.

ARNOLD demande la nomination d’une commission d’enquête pour statuer sur la validité des
élections. Prendre la liste de 1869 pour base.
COURNET, comme motion d’ordre, demande l’appel nominal.
MORTIER, appuyé par Grousset, demande que la présidence d’honneur soit donnée à Blanqui.
CLÉMENT (du XVe) appuie la motion.

(On demande l’appel nominal de toutes parts).

Le président fait l’appel.
1er arrondissement. Adam, présent, Méline, pr., Rochat, pr., Barré, pr.
2e arrondissement. Brelay, présent, Loiseau, pr., Tirard, absent, présent après l’heure, Chéron, abs.
3e arrondissement. Demay, présent, Arnaud, pr., Pindy, pr., Murat, absent, Dupont, présent.
4e arrondissement. A. Arnould, présent, Clémence, abs., Le Français, pr., Gérardin, abs., Amouroux,
abs. (en mission pour le Comité central).
5e arrondissement. Régère, abs., Jourde présent, Tridon, pr., Ledroit, abs., Blanchet, abs.
6e arrondissement. Leroy, abs., Goupil, abs., Robinet, abs., Beslay, pr., Varlin, pr.
7e arrondissement. Parisel, présent, Lefèvre, absent, Urbain,·présent.
8e arrondissement. Rigault, pr., Vaillant, abs., Arnould. pr., Allix, abs.
9e arrondissement. Ranc. pr., Ul. Parent, pr., Desmaest, abs., Ferry, abs., Nast, abs.
10e arrondissement. Gambon, absent, F. Pyat, abs., H. Fortuné, pr., Champy, pr., Babick, abs.
(présent après l’heure), Rasloul, abs.
11e arrondissement. Mortier, pr. ; Delescluze, pr., Assy, abs., Protot, pr., Eudes, pr., Avrial, pr.,
Verdure, pr.
12e arrondissement. Varlin, présent, Geresme, abs., Fruneau, abs., Theisz, pr.
13e arrondissement. Leo Meillet, pr., Duval, pr., Chardon, pr., Frankel, pr.
14e arrondissement. Billioray, abs., Martelet, abs., Decamp, pr.
15e arrondissement. Clément, pr., J. Vallès, pr., Langevin, pr.
16e arrondissement. Marmottan, abs., Bouteiller, abs.
17e arrondissement. Varlin, pr., Clément, pr., Ch. Gérardin, pr., Malon, pr., Chalin, pr.
18e arrondissement. Theisz, pr., Blanqui, abs., Th. Ferré, pr., Dereure, présent, Clément, pr.,
Vermorel, abs., Paschal Grousset, pr.
19e arrondissement. Oudet, pr., Pujet, abs., Cournet, pr., Delescluze, pr., Ostyn, pr., Miot, abs.
20e arrondissement. Blanqui, ab., Bergeret, abs., Flourens, abs, Ranvier, abs.

FORTUNÉ. - Assemblée révolutionnaire ; demande qu’on passe à l’ordre du jour.
PARISEL. - Demande qu’on discute immédiatement.
LEFRANÇAIS. - Question de dignité. - Que la garde nationale et le Comité central ont bien mérité
de Paris et de la République (À l’unanimité la proposition).
OUDET. - Commission. Pouvoir militaire. Il était urgent.

1re question : il y a deux mots d’ordre.
EUDES. - Affiches concernant la direction militaire.
PINDY demande la constitution de la Commune par la convocation de tous les membres pour
demain.
PARENT appuie. Sans forme. Demande aussi la convocation pour demain. Avis à l’Officiel.
AHNOLD, membre du Comité central. - Sentinelle vigilante. Affiches. Insertion. Proclamation au
nom de la Commune.
ARNOULD. - Situation grave. Nous sommes la majorité. Acte quelconque, il le. faut.
DEMAY. - Constitution d’abord. Division du travail.
RIGAULT. - Avant discussion, qui a le droit de prendre part aux délibérations ? avant tout.
DELESCLUZE. - Simple observation ; demande les pouvoirs du Comité central.
LERANÇAIS. - Vaines formalités. Nous existons, nous avons été proclamés. Population de Paris
avertie.
OUDET. - Initiative du Comité central.
LE PRÉSIDENT résume la discussion (bruit).
MEILLET ainsi que LEFRANÇAIS. - Nous existons. Élections. Déclarons nous constituer.
LE PRÉSIDENT. - Avant de procéder…
COURNET. - Nommer une commission pour une proclamation.
LE PRÉSIDENT met aux voix.

Voix. -3 ou 5 [membres].

(Première proposition admise).

[Candidats :] Lefrançais, Grousset, Ranc, Delescluze, J. Vallès.
Membres nommés :
Lefrançais, moins 2 voix.
Ranc, moins 2 voix.
Jules Vallès, moins 8 voix.
Grousset, moins 10 voix, non élu.
Delescluze, moins 12 voix, non élu.
[Composition de la] commission : Lefrançais, Ranc, Vallès.

CLÉMENT. - Proclamation d’accord avec le Comité central. Réaction dans le cas contraire.
JOURDE. - Si le Comité ne s’est pas présenté, c’est qu’il ne savait pas qu’il y était autorisé. Jeter
par dessus bord.
GROUSSET. - Avertir le Comité central de la constitution.
ARNOULD. - Qu’on le convoque !
[LE] PRÉSIDENT. - Aux voix.

Adopté.

La même commission est chargée de convoquer.
ARNOLD ET PINDY soulèvent une discussion à propos des intentions du Comité central,
concernant une proclamation.
LE PRÉSIDENT. - ...
ALLIX. - ...
LEFRANÇAIS demande les attributions de la commission auprès du Comité central.
VALLÈS demande la rédaction de l’affiche, ensuite la communication à faire au Comité.
RIGAULT. - Aviser le Comité central d’avoir à se rendre auprès de la Commune.
LE PRÉSIDENT. - La commission est chargée de partir…
GROUSSET. - «Art. 1er. - Les séances de la Commune ne sont pas publiques. Il n’est pas publié de
compte-rendu des séances, mais seulement un procès-verbal de ses actes.»
Grousset, Dereure, Mortier, Ranvier.
ARNOULD. - Nous ne sommes pas un conseil d’une petite commune.
OUDET. -…
GROUSSET. - Conseil de guerre, plutôt que commune. Nous n’avons pas à faire connaître nos
décisions à l’Assemblée, à nos ennemis.
JOURDE combat le précédent orateur.
ARNOULD, THEISZ, parlent pour la publicité. Toujours, il faut être responsable.
PARISEL. - En faveur [de la publicité]. Dignité dans nos séances ; enthousiasme du peuple. À
Lyon, si la Commune a péri, c’est par son défaut de communication avec le peuple. Demande des
sténographes.
GROUSSET appuie de nouveau sa proposition.
OUDET parle encore des maires. S’emparer des légions d’arrondissement.
RANC. - Renvoi à demain.

Voté à l’unanimité.

LEFRANÇAIS rend compte de la mission auprès du Comité central.
LOISEAU-PINSON. - Proposition à soumettre immédiatement «La peine de mort est abolie en
toutes matières.» Que la Commune demande énergiquement, pour prouver à la France entière et au
monde entier que les représentants sont humains et non sanguinaires, prêts à relever l’échafaud,
comme on les en accuse.
RIGAULT. - Tenir compte des lois précédentes : Électeurs inscrits ; huitième ; lois de 1849 ou 1870.
CLÉMENT (du XVe). - Plus de parlementarisme. Avis que le résultat du vote soit validé. Par le
salut public.
RANC. - Mode du Comité central. Il a pris un engagement, il faut le tenir.
ALLIX. - J’étais le maire, en remplacement de Donormanndie.
JOURDE place la question.
DEMAY. - Liste de 1869 ou 1871.
CLÉMENCE. - Maintien de la note du Comilé.
GROUSSET. - Nomination d’une commission pour valider les pouvoirs.
ARNOULD. - Convocation sous l’empire de la loi de 1849. Respectons.
RIGAULT. - Je me rallie. Nomination d’une commission pour la loi de 1869.
LE PRÉSIDENT. - Nomination d’une commission pour les questions électorales.
PARENT. - Motion d’ordre. Travail de la commission de rédaction d’affiches.
RANC appuie.
JOURDE. - Proposition : «Il y a incompatibilité entre le mandat de délégué à la Commune et de
représentant à l’Assemblée nationale.»
LOISEAU-PINSON, THEISZ parlent sur cette question.
FORTUNÉ. - Pour l’incompatibilité.
VALLÈS. - Appuie.
TIRARD. - Avant de m’expliqruer. Résolution prise. Accepté le mandat : il était défini. Il ne s’agit
que d’un conseil municipal. Mes électeurs m’ont envoyé pour cela. Conseil de guerre, lois
absolues : Je n’ai pas le droit de rester ici. En ce qui concerne la proposition, vous voulez imposer
de résilier l’un des deux mandats. C’était avant.
Il donne sa démission.
OUDET demande la mise en accusation du gouvernement.
DELE5CLUZE. - Paroles tendant à infliger un blâme contre les représentants ayant siégé
à.Bordeaux. Explication, pour laquelle il n’avait pas donné sa démission à Versailles. Double but :
voisinage insolent, Commune de Paris. Je suis prêt la donner ma démission, et de représentant, et de
membre de la Commune.
GROUSSET. - Tirard a dit qu’on savait bien comment on entrait à l’Hôtel de Ville ; mais ça…
RIGAULT. - Motion. Acte à donner au bureau de ce qu’on n’a pas décrété d’accusation…
TIRARD. - …
GÉRARDIN. - L’Assemblée et la Commune ont des principes différents. Que Tirard se déclare !
BABICK. - Motion d’ordre. Pour la nomination d’une commission.
LEFRANÇAIS demande, non l’acceptation de la démission, mais bien l’invalidation de l’élection.
OUDET demande la parole sur un fait personnel. Il demande la nomination d’une commission
d’enquête sur la conduite·de tous les maires de Paris. ·

Il est décidé que cinq membres formeront la commission électorale. Elle est composée des citoyens
Arnould, Gérardin. (du 17e), Protot, Theisz et Parisel.

PARISEL demande l’urgence pour la proposition suivante : occupation des portes de Passy et
d’Auteuil par les gardes nationaux fidèles à la Commune.
DUVAL revient sur la question de l’incompatibilité.
COURNET déclare renoncer à son mandat de représentant à Versailles.

La proposition Parisel est adoptée.

Les délégués du Comité central demandent l’heure de la nouvelle séance, pour que le Comité
central vienne déposer ses pouvoirs.

Ordre du jour de la prochaine séance, fixée à mercredi 1 heure :
1e Nomination d’un bureau définilif.
2e Nomination des commissions devant administrer Paris.
3e Discussion de la proclamation à adresser à la population parisienne.
4e Réception du Comité central.
5e Rapport des commissions, s’il y a lieu.
6e Question Murat.
La séance est levée, à minuit, par le président, aux cris de : «Vive la République ! vive la Commune


Certifié sincère et véritable.

TH. FERRÉ.

mardi 5 septembre 2017

"Féminité"

Laisse pleurer ton âme
Sur le revers de ma vie.
Abreuve toi de mes sourires,
Et lance ta vie à la face du soleil.

Crée en moi l'arc en ciel
De la joie et du bonheur,
Chasse mon angoisse
Et traque mes rancoeurs.

Donne moi tes pensées
Qui sont douces et simples,
Et vois les miennes
Tristes et macabres.

Laisse couler ton sourire
Dans mes veines glacées.
Vrilles tes yeux sur ma face
Eteinte et marquée.

Dis moi les mots tendres d'amour,
Pense timidité et franchit
Allègre les maudites barrières
De mon visage fermé sur mon coeur.

Vois le en mes yeux,
Battant pour toi;
Il te contemple,
T'admire et t'aime.

Ces après-midi s'égaient,
Abrite les de ta présence.
Reste immobile,
Je la peins sur mon cuer.

Souvent, je chevauche à tes côtés,
Mon âmes avec la tienne unie.
Penses-tu un peu à moi?
Je ne sauri le dire.

"Premier en date"

Mon coeur
A geint
De la morsure
Sauvage
D'une haine
Féroce.

Personne
N'entend
Les cris
Distordus
De la douleur
Qui court
Dans mes veines.

le froid
A cinglé
Mes résolutions.

Je vous présente
Notre enfant
Fait dans la fraicheur
De la haine
Passionnée
De deux être épris.

Il est tordu
Par la dissonance
Des deux âmes
Qui se retrouvaient
Dans le nirvana
Des vapeurs
Matinales.

Personne
N'y a cru.
En le voyant,
Nous vîmes
Que son cancar
L'avait déjà rongé.

La Mort
Faisait
Déjà son oeuvre
Dans l'antre
De la fécondité.

Voyez ses yeux!
On y contemple
La déchirure
De nos deux cris
Lors de la jouissante
Douleur.

Apprenons à marcher
Sur le fil du rasoir
Sans écorcher nos fuites.

Apprenons
Aussi
A maitriser
Nos cancers et nos peurs
Afin de les balancer
A la gueule
De ceux
Qui méprisent.

Celui qui contrôle
Le vent
A le droit
De choisir
La couleur
Du ciel
Afin d'y imprimer
Ses pleurs
Et ses agonies.

Effacez
De vos visages
L'hypocrisie
Et balancez
Avec haine
La vérité qui blesse.

L'éternité
Appartient
Aux loups frileux
Qui frissonnent
Sous le vent
D'automne.

J'ai décidé
Et je me suis vidé
La substance
A suinté
Et la douleur
S'est inscrite
Sur le parcours.

Le futur que vous me présentez
Recule aujourd'hui
Pour mieux reculer encore
Demain.

Je vis à reculons
Pour mieux regarder un passé
Qui me contemple
Avec un sourire
Pervers.


"L'âme noire"

Les abîmes dans lesquelles nous te suivions
Furent toute ta raison,
Et ton âme, notre maison.

Tu nous frôles comme la mort.
Tu reprends de la hauteur
Pour fondre sur nous,
Comme l'évidence d'une fin certaine.

L'âme noire
Comme une oraison
A la raison,
A vaincu
Un mystère argenté.

Ce n'est pas pour rien
Que nous ne regardons
Que les crépuscules.

J'ai longtemps
Erré pour chercher.
Maintenant,
Mon errance
Est due
A ce que j'ai trouvé.

samedi 2 septembre 2017

Encyclopedie Anarchiste BANDIT


Selon la définition bourgeoise du mot, un bandit est un individu en révolte ouverte contre les lois et qui vit d'attaques à main armée. La bourgeoisie ne manque d'ailleurs pas de cataloguer sous l'épithète de bandit tous les réfractaires, tous ceux qui ne veulent pas plier leur échine sous son joug. Cela pour attirer sur ces réfractaires la réprobation publique et les discréditer aux yeux d'une masse inconsciente. Parmi les individus que l'on désigne sous le nom de bandits, il faut faire une distinction. Il en est qui s'attaquent à la propriété bourgeoise dans le seul but de s'approprier cette propriété sans effort et qui sont animés des mêmes vices et  des mêmes égoïsmes que la classe possédante. Ces bandits là ne sauraient pas nous intéresser énormément. Seuls les moyens employés pour jouir des richesses changent, mais la mentalité reste la même. Mais il est une autre catégorie de « bandits » dont nous sommes prêts à prendre la défense envers et contre tous : ce sont les malheureux qui, pour manger à leur faim ou pour se soustraire à une tyrannie intolérable, entrent en guerre contre la société. Ceux-là sont des victimes de l'état actuel des choses et on ne saurait les blâmer à la légère d'avoir recours à des solutions extrêmes.  
Pour les anarchistes ce ne sont plus des « bandits », mais des infortunés qui défendent leur droit à la vie, leur part de soleil et de lumière. Ce sont des victimes qui se révoltent et ne veulent plus accepter leur fardeau de misère. Ils sont à plaindre, à aider, et non à condamner comme des bêtes féroces ― Est-ce à dire qu'il n'existe, somme toute, pas de « bandits » sur notre planète, de véritables bandits ? Non, loin de là. La société est malheureusement infestée de vautours sans scrupules qui sèment la misère et le deuil : ce sont les exploiteurs de tout acabit, bandits légaux qui détroussent leurs contemporains sous l'oeil complice des gendarmes.
Bandit : le directeur d'usine qui s'enrichit sur le dos d'ouvriers qui trimeront pendant toute leur existence et qu'on laissera crever comme des chiens le jour où, vieillis et usés, ils ne pourront plus résister à la fatigue de l'atelier. Bandit : le banquier qui berne de pauvres diables, leur arrache des économies durement acquises et les ruine dans des spéculations de bourse. Bandit : l'homme d'état qui déclenche une guerre où seront massacrés de naïfs travailleurs. Voilà les véritables bandits, ceux qu'il ne faut pas cesser de démasquer.

Encyclopedie Anarchiste BANNISSEMENT


Le bannissement est une peine qui consiste à interdire à un national le séjour de son pays. Le bannissement ne peut durer moins de cinq ans et plus de dix ans. Il emporte la « dégradation civique », Les lois bourgeoises frappent du bannissement : les « crimes » contre la patrie ; les attentats des ministres contre la liberté individuelle ; les coalitions de fonctionnaires pour résister à l'exécution des lois ; les « crimes » commis par ceux qui, condamnés à une peine « afflictive et infamante », ont commis un second « crime » emportant comme peine principale la dégradation civique. Le bannissement emporte défense de rentrer sur le territoire (la contravention à cette défense s'appelle infraction ou rupture de ban), puis interdiction de résider dans les lieux désignés par le gouvernement pendant un temps égal à la durée de la peine subie, à moins qu'il n'en ait été disposé autrement par l'arrêt ou le jugement de condamnation. La loi du 22 juin 1886 bannit les chefs des familles ayant régné en France, ainsi que leurs héritiers directs dans l'ordre de primogéniture, autorise le gouvernement à expulser, par décret en conseil des ministres, les autres membres des mêmes familles et leur interdit l'exercice tant des emplois civils et militaires que des mandats électifs.

Encyclopédie Anarchiste: BANALITÉ


Le mot a eu un sens ancien qui diffère beaucoup du sens figuré moderne.
― Voyons d'abord le sens ancien. Au temps de la féodalité, on entendait par banalité, le droit, pour le suzerain, d'obliger le vassal à se servir exclusivement, moyennant redevance, d'une chose (four, moulin, etc...) dont il était propriétaire.
Les banalités, dont l'origine remonte au XIe siècle et qui furent d'abord une prérogative des seigneurs justiciers, furent considérées plus tard par les feudistes, comme un droit exorbitant ne découlant pas du droit de justice. Au XVIe siècle, l'on n'admit plus, comme obligatoires, que les banalités fondées sur les titres, et non sur la possession « de long temps ». Ces iniquités furent définitivement supprimées par la Convention (Décret-loi du 17 juillet 1793). ― 
Aujourd'hui, le mot banalité sert à définir le caractère de ce qui est commun, vulgaire, trivial ou sans originalité. On dit, par exemple, qu'un écrivain publie des banalités, quand il se contente de répéter
ce que tout le monde sait sans se distinguer ni par le fond, ni par la forme. On dit qu'un politicien dit des banalités lorsque, comme tous les politiciens qui l'ont précédé, il promet la lune à des électeurs trop confiants ou trop naïfs. Il faut combattre les banalités qui sont toujours inutiles et souvent néfastes. La banalité est une soeur de la routine. Il faut s'ingénier à faire jaillir de la pensée humaine, des concerts nouveaux et ne pas se complaire en une impuissance surannée. Le progrès se nourrit d'originalité et de nouveauté ; les banalités l'étouffent et le paralysent. Il appartient aux anarchistes de montrer l'inanité des discours, des écrits banaux et de faire aimer par le peuple les penseurs neufs et les entreprises hardies.